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L'Usine Aéro

L’Etat piètre actionnaire des industries de Défense

Hassan Meddah , , ,

Publié le

Participations bradées, perte d’influence opérationnelle sur des groupes pourtant sous son contrôle actionnarial, risque d’OPA sur des entreprises stratégiques… La Cour des comptes liste les faiblesses de l’Etat pourtant actionnaire de référence et client majeur des entreprises industrielles de défense.  

L’Etat piètre actionnaire des industries de Défense © Dassault Aviation

Au-delà des 12,25 milliards d’euros que représente le montant de ses participations directes et indirectes dans les groupe de défense (Safran, Nexter, Thales, EADS, Dassault Aviation, MBDA…), les sages de la rue Cambon soulignent la perte d’influence de l’Etat aussi bien en terme de contrôle stratégique qu’actionnarial. Que reste-il ainsi de son influence sur des groupes clés comme EADS (né d’un premier rapprochement entre Aérospatiale avec Lagardère) et de Dassault Aviation alors largement contrôlé au début des années 80 ?

Ainsi, la France ne dispose plus que d’une part de de 12% au sein d’EADS et des droits limités par rapport à la hauteur de sa participation ! La raison : une fusion avec Lagardère très largement à l’avantage de ce dernier. Concernant le fabricant du Rafale, la Cour des comptes estime que l’Etat "a choisi de ne pas exercer ses pouvoirs sur cette entreprise sans que cette décision ne soit étayée par des motifs d’intérêt général". Une situation d’autant plus paradoxale que le groupe de Serge Dassault s’impose comme l’entreprise pivot du mécano de la défense française en détenant 26% du capital de Thales. Thales est lui-même actionnaire de 35% des chantiers navals de défense DCNS.

En outre, le remplacement en 2008 d’Alcatel par Dassault Aviation dans le capital de Thales est également critiqué. D’une part, ce n’était pas le scénario privilégié ni par la DGA (délégation générale à l’armement) ni par l’agence des participations de l’Etat. Mais surtout, la Cour des comptes conclut que cette opération a débouché sur une marge de manœuvre limitée de l’Etat au sein de l’électronicien de défense !   

Autre faiblesse criante : l’incapacité de l’Etat à imposer des vues à des entreprises sous son contrôle. L’an dernier, les conseils d’administration de Thales et Safran ont refusé d’opérer les transferts technologiques dans le domaine de l’optronique et de l’avionique pour optimiser la filière défense. Enfin, en l’absence de dispositif anti OPA comme l’amendement Exon-Florio américain, le rapport de la Cour des comptes souligne le risque potentiel d’une acquisition non souhaitée sur un groupe clé comme Safran dont 90% de l’activité est tourné vers l’aéronautique civile.

Malgré ces faiblesses répétées, la Cour des comptes juge toutefois positif le bilan de l’Etat actionnaire faisant valoir qu’il a accompagné la modernisation de l’outil industriel français. "Il n’était pas acquis a priori que des anciens monopoles et arsenaux relevant d’une économie administrée puissent être transformées en entreprises commerciales et compétitives", souligne le rapport.

A coup sûr, alors qu’il s’apprête à recevoir d’ici la fin du mois le Livre blanc de la défense, le président de la République trouvera matière à réflexion dans le rapport de la Cour des comptes. Une lecture plus que nécessaire avant de procéder à des arbitrages stratégiques et budgétaires pour ce secteur.

Hassan Meddah

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