L’énergie, une question plus idéologique que technique chez les candidats

À l’occasion du 13e colloque du syndicat des énergies renouvelables (SER) le 7 février, plusieurs candidats ou leurs représentants ont exposé leurs ambitions en matière d’énergie renouvelables et de politique énergétique.

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L’énergie, une question plus idéologique que technique chez les candidats

Après une journée complète de conférences dans l’amphithéâtre de l’Unesco à Paris, ce mardi 7 février, le SER a invité six candidats à la présidentielle à débattre sur les énergies renouvelables. L’académicien Erik Orsena avait été désigné, pour l’occasion, maître de cérémonie. Il lançait la discussion en déclarant : "La façon dont on produit et distribue l’énergie décrit la société dans laquelle on appartient". Mais difficile de voir quel est ce choix de société proposé par chaque candidat, tant tous se sont inscrit plus ou moins dans la même démarche.

Ce non-débat tenait plus de la prise de position idéologique de chacun que de réelles ambitions s’appuyant sur l’exemple et la connaissance technique. Ainsi, les énergies renouvelables, encensées par tous les candidats, ont été considérées comme un tout sans différencier les différentes technologies et leur pertinence. Sur le sujet de l’atome, on peut noter que tous ont milité pour une réduction de sa part dans le mix énergétique suivant un éventail de possibilité. L’UMP vise 60 % en 2050 tandis qu’EELV annonce une sortie à court terme sur 20 ans. Au cours des discussions, on peut regretter, ou s’étonner, que les notions de réseaux, d’intermittences des énergies renouvelables, de stockage ou de gaz naturel n’aient jamais été abordées, ou seulement de manière très périphérique par un ou deux candidats…

A chacun ses propositions

La seule empoignade a eu lieu entre la représentante de François Hollande, Marie Hélène Aubert, et celle du possible candidat Nicolas Sarkozy, Chantal Jouano. La première accusait l’UMP d’avoir entravé l’émergence des énergies renouvelables par des cadres législatifs instables, en particulier pour le photovoltaïque et l’éolien à terre. La représentante UMP y répondait par le fait que jamais autant n’avait été fait pour ces énergies que depuis ces cinq dernières années. Un argument avancé à plusieurs reprises par le Syndicat des énergies renouvelables, même s’il invite à accentuer encore cet effort. C’est au final sur des questions de financement de la transition énergétique et des projets d’énergies renouvelables que les propositions les plus intéressantes ont été entendues. Tour d’horizon de quelques propositions :

Marie-Hélène Aubert, représentante de François Hollande, candidat PS
François Hollande vise un renforcement des prérogatives des collectivités locales et la prise en compte des contextes régionaux pour l’énergie. "Il faut restaurer la confiance grâce à un cadre réglementaire clair malgré les vicissitudes imposées par le dernier gouvernement", explique Marie-Hélène Aubert, faisant référence au moratoire sur la filière photovoltaïque de début 2011. Le financement des projets d’énergies renouvelables sera entre autres assurés par la banque publique d’investissement, proposée par le candidat PS.

Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie – Les Verts
"L’Etat centralisé, Jacobin, empêche d’avoir un débat censé sur le nucléaire", juge la candidate. Or les énergies renouvelables sont une question à traiter par les territoires. Ces programmes doivent être acceptés et financés par les citoyens à travers l’investissement direct dans des projets locaux ou en investissant dans un livret vert.

Yann Wherling, représentant de François Bayrou, candidat du Modem
La première nécessité serait de faire changer les consciences pour arrêter de penser que l’énergie est bon marché. Elle sera de plus en plus chère quelle que soit la solution choisie. Le candidat Bayrou souhaite débrider la législation qui entoure les énergies renouvelables, qu’il juge nécessaires à l’indépendance du pays. En matière de financement, le Modem se dit intéressé par le mécanisme des certificats d’énergie.

Corinne Lepage, Candidate de Cap 21
Corinne Lepage annonce le passage d’une société pétrolière avec un appendice nucléaire à une société basée sur les énergies renouvelables. Le financement de cette transition serait assuré par le programme "Soleil". Il s’agit d’un fonds d’investissement de 300 milliards sur 30 ans. Il serait alimenté par la rente nucléaire, par la fiscalité sur les hydrocarbures, par les quotas de CO2 et par un livret bancaire.

Michel Agostini, représentant de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche
L’accès à l’énergie est un droit fondamental car il initie tous les autres droits du citoyen (école, santé…). Le Front de gauche affirme qu’il faut arrêter de parler des "caisses vides de l’État" et reprendre la main sur les finances. Le parti invite entre autres à la création d’un pôle public bancaire pour financer, entre autres, les filières renouvelables. Par ailleurs, il veut utiliser la méthode de la "planification écologique", qui sort l’énergie des logiques de marchés, et s’appuie sur des temps longs. Par ailleurs, il appelle à mettre en place un nouveau "plan Mesmer" (ndr : plan à l’origine du programme nucléaire) en faveur de la sobriété énergétique.

Chantal Jouano, représentante de l’UMP
Dans la foulée du Grenelle de l'environnement, l’UMP mise sur un outil de production décarbonné misant sur le nucléaire et les énergies renouvelables. Pour financer ces dernières, le parti imagine un financement à l’échelle européenne reposant sur la taxe carbone. Enfin, l’ancienne ministre, aujourd’hui sénatrice de Paris, lance la piste d’un EADS des énergies renouvelables.

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