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L'Usine Aéro

[Projets d'usines] "L’enjeu est d’être compétitif en France", affirme le patron de Safran, Philippe Petitcolin

Olivier James , ,

Publié le

Exclusif Le directeur général de Safran, Philippe Petitcolin, explique pourquoi le numéro deux mondial des équipements aéronautiques compte investir 300 millions d’euros dans deux nouveaux sites en France. Ce qui devrait générer 300 emplois.

[Projets d'usines] L’enjeu est d’être compétitif en France, affirme le patron de Safran, Philippe Petitcolin
Philippe Petitcolin, patron de Safran, était reçu par Bruno Le Maire ce 12 mars.
© Dahmane

L'Usine Nouvelle.- Que s’est-il passé depuis que vous avez fait état de difficultés, le 27 février, pour ouvrir deux nouveaux sites de production en France ?

Philippe Petitcolin.- J’ai reçu beaucoup de propositions, une quinzaine en tout, de la part de différents intervenants politiques représentants des communes, des régions, pour venir installer soit l’une, soit l’autre des deux usines sur leurs territoires respectifs. J’ai reçu l’équivalent d’une offre par jour. Cette quinzaine de propositions n’a rien à voir avec les deux projets initiaux.

Qu'avez-vous expliqué aujourd'hui à Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances?

Je lui ai confirmé que j'avais obtenu ce que je souhaitais pour lancer un campus à Bordeaux spécialisé dans l’impression 3D, au Haillan. Le président de la région, Alain Rousset, m’a envoyé les documents nécessaires pour m’engager. Je l’ai annoncé au ministre qui était ravi. Car ce site qui regroupera de la recherche, du développement et de l’industrialisation représente un investissement compris entre 70 et 80 millions d’euros ainsi que 200 emplois.

Il s’agit de la décision de Safran, plus stratégique qu’économique, de s’installer ou non en France. Pour ce projet, il n’y a pas d’enjeu de rentabilité à moyen ou long termes, pas de problème de compétitivité. Par ailleurs, j’ai accepté la possibilité de créer une convention avec Ford pour reprendre potentiellement entre 30 et 50 personnes de l’usine de Blanquefort, qui effectueraient les formations adéquates.

Le deuxième projet, qui pourrait être localisé selon nos informations en Rhône-Alpes, au niveau du Parc industriel de la Plaine de l'Ain, sur la commune de Saint-Vulbas (Ain), ou bien dans la Vallée de la chimie sur le territoire de la Métropole du Grand Lyon (Rhône), est-il également bien engagé ?

Concernant ce projet, nous sommes encore loin de pouvoir en décider. Mais je veux aller vite, je suis déjà en retard. J’ai demandé au ministre qu’il mette un coup d’accélérateur. Il devrait apporter des réponses concrètes sous 15 jours. Il s’agit là d’une implantation industrielle, qui à terme représente 230 millions d’euros. C’est un gros investissement. Cette usine de production d’éléments carbone pour des freins carbone est quant à elle nécessaire pour des raisons de hausse de capacités. J’ai des points de comparaison internationaux en matière de compétitivité, comme nous avons des usines dans plusieurs pays. Je sais pour ce type de production à quel niveau de prix je dois me positionner pour être compétitif. L’enjeu est de trouver un projet qui me permette d’être compétitif en France. 

Quels sont les blocages que vous avez rencontrés ?

J’ai en face de moi des gens de bonne volonté mais je n’étais pas capable jusqu’au 27 février de bâtir des dossiers susceptibles d’obtenir l’assentiment de mon conseil d’administration. Depuis, il y a eu de la part des deux localités dans lesquelles nous souhaitons réaliser ces deux projets une prise de conscience assez forte de l’urgence à trouver une solution. Les choses ont beaucoup bougé. Je ne viens pas quémander une aide, mais je me dois d’être en mesure de garantir la pérennité d’une usine, comme celle dédié aux pièces carbone, pour au moins vingt ans.

Mais vous n’aurez jamais le niveau de compétitivité de vos usines installées au Maghreb ou au Mexique…

C’est vrai, mais dans le coût d’un produit, vous n’avez pas que la main d’œuvre directe. Pour des usines très automatisées, comme c’est le cas de notre projet lyonnais, le coût de la matière et de fonctionnement sont des variables très importantes dans la compétitivité globale. Je sais pour ce type de production à quel niveau de prix je dois me positionner pour être compétitif. L’enjeu est de trouver un projet qui me permette d’être compétitif en France, autant que dans nos autres sites spécialisés dans les pièces en carbone, aux Etats-Unis, en Malaisie mais aussi à Villeurbanne.

Estimez-vous que les difficultés s’accroissent pour ouvrir des usines en France ?

Ce qui est important, ce n’est pas tant de s’implanter en France que de s’installer et de créer une activité compétitive. Les responsables locaux sont intéressés à créer des emplois industriels et nous sommes bien reçus. Le problème n’est pas là. Mais est-ce que l’ensemble de la collectivité est capable d’offrir des conditions qui nous rendent compétitif ? C’est la vraie question.

Propos recueillis par Olivier James

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