L'Etat a été "informé à plusieurs reprises" des difficultés d'Alstom Belfort selon Arnaud Montebourg

Le candidat à la présidentielle 2017, Arnaud Montebourg, s’est rendu ce mercredi 14 septembre à Belfort (Territoire de Belfort) pour rencontrer l’intersyndicale d’Alstom Transport. Visite éclair d’Arnaud Montebourg sur le site Asltom Transport de Belfort.

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L'Etat a été
Arnaud Montebourg lors de sa visite à Alstom Belfort

La dernière fois qu’Arnaud Montebourg s’est rendu à Belfort (Territoire de Belfort) c’était en 2013. À cette époque, il était ministre du redressement productif et traitait le dossier épineux du rachat par General Electric de la branche énergie d’Asltom. De retour dans la cité du lion, ce mercredi 14 septembre, il a revêtu cette fois-ci le costume de candidat à la présidentielle 2017 pour rencontrer les représentants des quatre organisations syndicales du site Asltom Transport.

Dès son arrivée, à 15h en gare de Belfort, il a d’abord affirmé que l’État a été "dûment informé à plusieurs reprises" des menaces qui pesaient sur le site belfortain, avant même l’annonce de l’arrêt des activités de production et d’ingénierie faite le 7 septembre par la Direction.

"La France est en train de couler la France"

Arnaud Montebourg qui s’est ensuite rendu à la Maison du Peuple où il s’est entretenu durant une heure avec l’intersyndicale, refuse de croire que le gouvernement ne savait rien. Venu écouter les propositions des syndicats et "soutenir le combat de Belfort", le candidat a clairement pointé du doigt la responsabilité du gouvernement. "Dans cette affaire, la France est en train de couler la France […], l’État n’a pas été à la hauteur et a déserté sa mission d’amener les principaux acteurs de l’équipe de France du ferroviaire, la SNCF et Alstom, à s’entendre et à s’unir, la SNCF doit aider Alstom".

Signalant qu’il était aux affaires économiques durant le rachat par GE du site Alstom Power et de la prise de participation de l’État à hauteur de 20 % au capital d’Alstom Transport, Arnaud Montebourg a ironisé sur ce que cela a donné, deux ans plus tard : "Si j’ai arraché il y a deux ans, que l’État puisse prendre part au capital Alstom, […] ce n’est pas pour que l’État fasse des cocottes en papier dans le conseil d’administration d’Alstom".

Le candidat socialiste s’est finalement déplacé jusqu’à l’entrée du site d’Alstom Transport où des salariés sortaient peu à peu d’une longue journée de travail. Devant la façade de brique rouge de l’usine, face à un parterre dense de journalistes, il n’a pas manqué de rappeler sa proposition pour l’économie du pays : faire en sorte que "80 % des marchés publics aillent en direction du made in France".
Le candidat finit par conclure "ce qui se passe ici et la victoire qu’il faudra obtenir pour le Territoire de Belfort sont décisifs pour ne pas revivre ce qui s’est passé à Florange".

Pour des salariés : "Ce n’est qu’un politique de plus"

Au moment de partir rejoindre la capitale à la vitesse du TGV, il est interpellé par un salarié qui travaille à Alstom depuis 1990 : "Est-ce qu’on peut encore avoir confiance dans les hommes politiques et les décisions qui vont arriver d’ici 10 jours ?". Réponse du socialiste : " il faut faire confiance tout en s’organisant pour que la parole puisse être vérifiée". Une phrase qui ne suffit pas à rassurer l’ouvrier. Pour ce dernier, "la balle est maintenant dans le camp des politiques". Sans se faire d’illusion, il déplore que depuis 10 ans les effectifs baissent, que le groupe fasse beaucoup appel à de la sous-traitance pour fabriquer les pièces qu’il produisait auparavant. "Les pièces viennent de la Pologne ou de Tchécoslovaquie, ça fait des emplois en moins… La situation est compliquée actuellement à l’atelier, on travaille à des cadences peu élevées". Si pour lui, la venue de politiques est plutôt positive pour le maintien de l’activité à Belfort, pour d’autres "ce n’est qu’un politique de plus". Pierre, salarié au service administratif depuis 1983, refuse de se voiler la face : "nous sommes face à un jeu de poker menteur où chacun essaye de tirer la couverture à soi" ajoute-t-il.

Un cadre du bureau d’étude dénonce aussi cette récupération politique : "ils viennent juste se montrer", dit-il, pleinement conscient qu’il faut 18 mois d’études avant qu’un projet ne parte en production et remplisse les carnets de commandes d’un site comme Alstom Belfort.

L’intersyndicale du site Alstom Transport de Belfort a appelé tous les salariés à débrayer le 27 septembre. Une date qui correspond à celle du prochain comité central d’entreprise trimestriel. À huit mois des élections présidentielles, "l’affaire" Alstom Transport à Belfort est donc au cœur du débat politique et ce n’est que le début.

Lucie Thiery

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