L'essor du véhicule électrique ne rendra pas plus difficile une sortie du nucléaire

Moins d’émissions, plus d’emplois et moins d’importations de pétrole pour la France... L’étude présentée par la European Climate Foundation expose les bénéfices d’une transition vers des véhicules bas-carbone d’ici à 2030.

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Zoé, véhicule électrique de Renault - D.R

Renault, ERDF, ABB, Valeo, Michelin, Saft, Air liquide, Lanxess… Le large panel d’industriels présents ce mercredi 25 novembre lors de la présentation de l’étude "Fuelling France’s Future" appuie sa principale conclusion : la transition vers des véhicules bas-carbone d’ici à 2030 sera vertueuse pour la France à la fois du point de vue de l’environnement et de l’économie.

Réalisée par les consultants de Cambridge econometrics, Element Energy et Artelys pour la European Climate Foundation (ECF), en association avec ces industriels, l’étude conclut à des bénéfices tous azimuths. Côté environnement, le déploiement de véhicules bas-carbone permettrait de réduire de 40% les émissions de CO2 du parc d’ici à 2030 par rapport à aujourd’hui. De 72% les émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de 92% celles de particules fines.

Côté économie, "cette transition ferait économiser en 2030 près de 6 milliards d’euros d’importations de pétrole et stimulerait la création nette d’environ 70 000 emplois", énumère Richard Lewney, le directeur de Cambridge Econometrics. Pour l’automobiliste, le coût total de propriété (achat, entretien et carburant ou énergie) des véhicules électriques deviendra à peu près égal à celui de leurs homologues thermiques dès 2025, estime par ailleurs l’étude.

4 millions de véhicules électriques, compatibles avec la sortie du nucléaire

La sensibilité française à la question du mix électrique a aussi conduit les consultants à se demander combien de véhicules électriques pourraient être déployés sans augmenter le parc de production d’électricité ni modifier l’évolution prévue du mix. "Autrement dit, reformule Céline Cluzel, d’Element Energy, rend-on la sortie du nucléaire plus difficile avec le véhicule électrique ?" Leur réponse est clairement non.

"Les 4 millions de véhicules électriques de notre scénario en 2030 n’ont pas d’impact sur les capacités de production ni le mix, assure la consultante. Et si la charge des véhicules se fait de façon intelligente, en tenant compte des contraintes du réseau, on pourrait même avoir 20 millions de véhicules sans nécessiter de centrales supplémentaires."

4 millions de véhicules électriques sur les routes françaises dans quinze ans… Cela paraît bien ambitieux. Pourtant, l’étude se veut "réaliste", souligne Pete Harrison, directeur du programme Transport de l’ECF. "Le scénario choisi de déploiement des véhicules bas-carbone est assez conservateur. Nous avons réuni les dizaines de scénarios disponibles, établi un scénario moyen et choisi un scénario largement moins ambitieux".

Pas de rupture technologique, mais une "révolution systémique"

De fait, il n’y a pas de rupture technologique au menu des prévisions, et les véhicules propres s’imposent progressivement en enchaînant sagement les technologies : hybrides (43% des ventes en 2030), hybrides rechargeables (20%), tout électriques (11%) puis à pile à combustible (5%). Reste que le véhicule thermique ne représenterait alors plus que 21% des ventes en 2030, contre 97% aujourd’hui…

"Il s’agit d’une véritable révolution systémique", reconnaît Jean-Philippe Hermine, directeur stratégie plan environnement. Il faut mettre tout le monde autour de la table pour la mener à bien et les pouvoirs publics doivent poursuivre les efforts engagés". Avec les conclusions économiques de l’étude, présentée aux pouvoirs publics ce mercredi 25 au soir, les industriels de l’électrique disposent d’arguments solides.

Manuel Moragues

1 Commentaire

L'essor du véhicule électrique ne rendra pas plus difficile une sortie du nucléaire

Rémi
27/11/2015 14h:48

Mais oui mais oui.
79% de véhicule autre que thermique dans 15 ans. Cela me fait penser à ceux, dans les années 70, qui s'imaginait que l'on aurait tous une voiture volante au 21ème siècle...

On aura de l'électrique (mais il faudra produire plus d'énergie, surtout si on à des voitures autonomes), on aura de l'hybride, mais on aura aussi encore des voitures essences ou diesel, qui consommeront moins il est vrai.

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