Economie

L’Etat au secours d’Arc International

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Arnauld Montebourg va soutenir, via le Fonds de développement économique et social (FDES), plusieurs grandes entreprises en difficulté, dont le verrier Arc International. Basé à Arques, près de Saint Omer (Pas-de-Calais), le leader mondial des arts de la table, détenu par la famille Durand, vient de placer 5 000 de ses salariés en chômage partiel jusqu'à la fin décembre.

L’Etat au secours d’Arc International © Arc International

Deux chiffres permettent de mesurer l’ampleur de la restructuration réalisée en une décennie par le Groupe Arc International : en 2003, il employait à Arques (Pas-de-Calais), 11 200 salariés. Aujourd’hui, l’entreprise ne compte plus que 5 700 salariés. Et ces derniers craignent que d’autres suppressions massives d’emploi soient en préparation pour 2014.

Pour les mois de novembre et décembre, c’est une vaste mesure de chômage partiel qui s’applique. Elle a été annoncée le 22 octobre en comité d’entreprise, et concerne 5 284 salariés jusqu’à la fin de l’année et ce, dix jours par mois. En parallèle, quatre des cinq fours en activité seront fermés au cours des quinze derniers jours de décembre.

En nombre de salariés touchés, c’est deux fois ce qui avait été initialement prévu lors des négociations menées en juillet. La direction avait alors prévu cinq jours mensuels de chômage partiel de septembre à décembre pour 1 980 salariés. Le groupe explique avoir dû revoir à la hausse ces chiffres car il n’a enregistré "aucune améliorations des ventes" et doit "tenir les équilibres financiers".

Vente de terrains et cession de bureaux

A ce chômage partiel, s’ajoute également la mise en vente du site industriel de Blaringhem de 40 hectares dans le Nord, situé à proximité de Saint-Omer, une opération intervenant après la cession des bureaux occupés à Lille et à Paris. "Cela nous inquiète car ce n’est pas terminé. La prolongation de chômage partiel en début d’année 2014 est déjà envisagée par la direction", avance Frédéric Specque, secrétaire du CE et délégué CGT.

Ces mesures s’inscrivent dans un contexte très particulier. Guillaume de Fougières, président du directoire d'Arc International, a été limogé par le conseil de surveillance du groupe, le 20 septembre 2013.

80 millions d'euros d'économies au programme

Son successeur, Patrick Puy, va annoncer le 21 novembre, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire, son plan pour redresser Arc International. Parmi les mesures attendues, un programme d’au moins 80 millions d’euros d’économies devrait être la mesure phare. "30 millions d’euros seraient économisés via l'arrêt des investissements, 20 millions sur la masse salariale par le biais du chômage partiel et 30 millions sur la réduction des stocks", a expliqué à l’AFP, Frédéric Specque. Une poursuite de la réduction des effectifs serait également envisagée, en vue d’atteindre, un seuil de 3 500 salariés d’ici dix ans.

Depuis 2000, Arc International ne cesse de se restructurer

A Arques, site historique du groupe, le dernier grand plan social datait d’octobre 2004. Le leader mondial des arts de table avait alors annoncé la suppression de 2 659 emplois. Pour les salariés et les responsables politiques, locaux et régionaux, le choc et la surprise avaient été terribles. Chacun croyait que les grandes restructurations industrielles régionales, celles de la sidérurgie et du textile, étaient terminées. Mais il en était rien : un autre mastodonte industriel était en train de vaciller dangereusement. La Verrerie Cristallerie d’Arques symbolisait la mono-industrie qui avait porté tout le territoire à cinquante kilomètres à la ronde.

Créée en 1825, elle avait été reprise et dirigée par la famille Durand depuis 1897. Georges Durand, un ingénieur centralien, puis son fils, Jacques Durand. C’est ce dernier qui, depuis 1927, avait fait de cette entreprise familiale, un fleuron mondial. Après sa mort, son fils Philippe lui avait succédé. Il avait conforté cette dimension mondiale, et symboliquement avait changé, en 2000, le nom de l’entreprise pour la dénommer Arc International. Mais l’expansion quasi continue du groupe s’est précisément heurtée à l’effet induit de la mondialisation : la concurrence asiatique. Et depuis, Arc International ne cesse de se restructurer.

Aujourd’hui, le groupe Arc International emploie 11 800 salariés dans le monde dont 6 300 en France. Il avait annoncé avoir réalisé un chiffre d’affaires d’1,1 milliard d'euros en 2011 et 18,4 millions d'euros de bénéfices. C’étaient les meilleurs chiffres présentés depuis le début 2000. Mais l’effondrement de ses marchés au Moyen-Orient a plongé le groupe dans la crise. Conséquence, le chiffre d’affaires s’est établi à 978 millions d'euros en 2012, avec une perte de 3,7 millions d'euros.

Francis Dudzinski

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