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L'Usine Energie

"L’Etat actionnaire donne à EDF d’autres missions que celle de bien se porter économiquement", assure Nicolas Goldberg de Colombus Consulting

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Analyse La démission du directeur financier d’EDF , Thomas Piquemal, en désaccord sur le calendrier d’investissement pour la construction de deux réacteurs nucléaires EPR en Angleterre, interroge sur la santé du groupe. Pour Nicolas Goldberg, manager Energie et Environnement chez Colombus Consulting, EDF peut mener à bien ses projets au Royaume-Uni, même si l’Etat actionnaire ne favorise pas la santé financière du groupe.

L’Etat actionnaire donne à EDF d’autres missions que celle de bien se porter économiquement, assure Nicolas Goldberg de Colombus Consulting © D.R.

 

 

L'Usine Nouvelle- Est-ce que les deux EPR d’Hinkley Point en Angleterre seront lancés ?

Nicolas Goldberg- Je pense que les projets vont aboutir. Ce sont des investissements rentables mais très gourmands en capitaux. Or la question du financement est très délicate. L’électricien doit prendre deux tiers de ce projet de 24 milliards d’euros, bien plus que prévu. Or, EDF ne peut pas se financer par ouverture de capital, cela ne suffirait pas. Il faudrait des garanties d’Etat. Mais globalement, le projet avance et surtout l’Union Européenne lui a donné son accord. Plusieurs signaux sont au vert. De plus, il est question que le trésor britannique en prenne une partie, ce serait un bon signe. Cela reste toutefois conditionné à la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche).

Pourquoi les gouvernements français et anglais appuient tant ce projet ?

Car il est hautement politique. Il y a eu une implication forte de David Cameron et de son entourage car cela rentre dans la stratégie bas carbone du Royaume-Uni, qui inclut le nucléaire. Du côté français, il y a une volonté de redorer le blason d’EDF et de toute l’industrie qui gravite autour.

Mais est-ce qu’EDF a les moyens financiers de mener à bien tous ses projets ?

Les montants pour Hinkley Point, ainsi que ceux pour le grand carénage et le démantèlement, sont vertigineux. Mais de toute manière, si les nouveaux EPR, la prolongation des réacteurs nucléaires et la reprise d’Areva NP ne se faisaient pas, il faudrait développer des alternatives et y investir des montants tout aussi importants. Donc la vraie question va au-delà du nucléaire. Elle porte sur les tarifs de l’électricité. En France, il y a une volonté, tout à fait respectable, de limiter les prix de l’électricité des ménages pour préserver le pouvoir d’achat. Il y a aussi la question de la dette de la CSPE (Contribution au service public de l'électricité), qui permet le développement des renouvelables, que l’Etat fait porter à EDF.

Est-ce que l’Etat est un mauvais actionnaire ?

L’Etat n’est pas un mauvais actionnaire mais il est très présent dans le groupe. Or son intérêt n’est pas seulement économique, il est aussi politique et social. Le rachat d’Areva NP, par exemple, ne se serait jamais fait sans l’Etat. La présence de cet actionnaire donne à EDF d’autres missions que celle de bien se porter économiquement. EDF a toujours assumé son rôle social, comme l’embauche de personnes non diplômées ou handicapées, ce qui est très bien à mon sens.

On voit d’autres énergéticiens européens se transformer comme Engie, ou l’Allemand E.on qui s’est scindé en deux entités. Est-ce qu’EDF peut procéder à la même mutation ?

Aller aussi loin que les homologues allemands, je ne pense pas. Mais la mutation que fait Engie, EDF l’engage aussi. L’investissement dans les renouvelables, les smartgrids et les démonstrateurs innovants… EDF le fait. La contrainte d’EDF est que son parc nucléaire occulte toute son activité dans les renouvelables. Par exemple, on ne parle plus beaucoup aujourd’hui d’éolien offshore, or EDF construit trois des cinq parcs qui ont été attribués.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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