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L'Etat veut aider Marseille à s’affirmer comme métropole euro-méditerranéenne

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Le Premier Ministre a promis un engagement de l'Etat, à hauteur de 3 milliards d'euros, pour différents projets concentrés sur l'amélioration des infrastructures de transport de la ville de Marseille (Bouches-du-Rhône).

L'Etat veut aider Marseille à s’affirmer comme métropole euro-méditerranéenne © jmayrault - Flickr - C.C

La visite de Jean-Marc Ayrault le 8 novembre n'aura pas empêché Marseille (Bouches-du-Rhône) de connaître de nouveaux règlements de comptes durant le week-end du 11 novembre. Mais elle permet aux Marseillais et aux Provençaux d'espérer une amélioration future de leur réseau de transports collectifs, actuellement indigne d'une ville qui se rêve en métropole euro-méditerranéenne.

Les entreprises et les salariés des Bouches-du-Rhône, confrontés quotidiennement aux encombrements routiers ou aux incohérences d'une offre de transports en commun dépendant de dix autorités organisatrices, vivent en effet ce dossier comme une priorité. "Les mesures annoncées représentent une avancée significative et doivent être saluées. Il faut maintenant passer rapidement des annonces aux actes", a ainsi indiqué Jean-Luc Chauvin, président de l'UPE 13, représentation locale du Medef, pour qui, cependant, la situation économique marseillaise exige bien d'autres investissements publics.

Fin de la gare "terminus"

Les engagements de Jean-Marc Ayrault touchent à la fois le fer et la route, Marseille et l'agglomération. Il a ainsi promis que l'Etat investirait 800 millions d'euros sur les 2,5 milliards d'euros nécessaires à la création d'une gare souterraine afin que la gare Saint-Charles ne soit plus un cul-de-sac pour les trains grandes lignes ou les trains express régionaux (TER).

"Elle permettra de faire voyager 20 millions de passagers par an, soit deux tiers de plus qu'aujourd'hui", assure le Premier ministre qui souhaite une déclaration d'utilité publique pour ce projet avant 2017. En attendant, une enveloppe de 100 millions d'euros pourra être affectée dans le cadre du futur plan Etat-Région à la "désaturation" de la gare existante, en partenariat avec les autres collectivités.

Marseille intra-muros devrait pouvoir compter aussi sur un renforcement significatif de son réseau intérieur, avec le prolongement du métro vers le nord de la ville où se situent notamment les deux zones franches urbaines, et vers l'est, dans la vallée de l'Huveaune, le prolongement de la ligne 3 du tramway ou l'aménagement de la station de métro de la gare Saint-Charles. Toujours en partenariat avec les collectivités territoriales et selon des modalités qui restent à préciser, comme l'a mentionné Michel Vauzelle, président (PS) de la Région.

Engagée depuis vingt ans, la rocade L2 reliant l'autoroute nord (A7) à l'autoroute est (A50) devrait être mise en service en 2016 (section est) puis fin 2017 (section nord). Elle aidera au désengorgement de la ville. Le sénateur-maire (UMP) de Marseille, Jean-Claude Gaudin, regrette que le boulevard urbain sud ait été oublié dans ces engagements.

Une offre métropolitaine à construire

Les réseaux métropolitains bénéficieront d'améliorations attendues, pour certaines, depuis des décennies. L'enveloppe totale avoisine 370 millions d'euros pour 2014-2020. La ligne ferroviaire entre Aix et Marseille devrait ainsi être doublée sur une moitié pour un investissement estimé à 250 millions d'euros, en vue de passer ses fréquences de trois à quatre trains par heure d'ici 2020, puis six trains par heure et par sens lorsque la gare souterraine sera opérationnelle à Saint-Charles, vraisemblablement bien au-delà de 2020.

Du côté de Marignane, où la CCI Marseille Provence, en charge de l'aéroport Marseille-Provence, réclamait des moyens pour son désenclavement afin de simplifier les transferts de passagers et raccourcir les temps de trajets, l'Etat annonce le lancement d'études pour la réalisation d'un transport automatique, de type "Val", entre l'aéroport et la gare de Vitrolles, à quelques centaines de mètres du siège d'Eurocopter où convergent chaque jour quelque 12 000 salariés et sous-traitants.

Dans la perspective de la création de la métropole au 1er janvier 2016 qui génèrera une dotation complémentaire de 50 millions d'euros, Jean-Marc Ayrault a également promis 60 millions d'euros pour la mise en œuvre de transports en commun en site propre (TCSP) entre les principales communes.

Une consultation sur "les grands axes territoriaux de l'agglomération" (Marseille-Aix, Marseille-Vitrolles et Marseille-Aubagne) sera lancée en 2014 pour deux ans, avec une contribution de l’Etat de 2 millions d'euros. Objectif : définir une vision stratégique à l'échelle métropolitaine. Le Grand Port Maritime de Marseille en est l'un des piliers. Il se satisfera donc que le gouvernement veuille mener à bien différentes infrastructures routières indispensables à sa desserte, à savoir la déviation de Miramas en 2016 et le contournement de Martigues/Port-de-Bouc avant 2020. La liaison autoroutière Fos/Salon-de-Provence sera mise à l'étude en 2014 pour un achèvement avant 2023.

Par ailleurs, l'Etat participera financièrement à la réouverture, attendue vers 2015, de la forme 10, à Marseille, pour la réparation navale de navires de grande dimension, ainsi que pour le terminal de transport combiné de Marseille-Mourepiane. Pour le Premier Ministre, l'enjeu est de créer 20 000 emplois supplémentaires liés aux activités portuaires, tant à Marseille qu'autour de Fos-sur-Mer.

Une ambition en quête d'un vrai soutien

Outre d'autres annonces pour la réhabilitation de cités des quartiers nord et d'équipements publics et l'ajout de 500 emplois d'avenir aux 1 500 déjà prévus, Jean-Marc Ayrault a par ailleurs confirmé ou promis près d'1,5 milliard d'euros dans le cadre du programme d'investissements d'avenir dont certains engagés depuis plusieurs mois (dotation de la SATT Sud-Est pour les transferts de technologies, hélicoptère du futur...). "La France a besoin de Marseille, de son dynamisme, de son esprit d'entreprendre. Notre ambition est bien de lui donner les moyens d'une influence nationale et internationale", a indiqué le Premier ministre, en assurant qu'elle a "les moyens de devenir en quinze ans la grande métropole euro-méditerranéenne".

La réussite de cette ambition dépendra cependant de la bonne volonté des 109 maires sur 119 des Bouches-du-Rhône (dont beaucoup de sa majorité) qui s'opposent depuis plusieurs mois à la constitution de la métropole Aix-Marseille-Provence. Juste avant l'arrivée de Jean-Marc Ayrault, ils répétaient encore "que rien d'efficace pour l'emploi, de cohérent pour une fiscalité stable et d'opérationnel pour les transports ne pourra se faire sans ou contre les 109 communes". Il faudra aussi que les gouvernements futurs respectent la parole donnée vendredi 8 novembre, la plupart des grands projets s'inscrivant dans un calendrier de quinze ans.

Jean-Christophe Barla
 

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