L'espoir de soutiens monétaire et budgétaire US à la rescousse
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\ 12h09
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PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue en nette hausse et les Bourses européennes rebondissent à mi-séance mardi, le lancement du nouveau programme de soutien de la Réserve fédérale américaine et un recul des nouveaux cas d'infection par le coronavirus en Chine ayant suffi pour convaincre les investisseurs de revenir vers les actifs risqués.
Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de plus de 1%.
À Paris, le CAC 40 gagne 2,66% à 4.943,95 points vers 11h00 GMT. A Londres, le FTSE 100 prend 2,46% et à Francfort, le Dax avance de 3,2%.
L'indice EuroStoxx 50 est en hausse de 3%, le FTSEurofirst 300 de 2,56% et le Stoxx 600 de 2,71%.
Alors que la crainte d'une recrudescence de l'épidémie de Covid-19 en Chine avait nourri le repli de lundi, le rebond s'appuie entre autres sur la diminution du nombre de nouveaux cas annoncée par Pékin, même si la situation y reste jugée préoccupante.
Mais les investisseurs applaudissent surtout l'imminente entrée en action du nouveau plan de soutien de la Réserve fédérale marché, puisque la banque centrale américaine doit commencer à acheter ce mardi des obligations d'entreprises sur le marché secondaire, en attendant la mise en oeuvre de sa nouvelle facilité de crédit aux entreprises.
Jerome Powell, le président de la Fed, doit s'exprimer à partir de 14h00 GMT devant la Commission bancaire du Sénat.
Wall Street pourrait aussi profiter des informations de presse selon lesquelles l'administration Trump envisage un plan d'investissement dans les infrastructures de 1.000 milliards de dollars (883 milliards d'euros), qui concernerait aussi bien le réseau routier que le déploiement des réseaux mobiles de cinquième génération (5G).
Confirmant la tendance de fond au retour progressif de la confiance, l'indice ZEW du sentiment des investisseurs en Allemagne s'est redressé plus nettement qu'attendu en juin, à 63,4 contre 51,0 en mai.
Pour autant, tous les signaux ne sont pas au vert: 98% des gérants de fonds interrogés par Bank of America jugent les marchés "surévalués" et l'optimisme "fragile".
En attendant Jerome Powell, le début de séance à Wall Street pourrait être animé par les chiffres mensuels des ventes au détail aux Etats-Unis, attendus à 12h30 GMT.
VALEURS EN EUROPE
Tous les grands secteurs de la cote européenne profitent du regain d'appétit pour les actifs risqués et les plus fortes hausses concernent le compartiment de la construction, dont l'indice Stoxx progresse de 4,27%, du transport et du tourisme (+3,90%) et des banques (+3,84%).
A Paris, toutes les valeurs du CAC 40 évoluent ans le vert, les plus fortes progressions à mi-séance étant pour ArcelorMittal, qui prend 6,3%, TechnipFMC (+6,17%) et BNP Paribas (+5,88%).
En tête de l'EuroStoxx 50, le cimentier irlandais CRH s'adjuge 7,78% grâce aux informations sur le projet américain d'investissement massifs dans les infrastructures. Son concurrent LafargeHolcim gagne 4,85%.
A la baisse, Zalando perd 4,86% après la cession de 4,4% de son capital par la société d'investissement suédoise Kinnevik.
TAUX
La perspective de l'arrivée de la Fed sur le marché secondaire de la dette d'entreprise, qui risque de nuire à la demande d'emprunts d'Etat, favorise la remontée des rendements souverains de référence: celui du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, prend plus de 1,5 point de base à -0,419% et surtout, son équivalent américain monte de près de quatre points à 0,7446%.
CHANGES
Les annonces de la Réserve fédérale, en favorisant l'appétit pour le risque, profitent à des devises plus sensibles à ce facteur comme le dollar australien et défavorisent le dollar américain, qui cède 0,04% face à un panier de référence.
L'euro est pratiquement inchangé face au billet vert à 1,1318.
PÉTROLE
Les cours du pétrole profitent à la fois de l'amélioration du sentiment général des investisseurs et de la révision à la hausse des prévisions de demande 2020 de l'Agence internationale de l'énergie: dans son rapport mensuel, cette dernière table sur une demande à 91,7 millions de barils par jour (bpj) cette année, soit 500.000 de plus qu'en mai.
Le Brent gagne 1,51% à 40,32 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,35% à 37,62 dollars.
(édité par Patrick Vignal)