L'État commande 30 nouveaux Rafale dans la foulée du standard F4

Le 14 janvier, le ministère des Armées a lancé le développement du nouveau standard F4 pour améliorer l'avion de combat Rafale. Un contrat de près de 2 milliards d'euros qui profitera à Dassault Aviation et ses partenaires. Dans la foulée, l'État a annoncé la commande de 30 nouveaux Rafale. Qu'est-ce que le standard F4 va changer pour le Rafale ? Comment va s'organiser sa production ? Réponses à l'usine Dassault Aviation de Mérignac (Gironde).

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L'État commande 30 nouveaux Rafale dans la foulée du standard F4
Le PDG de Dassault, Éric Trappier, et la ministre des Armées, Florence Parly, annoncent le lancement du standard Rafale F4.

Le Rafale va à nouveau évoluer. Lundi 14 janvier, la ministre des Armées Florence Parly s’est rendue à l’usine Dassault Aviation de Mérignac (Gironde) pour annoncer le lancement du développement du nouveau standard de l’avion de combat. Après le standard F3R, le standard F4 est officiellement sur les rails. L’État va donc débourser 1,9 milliard d’euros pour le développement de ce nouveau programme. Un montant qui va nourrir à la fois Dassault Aviation et ses partenaires, c’est-à-dire Thales, Safran, MBDA et les sous-traitants.

Petit rappel : dans le vocabulaire de l’aéronautique militaire, le "standard" désigne les améliorations mises en place par étapes sur l’appareil. Le Rafale profite grandement de ces mises à niveau pour rester compétitif au niveau international.

“Le rafale sera encore en service au-delà de 2050”

"Le Rafale est un succès opérationnel et commercial qui reste au meilleur niveau capacitaire en évoluant par standards successifs", résume dans son discours Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation. Le prédécesseur du standard F4, le F3R, était en développement depuis 2014. Il doit entrer en service dès 2019.

Grâce à ces évolutions, Dassault Aviation promet encore un bel avenir à son produit phare. "Le rafale sera encore en service au-delà de 2050", déclare Éric Trappier. "Dans cette perspective, il doit poursuivre ses évolutions à la suite du F3R par l’intégration des progrès technologiques mais aussi les retours d’expérience de nos opérationnels pour faire face aux nouvelles menaces. C’est aussi pour rester crédible à l’exportation que ces améliorations peuvent nous aider."

(Une chaîne d'assemblage de Rafale destinés au Qatar sur le site Dassault Aviation de Mérignac.)

2 500 à 5 000 emplois directs et indirects

Selon le ministère, le standard F4 générera 2 500 à 5 000 emplois directs et indirects. Le chantier doit associer une centaine de sous-traitants et partenaires, dont des PME et des start-up. Parmi eux, le cabinet de la ministre évoque la PME Rafaut, basée à Villeneuve-la-Garenne, qui continue de produire les pylônes situés sous les ailes des avions pour placer les armements.

La ministre des Armées, Florence Parly, a aussi profité de sa présence à Mérignac pour signer le renouvellement de la convention Action PME entre le ministère des Armées et le groupe Dassault. Mise en place pour la première fois en janvier 2014, cette convention confirme leur vœu de faire appel à des PME dans les programmes militaires.

(Florence Parly a visité les chaînes d'assemblage du Rafale et des Falcon 7X et 8X lors de sa venue à Mérignac.)

Trois domaines d’amélioration

Concrètement, le standard F4 permettra trois grandes améliorations. En premier lieu, la mise en place de solutions de connectivité dans l’avion pour optimiser son efficacité dans le combat en réseau. Le Rafale F4 sera ainsi doté de nouvelles liaisons satellite et intra-patrouille, d’un serveur de communication et d’une radio logicielle.

"Le Rafale Standard F4 verra ses capacités d’action fortement renforcées”, explique la ministre des Armées, Florence Parly. Les capteurs radar et optronique du secteur frontal seront donc améliorés de même que les capacités du viseur de casque. Le nouveau Rafale sera aussi en mesure d’emporter de nouveaux armements : le missile air-air Mica nouvelle génération, les nouveaux missiles A2SM de 1000 kilos et les missiles SCALP rénovés. Le radar à antenne active et le système de guerre électronique Spectra doivent aussi monter en puissance, notamment pour le brouillage.

Dernier chantier : la disponibilité. "Cette disponibilité est objectivement bonne aujourd’hui, voire très bonne, mais elle peut encore être améliorée", juge la ministre devant une moue approbatrice du PDG de Dassault Aviation. Le standard F4 comprendra donc un nouveau calculateur moteur et “un nouveau système de pronostic et d’aide au diagnostic introduisant des capacités de maintenance prédictive". L’avionneur évoque également des solutions basées sur le Big Data et l’intelligence artificielle. Un chantier devenu essentiel aux branches innovation de Dassault Aviation. En témoigne le projet MMT (Man Machine Teaming) lancé en mai 2018 par le ministère des Armées avec Dassault Aviation pour développer les applications de l’intelligence artificielle dans l’aéronautique de combat.

30 Rafale F4 commandés par l'État

Le 14 janvier, la ministre des Armées a également annoncé la commande de 30 nouveaux Rafale au standard F4. Ils devraient être livrés en 2027, 2028, 2029 et 2030. L’État attend également la livraison de 28 Rafale F3R, prévue de 2022 à 2024. C’est sur ces appareils que le nouveau standard sera introduit progressivement. Ils seront officiellement commandés en 2023, en accord avec la loi de programmation militaire.

En comptant cette nouvelle commande, l’État français aura donc réservé 180 Rafale au total. A l’étranger, 96 exemplaires ont été commandés par l’Égypte, le Qatar et l’Inde. En 2019, 2020 et 2021, les chaînes de production Dassault Aviation travailleront exclusivement sur ces exports. L’avionneur continuera ensuite d’alterner ses productions : livraisons pour l’armée française de 2022 à 2024, export en 2025 et 2026 et livraisons françaises de 2027 à 2030.

"Il y a la France et il y a l’export. C’est l’ensemble des deux qui permet d’avoir une chaîne de fabrication active au bon niveau et d’étaler ses productions", argumente le PDG de Dassault Aviation. Outre l’Égypte, l’Inde et le Qatar, le Rafale pourrait se positionner dans les prochains mois sur des appels d’offres en Suisse et en Finlande selon le ministère. Le standard F5 est déjà en tête lui aussi. Il devrait arriver après les années 2030, pour faire perdurer la longévité du Rafale.

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