L'EQUIPEMENTIER DE L'ELECTROMENAGERLe P-DG de Sorepi veut faire de son entreprise de sous-traitance un ensemblier proposant des solutions originales aux industriels de l'électroménager.

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L'EQUIPEMENTIER DE L'ELECTROMENAGER

Le P-DG de Sorepi veut faire de son entreprise de sous-traitance un ensemblier proposant des solutions originales aux industriels de l'électroménager.



François-Xavier Huille, 40 ans, est un Normand doté de l'esprit de décision. Il augmente son capital (en y faisant entrer Siparex, IPO et Cinindev) tout en revendant ses 55 % dans Cottinet (50 millions de francs de chiffre d'affaires, composants pour amortisseurs), la principale société de son groupe, de surcroît en forte croissance. François-Xavier Huille effectue cette double opération pour consacrer tous ses moyens à son ambition : devenir l'un des premiers " équipementiers " de l'électroménager, grâce à Aplifil (composants pour fours) et à Caliste Marquis (pièces en fils d'acier, qui réalisent à eux deux 55 millions de francs de chiffre d'affaires avec 90 personnes. Pour lui, l'électroménager est mûr pour la révolution industrielle qu'a connue l'automobile. " Les fabricants ne pourront plus tout faire, la recherche, le marketing et la production. Il y a une place pour des ensembliers capables d'imaginer des solutions nouvelles. " Il a acquis cette conviction en développant ses activités de sous-traitance dans ce secteur (+ 40 % cette année), pour des industriels comme Seb, Groupe Brandt et Daewoo France. Silhouette juvénile, élégance anglo-saxonne, langage de gestionnaire : François-Xavier Huille a plus l'apparence d'un " partner " de cabinet d'audit que d'un patron d'une PMI du pays d'Ouche. Mais, s'il reconnaît être " atypique " dans son milieu, il n'y met aucune affectation et joue avec application son rôle de notable local (il est vice-président du syndicat de la métallurgie de l'Eure et juge au tribunal de commerce). Tout prédestinait d'ailleurs cet héritier d'une vieille famille industrielle (Caliste Marquis a été créée en 1842) au poste qu'il occupe. Simplement, il n'y est pas parvenu par la voie classique. Fils et petit-fils d'ingénieur, il fait Sciences-Po, en raison d'un " blocage sur les maths ". Après dix-huit mois chez Arthur Andersen, il rejoint l'entreprise familiale, dont il juge sévèrement la stratégie - ou l'absence de stratégie. En 1988, il convainc les dix-sept actionnaires familiaux de lui céder leurs parts. Pour les acheter, puis pour automatiser l'outil industriel, il emprunte, puis rembourse, ce dont il est fier, tout en en concluant que " l'argent n'est pas un problème si l'on sait donner les bonnes informations aux banquiers ". La volonté de François-Xavier Huille de réussir dans l'électroménager prend aussi appui sur le sentiment que l'entreprise a raté le coche dans l'automobile. " On n'a que très rarement l'opportunité de multiplier son chiffre d'affaires par trois ou quatre ", observe-t-il, en précisant que devenir " équipementier " de l'électroménager ne devrait pas exiger la même dimension que dans l'automobile. Pour atteindre son objectif, il renforce ses positions commerciales en France et en Europe et balise le terrain d'une croissance externe. En outre, un responsable de recherche-développement va étoffer sa petite équipe de cadres. " Si j'ai installé un holding (Sorepi) avenue Hoche, à Paris, ce n'est pas une boîte aux lettres ; il m'a permis de recruter des commerciaux qui, face aux clients, sont souvent meilleurs que moi ", commente-t-il. Lui-même se définit d'abord comme un homme de réflexion et un gestionnaire. " Pas en chambre ", précise ce passionné de moto (il a fait le Rallye des Pharaons). Mais il aime capitaliser ses expériences. " C'est l'un des avantages qu'il y a à démarrer jeune ", observe-t-il.

USINE NOUVELLE N°2569

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