L’ESA plaide pour un big bang de l’industrie des lanceurs

L’agence européenne veut mettre en compétition les industriels pour optimiser les coûts du lanceur européen et ensuite demander aux Etats membres de financer en fonction des résultats de cette compétition industrielle. Une révolution pour l’industrie spatiale.

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L’ESA plaide pour un big bang de l’industrie des lanceurs

Cela s’appelle une rentrée fracassante. Jean-Jacques Dordain, directeur général de l’ESA, a défini sa feuille de route pour 2014 en proposant une organisation radicalement nouvelle de l’industrie des lanceurs. Le futur lanceur européen Ariane 6, qui doit être décidé en décembre prochain à l’occasion de la réunion des ministres européens de l’Espace, a été le déclencheur de cette réflexion. "Je souhaite avoir le meilleur lanceur possible en Europe", explique-t-il. Et surtout un lanceur compétitif. La future fusée européenne ne doit pas coûter plus de 70 millions d’euros par lancement soit une économie de 30% par rapport à Ariane 5. Il s’agit en effet de faire face à la compétition grandissante de l’américain SpaceX qui a réussi ses premières missions commerciales avec des prix pour ses clients défiant toute concurrence.

La fin du retour géographique

Pour atteindre son objectif, l’agence européenne plaide pour un renversement total des règles du jeu industriel. Aujourd’hui, c’est le principe du retour géographique qui prévaut : les travaux de développement et de fabrication des lanceurs sont répartis entre les pays en fonction de leur financement. Libre ensuite à chaque Etat, de répartir les lots entre ses industriels nationaux.

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Dorénavant, l’ESA veut imposer le principe de juste contribution. Pour cela, elle va mettre en compétition tous les industriels du secteur sur le seul critère de l’efficacité. Avec les résultats de cette mise en concurrence, l’agence européenne se retournera vers chacun des Etats membres pour demander un financement à la hauteur du pourcentage remporté par ses industriels.

Quinze lots industriels

L’ESA a déjà commencé à avancer avec cette méthode. Entre juillet et septembre, elle a consulté les industriels en divisant le lanceur en 15 lots industriels. "Nous avons demandé à l’industrie de nous faire la meilleure proposition sur ces 15 éléments en leur laissant une liberté totale. Ils ont carte blanche. Ils peuvent combiner ou non ces éléments. Ils peuvent répondre à un ou plusieurs éléments. Sans contrainte de retour", explique le directeur général. La consultation a rencontré un succès inattendu avec 160 propositions reçues. "C’était au-delà de nos espérances. Nous avons même reçu des propositions d’industriels n’opérant pas dans le secteur spatial", précise Jean-Jacques Dordain.

Sur cette base, l’ESA a lancé en décembre un appel à propositions qui engage cette fois-ci les industriels. Les résultats seront connus mi-février. "L’objectif est de mettre sur la table des Etats membres, pour la mi-mars, les scénarios possibles entre 2015 et 2024 incluant les développements nécessaires et l’exploitation. Pour chacun des scenarios, on précisera les coûts, les sources de financement et les risques associés à chacun".

Pas sûr que les Etats membres accepteront ces nouvelles règles du jeu. "Le succès n’est pas garanti. Si les Etats membres ne veulent pas financer en fonction des résultats de la compétition industrielle, il faudra faire des ajustements. Et chaque ajustement commencera à dégrader la compétitivité du lanceur", prévient le patron de l’ESA. L’avertissement est lancé.

Hassan Meddah

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