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L'Usine Aéro

L’espace low-cost bientôt sur orbite

Hassan Meddah , ,

Publié le

Réunis à la conférence de la World Satellite Business Week, les industriels ont multiplié les annonces de lanceurs et de satellites à bas prix. Objectif : faire chuter drastiquement le coût d’accès à l’espace pour favoriser le développement des constellations de satellites comme celle de OneWeb.  

Satellite de la future constellation Oneweb - crédits : C3 Creative Code and Content

Pas encore sur le pas de tir et déjà vendu à moitié prix ! Le lanceur de Virgin Galactic, capable de mettre des mini-satellites en orbite basse, sera commercialisé à moins de 10 millions de dollars. Soit un prix initial inchangé pour une capacité d’emport doublée.

"Notre futur lanceur sera capable d’emporter une charge de 200 kilos en orbite basse", a précisé George Whitesides, PDG  de l’entreprise du groupe de Richard Branson positionné sur les activités spatiales. Il s’exprimait à la conférence de la World Business Satellite Week (WBSW) qui réunit à Paris les grands décideurs du spatial.

Virgin Galactic espère réaliser un premier tir de sa fusée à deux étages LauncherOne d’ici 2017. Cette fusée a été sélectionnée aux côtés d’Arianespace pour lancer 39 des satellites de la constellation OneWeb, destinée à apporter des connexions Internet au niveau mondial.

Cette baisse drastique des prix d’accès à l’espace est possible car pour la première fois de son histoire le secteur spatial peut miser sur des grandes séries. "Nous visons une production d’une trentaine de lanceurs par an. Nous avons investi dans une nouvelle usine équipée de machines-outils de dernières technologies", explique le dirigeant. La société poursuit actuellement la mise au point de ses moteurs et dispose déjà d'une nouvelle usine de 14000 m², basée à Long Beach en Californie.

LE PRIX D'Ariane 6 divisé par deux par rapport à Ariane 5

Arianespace doit aussi relever le défi des lancements à la chaîne. En remportant l’essentiel du contrat de OneWeb, soit 650 satellites à mettre sur orbite, la société européenne a prévu d'effectuer 21 lancements en deux ans pour un seul client. A titre d’indication, elle procède en moyenne à une douzaine de lancements par an pour l’ensemble de ses clients en exploitant trois lanceurs, Ariane Soyouz et Vega.

"Soyouz peut être lancée de plusieurs pas de tirs, en Guyane et à partir des différents cosmodromes russes. C’est le seul lanceur qui peut partir deux fois le même jour. Cette souplesse et cette capacité ont séduit OneWeb", a précisé Stéphane Israël, le PDG d’Arianespace. Arianespace misera dès 2020 sur Ariane 6 qui sera disponible en 2020 et qui promet de diviser par deux les prix de lancements par rapport à Ariane 5.

En amont des lancements, les fabricants de satellites doivent également relever le défi des cadences de production et des coûts. Fournisseur des mini-satellites de OneWeb, Airbus Defence & Space est en première ligne. "Le contrat porte sur 900 satellites. C’est du jamais vu dans l’histoire du secteur spatial. Il faudra produire trois à quatre satellites par jour. Leur architecture a été pensée de telle façon à ce que l’assemblage soit plus rapide. La connectique est simplifiée grâce à des sous-ensembles pré-câblés. Les temps de tests seront réduits. Les équipes travaillent d’arrache-pied pour relever le défi", explique Eric Béranger, le directeur des programmes pour la division Space Systems.

"Réduire le coût du bit transmis en orbite"

Pour atteindre les exigences de prix de son client, les observateurs du marché estiment que le fournisseur doit atteindre un prix de l’ordre de 4 000 dollars par kilogramme (de satellites !), soit dix fois moins que le prix actuel des satellites standards plus complexes.

Pour être prêts, Airbus a réuni aux Etats-Unis et en France une centaine de fournisseurs l’été dernier. "C’était un tour de chauffe. Nous sommes demandeurs de leurs propositions. Nous voulons voir ce qu’ils peuvent nous proposer. On les rencontrera à nouveau formellement en octobre pour lancer les appels d’offres", précise Eric Béranger. Les dix premiers exemplaires pilotes seront produits à Toulouse tandis que le reste de la production le sera très certainement aux Etats-Unis.  

Les satellites traditionnels de télécommunications, des monstres de technologies de 3 à 6 tonnes nécessitant plus de deux ans de fabrication, n’échappent pas à la vague low cost. Les industriels exploitent plusieurs voies.

"Il faut impérativement réduire le coût du bit transmis en orbite", a insisté Mark Spiwak, président de l’activité Satellite pour Boeing, devant ses pairs réunis à Paris. Il vient ainsi de livrer le premier satellite à propulsion électrique, ce qui réduit de 40% sa masse. De quoi interpeller les acheteurs de prestation de lancements qui payent au kilogramme lancé la mise en orbite.

Des séries plus longues

Son concurrent Thales Alenia Space a aussi profité du salon pour annoncer sa nouvelle gamme de produit SpaceBus NEO de satellites de télécommunications géostationnaires. L’objectif : baisser les prix de 30% d’ici à 2020. Au-delà d’une conception optimisée et modulaire, l’industriel revoit surtout sa façon de travailler avec ses fournisseurs.

"Auparavant les achats auprès de notre supply chain étaient réalisés satellite par satellite. Nos contrats porteront désormais sur des séries plus longues de plusieurs unités. Cela donnera plus de visibilité à nos fournisseurs qui en retour peuvent nous proposer des prix plus attractifs", explique Jean-Loïc Galle, le PDG de Thales Alenia Space.

L’industriel a bénéficié d’un soutien financier de l’ordre de près 120 millions d’euros de la part de de l’Agence spatiale européenne (ESA). L’objectif de l’agence est d’aider ses industriels à décrocher la moitié du marché mondial ultra compétitif des satellites de télécommunications.

Hassan Meddah

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