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L'Etat commande 14 drones Patroller à Sagem qui les assemblera à Montluçon

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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a assisté, mardi 5 avril, à l'usine Sagem de Montluçon (Allier), à la signature de la commande de 14 drones Patroller qui seront assemblés sur place.      

Il y a avait comme un air de fête, mardi 5 avril, parmi les 1 150 salariés de l'usine Sagem de Montluçon, située sur la commune de Domérat  (Allier). Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, avait tenu à faire le déplacement pour assister à la signature de la commande de 14 drones Patroller par la Délégation générale à l'armement à Sagem, pour un montant de 350 millions d'euros.

Une véritable bouffée d'oxygène pour le premier employeur privé de ce département rural qui connaissait depuis plusieurs mois une baisse de régime. "Le Patroller est un gage de pérennité pour l'établissement sur l'activité assemblage du drone. C'est la reconnaissance des compétences du site de Montluçon. Il y avait un horizon d'activité en diminution, désormais nous savons qu'il y aura le maintien d'une trentaine d'emplois sur site et peut-être des embauches dans l'avenir ", analyse prudemment Cyril Bouytaud, directeur d'établissement.

LA "KALACH" ET LE BÂTON

Le contrat prévoit la livraison de deux systèmes opérationnels destinés à l’armée de terre, composés chacun de cinq drones de type Patroller, de deux stations au sol pour le pilotage et le contrôle des drones et des moyens de communication. Il comprend également un système de quatre drones et de deux stations sol pour la formation et l’entraînement, ainsi que le système de soutien. Sagem assurera la maintenance de l'ensemble pendant une durée de 12 ans. La livraison doit intervenir à partir de 2018 et s'achever l'année suivante.

Sélectionné sur appel d'offres, le Système de drone stactiques (SDT) Patroller prendra la suite en 2018 des drones Sperwer en service depuis 2004 au 61ème Régiment d'artillerie de Chaumont (Haute-Marne). "Le SDT aura une capacité d’emport simultané de deux charges utiles (optique/infrarouge/laser et radar dans un premier temps, une charge utile de guerre électronique pouvant dans un second temps se substituer au radar)", a précisé le ministère de la Défense.

Le Patroller est "plus efficace dans le renseignement et plus performant", selon les techniciens maison. "Nous mettons à disposition une optique qui permet de voir à trois kilomètres avec une précision de 50 centimètres, assure le général Olivier Tramond, conseiller militaire du groupe Safran. En quelque sorte, le Patroller est capable de reconnaitre si un berger afghan tient dans sa main une Kalachnikov ou un bâton !"

"PAS TOMBÉE DU CIEL"

Le groupe Safran était en compétition notamment avec Thales, qui proposait son Watchkeeper, conçu pour l'armée britannique à partir d'une technologie israélienne. "Une réussite qui n'est pas tombée du ciel, selon le ministre Le Drian. C'est le résultat d'une compétition très dure. Le Patroller a été choisi sur ses performances uniquement. C'est une grande satisfaction de constater la qualité et la performance de l'industrie de défense française, ici à Montluçon, qui est une ville de longue tradition industrielle. Nous sommes en train de créer une filière drones en France alors qu'elle était balbutiante."

Pour la réalisation du programme, Sagem s'appuiera sur le Cluster Patroller, un groupement de quelque 25 PME de hautes technologies françaises, notamment pour la performance de la cellule et de la chaîne de mission. Le choix du ministère de la Défense permet la création de 300 emplois qualifiés en France assure-t-on chez Sagem. Pour le drone propement dit, Sagem bénéficie d'un partenariat avec la société allemande Ecarys (Stemme), un avionneur réputé dans le domaine des moto-planeurs et des avions légers.

Cette commande pourrait également ouvrir des perspectives à l'export pour l'usine de Montluçon. "Nous avons des contacts en cours avec de nombreux pays, notamment au Moyen-Orient, mais je ne souhaite pas aller trop vite. Il faut d'abord se concentrer totalement sur le développement de ce produit", a déclaré Philippe Petitcolin, directeur général de Safran. "Plusieurs pays ont déjà témoigné des marques d'intérêt pour le Patroller, notamment en Asie et au Moyen-Orient", a confirmé Martin Sion, président de Sagem.

Geneviève Colonna d'Istria

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