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Quotidien des Usines

L'épargne salarialefragilisée

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Publié le

En raison de la crise boursière, les rendements de l'épargne salariale s'effondrent. La méfiance des salariés à l'égard de ces dispositifs s'accroît, obligeant les entreprises à faire preuve de pédagogie et à proposer des placements moins risqués

Thomson : - 90 %, Rhodia ou Renault : - 74 %, Peugeot : - 60 % pour ne prendre que quelques exemples. Depuis le début de l'année, dans le sillage d'un CAC 40 en baisse de 40 %, les valeurs industrielles connaissent une dégringolade boursière. Mauvaise pioche pour les salariés qui ont placé une partie de leurs économies dans des plans d'actionnariat salarié et ont vu leur épargne fondre comme neige au soleil. Ou pour ceux qui ont placé leur intéressement ou leur participation dans des outils d'épargne collectifs investis en actions.

Selon l'indice publié par l'Association française de gestion (AFG) et Europerformance, le résultat des FCPE « actions » est de - 25,75 % sur un an à fin septembre 2008 (lire graphique p.49). Certes, sur cinq ans, la progression reste de 24,67 % et les abondements versés par les entreprises permettent parfois de limiter les dégâts. Mais à court terme, la situation n'est pas rose. « C'est la gamelle », résume un salarié de Rho-dia. « On est tous perdants », renchérit Eric Labouré, le délégué syndical CFE-CGC chez STMicroelectronics qui a acheté, en 2000, des actions à 55 euros qui n'en valent plus que 6.

Si les employeurs et les gestionnaires de fonds n'ont pas noté de mouvements de panique, la méfiance s'installe à l'égard d'outils promus avec enthousiasme ces dernières années par les directions d'entreprise.

LA CONSOMMATION PRIVILÉGIÉE

Déjà, dans l'urgence, des opérations d'actionnariat ont été suspendues. A moyen terme, le principal danger est de voir, comme en 2001 après l'éclatement de la bulle internet, les salariés se détourner de ces placements. « Ils vont préférer consommer plutôt que d'effectuer des versements volontaires car ils ont une inquiétude légitime sur leur épargne à moyen terme », confirme Henri Alline, le président du Club de l'épargne salariale.

Un phénomène qui pourrait être accru par le projet gouvernemental sur les « revenus du travail », actuellement en cours d'examen au Parlement, qui permettra de percevoir immédiatement sa participation alors qu'elle était jusqu'alors bloquée pendant cinq ans. Parmi les premières victimes de la tourmente boursière, les Plans d'épargne retraite collectif (Perco) qui commençaient à se développer en vue d'assurer un complément à la retraite du régime général : « La crise sera clairement un inconvénient dans le déploiement de ces nouveaux outils », souligne Antoine Richard, chargé d'études confirmé chez Entreprise & Personnel, une association d'employeurs spécialisée dans les ressources humaines.

Si elles veulent maintenir ces outils, les entreprises vont devoir faire un effort accru de communication. Même si elles délivrent, avec les gestionnaires de fonds, une information sur les différents placements et les risques afférents qui leur permet de s'exonérer de tout risque juridique (lire l'encadré p. 48), le message ne passe pas toujours auprès de salariés qui n'ont pas une culture boursière. « Ces documents demandent une lecture avertie », reprend Antoine Richard.

FAIRE FACE À UNE SITUATION SOCIALE COMPLEXE

La crise va pousser les entreprises et les gestionnaires de fonds à offrir une palette plus large de placements - et de risques. Les fonds socialement responsables ou agréés par le Conseil intersyndical de l'épargne salariale ou les placements garantis devraient progresser. « Le produit que nous venons de lancer, qui garantit en permanence 90 % de la plus haute valeur liquidative atteinte par le fonds, suscite un bel appétit chez les partenaires sociaux et les directions d'entreprise », confirme Pierre Schereck, le responsable marketing de Caam Epargne Entreprise chez Crédit Agricole Asset Management. Déjà, chez Dassault Aviation, 80 % de la participation sont placés sur un compte courant bloqué qui garantit 4,5 % de rendement par an. « Seuls 20 % des placements peuvent être impactés par la chute des actions », note Jean-Baptiste Etcheto, membre CFDT du comité de suivi des FCPE.

En attendant que la sérénité revienne, les employeurs vont devoir, à court terme, gérer une situation sociale complexe. Car ils avaient pris l'habitude, lors des négociations salariales, de mettre en avant les montants versés en intéressement et en participation pour contrebalancer des augmentations de salaire inférieures aux attentes. Un argument d'autant plus difficile à soutenir cette année qu'à la baisse de la Bourse - et de l'épargne déjà versée - s'ajoutera, dans de nombreux cas, une diminution mécanique de la participation en raison des résultats médiocres de nombreux industriels. Ambiance assurée...

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