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L'Usine de l'Energie

L’énergie au service de la performance

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Les industriels devront désormais auditer leur consommation d’énergie. Un virage qui donne de l’élan à l’efficacité énergétique.

L’énergie au service de la performance

Et si l’industrie s’emparait de l’efficacité énergétique en 2015 ? Certes, les industriels ont déjà réduit leur intensité énergétique de 11,1 % entre?2001 et?2012, essentiellement en améliorant leurs processus technologiques (à 87 %), selon le Commissariat général au développement durable. Mais l’industrie représente encore un vaste gisement d’économie d’énergie. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime qu’une réduction de 20 % de son intensité énergétique est possible d’ici à 2030. Volontairement ou sous la contrainte, les industriels pourraient passer à la vitesse supérieure dès cette année. « Nous sommes dans une?phase charnière, estime Sylvie?Padilla, chef du service entreprises et?écotechnologies de l’Ademe. Beaucoup d’outils commencent à?trouver leur cohérence et à être reconnus. »

L’obligation d’audit, instaurée par décret fin?2014, est l’un?d’entre eux. Environ 5 000?ETI et grandes entreprises devront réaliser un?premier audit énergétique de leurs sites avant la fin?de l’année. Sous peine d’une?pénalité allant jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires. « Le caractère obligatoire de?l’audit, quasiment une?première dans l’efficacité énergétique, vient s’ajouter aux dispositifs incitatifs. C’est?une?première brique importante pour un?engagement sur le long terme », analyse Sylvie?Padilla. Côté industriel, François?Létissier, le directeur R & D du groupe Bonduelle, juge « que l’on passe d’une?logique d’incitation à une?logique de pénalisation. Je?crois que la rupture, elle est là. Auparavant, investir dans l’efficacité énergétique était une?démarche volontaire pour réduire les coûts. Désormais, ce sera aussi pour éviter des surcoûts liés à des pénalités ».

Une généralisation des bonnes pratiques

Autre virage en cours, l’approche de l’efficacité énergétique devient plus systématique. « Une?étape a été franchie par les groupes industriels. Ils ont déjà réalisé de petites actions isolées. L’heure est aux projets multisites et à la généralisation des bonnes pratiques », témoigne Denis?Lelièvre, le responsable du développement de l’activité Energy management system de Delta Dore. Une tendance qui va de pair avec la?multiplication des « responsables énergie » et le décollage de la norme Iso?50001 (système de management de l’énergie). Les industriels y viennent souvent par opportunisme, pour profiter de la bonification des subventions CEE. Et finissent par se convertir à l’amélioration continue de?la performance énergétique.

Interxion France, constructeur et opérateur de centres de données, travaillait depuis longtemps sur l’efficacité énergétique de ses sites, véritables usines électriques. Son président, Fabrice Coquio, se félicite de sa récente certification : « C’est une norme fondamentale, un outil structurant. Elle nous a?aussi permis de valider notre démarche. » Définir une?politique énergétique, recenser les améliorations potentielles, élaborer un plan d’actions, agir, évaluer les résultats… « Cette approche systématique de l’efficacité énergétique est ce qui différencie les “best in class” des autres », constate Jean-Pierre?Riche, le PDG du cabinet Okavango?Energy. C’est une méthode qui parle aux industriels, engagés dans la même démarche pour la qualité. Un point crucial pour intégrer l’énergie à leur gestion. « L’idée, résume Sylvie?Padilla, c’est que l’énergie entre dans le pilotage de l’entreprise et ne soit pas considérée comme un problème externe. C’est la technique de l’infiltration ! » À cet égard, les méthodes qui piochent dans la boîte à outils de la productivité industrielle, comme le lean manufacturing, sont précieuses. Elles capitalisent sur le savoir-faire industriel pour agir sur la performance énergétique et, de fait, sur la productivité.

Une démarche peu gourmande en capital

« La recherche de la productivité est trop souvent focalisée sur la main-d’œuvre, alors que travailler sur l’énergie peut être plus fructueux », relève François?Létissier, de Bonduelle, pour qui l’énergie représente de 3 à 8 % de ses coûts. Le groupe travaille sur des innovations de rupture pour ses process mais, selon son directeur R & D, « là où il y a le plus de marge de progression, c’est dans le pilotage au quotidien des lignes de production. Ce n’est alors plus l’expert maintenance ou énergie qui agit, mais l’opérateur de la ligne qui surveille l’énergie comme ses autres indicateurs ». Reste qu’intégrer cet indicateur peut être complexe quand les usines peinent déjà à suivre des marchés toujours plus mouvants.

Changer de produits ou passer en sous-régime est souvent synonyme de surconsommation. « Combiner performance énergétique et flexibilité est un enjeu d’innovation », pointe Sylvie?Padilla de l’Ademe. Pour Michel?Dancette, le directeur innovation et prospective de Fives, l’usine du futur dopée au numérique permettra cette alliance. D’ores et déjà, nombre d’industriels s’attachent à rendre leur consommation d’énergie plus flexible. À grands coups d’instrumentation, de logiciels prédictifs et d’outils de supervision, ils se préparent au smart grid et aux tarifications dynamiques de l’électricité qui succéderont aux tarifs réglementés en 2016.

Jouer sur l’exploitation et la flexibilité de sa consommation est une démarche féconde qui a aussi l’avantage d’être peu gourmande en capital. Pour aller au-delà et renouveler le?parc de machines vieillissant du pays, il faudra investir. Là, l’efficacité énergétique n’est pas suffisante. Le coût encore bas de l’électricité est un frein, tout comme le prix des équipements les plus performants. Le programme 5E (Efficacité énergétique et empreinte environnementale des entreprises) de la Caisse des dépôts prévoit d’investir 600?millions d’euros sur cinq?ans dans des têtes de série pour amorcer une production à grande échelle d’équipements sobres en énergie. Reste que, comme le rappelle Sylvie?Padilla, « les investissements ne servent pas à faire de l’efficacité énergétique, ils servent à?produire ». L’efficacité énergétique pourrait trouver un?nouvel essor avec le renouveau industriel. À condition de s’intégrer dès cette année dans le pilotage de l’entreprise.?

L’industrie, un gisement d’économie d’énergie


Troisième consommateur d’énergie en France après le bâtiment et le transport, l’industrie dispose d’un vaste potentiel d’économies d’énergie synonyme de gain de productivité. Selon le Ceren, 43 % des consommations transverses (moteurs, air comprimé, froid…) pourraient être évités, pour la moitié avec des surinvestissements amortis en moins de trois ans.

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