L'Etat s'est opposé à la rémunération de Carlos Tavares

Le doublement de la rémunération du patron de PSA Peugeot Citroën en 2015 fait polémique. Ce lundi, le ministère de l'Economie a indiqué que les deux représentants de l'Etat au conseil d'administration du constructeur se sont opposés au versement de cette rémunération. 

 

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Les deux représentants de l'Etat au conseil d'administration de PSA Peugeot Citroën se sont opposés à la hausse de la rémunération du président du directoire du groupe, Carlos Tavares, pour 2015, a indiqué ce lundi 28 mars le ministère de l'Economie, confirmant une information rapportée par le site des Echos.

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Rémunération doublée à 5,2 millions d'euros en 2015

Le constructeur automobile a renoué en 2015 avec un bénéfice net après quatre années dans le rouge et a atteint en avance tous les objectifs de son plan de redressement économique, désormais achevé. Carlos Tavares a touché exactement 5 245 284 euros pour l'exercice 2015 contre 2 750 936 euros en 2014, selon le document de référence du groupe. En 2015, ce salaire se compose d'environ 1,3 million d'euros en rémunération fixe, 2 millions de variables et 2 millions en actions.

"Les représentants de l'Etat ont voté contre la rémunération de Carlos Tavares en conseil d'administration et votera contre en assemblée générale. L'Etat ne fait là qu'appliquer sa doctrine sur les rémunérations dans les entreprises privées dont il actionnaire minoritaire", a réagi Bercy. L'Etat français détient 14% de PSA, à parité avec la famille Peugeot et le chinois Dongfeng Motor.

"Cette politique s'applique à Carlos Tavares comme à tous les dirigeants des entreprises dans ce cas pour lequel l'Etat comme actionnaire défend une plus grande modération salariale et avait demandé, lorsque la doctrine a été mise en place, des baisses de l'ordre de 30%", ajoute le ministère.

"Pas légitime" pour Laurent Berger

Invité de BFM Politique ce dimanche 27 mars, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger estimé que cette rémunération, n'était "pas légitime". "Ce style de salaire fait beaucoup de mal à la cohésion sociale", a-t-il ajouté.

"Evidemment PSA se redresse, tant mieux, évidemment en partie grâce à ses dirigeants, mais c'est aussi grandement grâce aux efforts des salariés et à la richesse créée par les salariés", a souligné Laurent Berger. Il a appelé à "la décence", jugeant qu'une législation pour plafonner les salaires des dirigeants n'était pas forcément une "réponse" et a dit rêver d'un comportement individuel qui permette d'y renoncer".

"On est révolté. Nous, on a eu qu'une augmentation générale de 8 euros net par mois de la part de ce patron qui a osé doublé son salaire. C'est à dire qu'il gagne 14 500 euros par jours, samedi et dimanche compris !", a de son côté réagi Jean-Pierre Mercier, délégué syndical de la CGT.

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