Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

L'Estuaire de la Loire manque de bras

Publié le

Airbus, Aker Yards, Total... Les industriels de Loire-Atlantique affichent des plans de charges et des programmes d'investissements massifs. Le manque de main-d'oeuvre qualifiée est estimé à 6 000 salariés.

La fin de la décennie s'annonce intensive pour l'industrie de l'Estuaire de la Loire. Chez Airbus, premier investisseur sur ce bassin d'emploi, le voile est désormais levé, avec la reprise du site de Saint-Nazaire Ville par Latécoère et le lancement de l'A 350 XWB. Et de nouvelles perspectives pour toute une filière. L'équipementier toulousain promet d'injecter 20 millions d'euros par an pour développer localement une activité panneaux. Sur le site voisin de Gron, Airbus investira 280 millions d'euros d'ici à 2011. Une usine d'environ 20 000 mètres carrés sera construite pour l'assemblage des tronçons avant et centraux du futur long-courrier, ainsi qu'une plate-forme logistique proche de 12 000 mètres carrés. L'avionneur européen entend réorganiser cette fonction sur huit pôles à l'échelle du groupe.

Quant au site de Bouguenais, situé en amont, c'est désormais confirmé : il produira le caisson central de l'A 350, ainsi que la poutre ventrale et d'autres éléments. « Nous allons nous battre pour obtenir les entrées d'air », précise la direction, qui lance un programme d'investissement de 500 millions d'euros d'ici à 2011. Objectif ? Achever les 30 000 mètres carrés de l'usine A350, dont la construction avait été gelée en 2007. Airbus veut mettre en place une nouvelle organisation industrielle en ligne, avec l'enchaînement des différents procédés (autoclave, contrôle non destructif, assemblage, peinture...). La construction d'un autre bâtiment de 7 000 mètres carrés va être lancée presque simultanément pour la réalisation des poutres ventrales, une pièce intégrant désormais une partie du fuselage. A l'horizon 2015, d'autres projets immobiliers d'envergure sont envisagés à Bouguenais pour le futur A 320. Selon Airbus, cette montée en puissance devrait impliquer 3 000 embauches, principalement chez les sous-traitants.

Au chantier naval Aker Yards, autre grand donneur d'ordres de l'estuaire, 900 ouvriers sont à recruter d'ici à 2009. Si la filière s'interroge sur les intentions du coréen STX, détenteur de 39,2 % des parts du groupe depuis le 23 octobre 2007, l'enjeu immédiat est d'assurer la construction de cinq paquebots. Jacques Hardelay, le directeur général, se montre optimiste sur l'imminence de nouvelles commandes : elles permettraient de prolonger le plan de charge jusqu'en 2010. Des décisions sont également attendues courant mars concernant le deu-xième porte-avions, pour la coque duquel le chantier nazairien est fortement pressenti. Il faudra aussi près d'un millier de salariés pour la sous-traitance du chantier, entré dans une nouvelle phase d'organisation.

Localement, on courtise les mêmes profils

Aker Yards a notamment choisi ses sous-traitants de rang I concernant l'équipement en réseaux (climatisation, fluides...) des paquebots. Parmi eux, figurent la Snef, Axéo, Gestal, CNAI, Europipe, Camon, Nordon, Met Atlantique, ABMI, etc. La même démarche de sélection est en cours pour l'agencement des navires. Mais la plupart de ces entreprises sont déjà à court de main-d'oeuvre qualifiée.

Les mêmes profils sont également courtisés localement par les acteurs de l'énergie, très ambitieux en matière de développement. La raffinerie Total de Donges prépare déjà le grand arrêt 2009. « Il devrait représenter un coût supérieur à celui de 2007 » (80 millions d'euros), indique Jérôme Dupont, le directeur du site. La quatrième raffinerie du géant pétrolier poursuit parallèlement son programme d'investissement de 85 millions portant sur la réduction des rejets de soufre. Sur le terminal méthanier voisin, Gaz de France a lancé la construction d'une centrale à cycle combiné de 430 MW, pour une mise en service en 2010. Le groupe envisage également l'extension de son terminal, de 10 à 16,5 milliards de mètres cubes à l'horizon 2014. « Un tel chantier occuperait 600 personnes pendant six ans », indique Louis Savary, délégué régional de GdF.

Des besoins dans une douzaine de métiers

Selon les services de l'Etat, près de 6 000 postes sont à pourvoir d'ici à 2010 dans une douzaine de métiers des filières aéronautique, navale, métallurgique et mécanique pour le seul Estuaire de la Loire. Un bassin d'em- ploi où l'on recense pourtant 32 000 chômeurs ! Dans le détail, sont recherchés entre autres 1 800 monteurs réseaux, 380 soudeurs et 440 drapeurs de composites. « Ce chiffre correspond à l'analyse des besoins de recrutement exprimés par les entreprises industrielles pour faire face à la montée en charge de la production des grands donneurs d'ordres. Il intègre aussi le renouvellement des compétences lié aux départs en retraite. Il s'agit certainement d'une estimation basse », explique Joël Batteux, vice-président de la Région Pays de la Loire chargé des questions économiques et maire de Saint-Nazaire.

La Région et l'Etat viennent de débloquer 240 000 euros dans une étude préalable et le cabinet Bernard Brunhes doit esquisser dans les prochaines semaines un plan d'actions intitulé « 6 000 compétences ». « Nous travaillons sur quatre axes : le renforcement de l'attractivité des métiers de l'industrie, la formation notamment des jeunes et des demandeurs d'emploi, la gestion des compétences en favorisant la mutualisation et les échanges entre PME-PMI et l'environnement de l'emploi, comme l'hébergement et la mobilité », poursuit l'élu.

Plusieurs pistes émergent : campagnes de communication ciblées sur certains métiers, actions très réactives de formation par alternance ou en apprentissage pour le court terme, constitution de groupements d'employeurs ou encore installation de logements modulaires et donc rapidement disponibles...

« L'absence de main-d'oeuvre pourrait traduire une perte durable de compétitivité des entreprises sur notre territoire », note Loïc Chavoix, du pôle de compétitivité EMC2, également partie prenante dans ce plan d'actions à définir dans un bassin d'emplois dont les besoins sont des plus cycliques sur le long terme. .

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle