L'emploi aux USA et la BCE donnent un coup de fouet aux actions

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en hausse jeudi et Wall Street a inscrit des records, profitant d'un regain d'appétit pour le risque favorisé par les annonces de la Banque centrale européenne, par une baisse plus marquée qu'attendu des inscriptions au chômage aux Etats-Unis et par la progression des cours du pétrole, trois facteurs venus s'ajouter au reflux des rendements obligataires et à l'adoption du méga-plan de relance américain.

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L'emploi aux USA et la BCE donnent un coup de fouet aux actions
Les Bourses européennes ont terminé en hausse jeudi. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,72%, sa meilleure clôture depuis le 21 février 2020. A Londres, le FTSE 100 a pris 0,12% et à Francfort, le Dax a progressé de 0,2%. /Photo d'archives/REUTERS/Toby Melville

À Paris, le CAC 40 a gagné 0,72% (43,21 points) à 6.033,76 points, sa meilleure clôture depuis le 21 février 2020.

A Londres, le FTSE 100 a pris 0,12% et à Francfort, le Dax a progressé de 0,2%.

L'indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,67%, le FTSEurofirst 300 de 0,47% et le Stoxx 600 de 0,49%.

Ce dernier est désormais à moins de 2,5% de son plus haut historique du 19 février de l'an dernier (433,90 points).

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street amplifiait sa progression: le Dow Jones et le Standard & Poor's 500 s'adjugeant respectivement 1,06% et 1,47% après avoir inscrit chacun un record tandis que le Nasdaq Composite prenait 2,45%.

Déjà ravivé par le ralentissement de l'inflation américaine et la rechute des rendements des emprunts d'Etat mercredi, le regain d'appétit pour le risque s'appuie sur l'annonce d'une baisse des demandes initiales d'indemnisation chômage aux Etats-Unis à 712.000 la semaine dernière, leur plus bas niveau depuis quatre mois.

En Europe, la BCE a soulagé les investisseurs en annonçant une accélération des achats d'actifs réalisés dans le cadre de son "programme d'achats d'urgence face à la pandémie" (PEPP), même si le montant de celui-ci reste inchangé à 1.850 milliards d'euros.

Cette décision vise à empêcher une hausse des rendements des emprunts d'Etat dans la zone euro que les perspectives de croissance et d'inflation, bien inférieures à celle des Etats-Unis, ne justifient pas aux yeux de beaucoup d'observateurs.

"La BCE rappelle que le vrai risque proviendrait d'une remontée des taux en zone euro sans amélioration de l'environnement macroéconomique", résume ainsi Louis Boisset, économiste zone euro chez BNP Paribas.

VALEURS

La hausse soutenue en Europe a profité en premier lieu aux secteurs cycliques susceptibles de profiter de la reprise économique et aux technologiques pénalisées ces dernières semaines par la hausse des rendements obligataires: l'indice Stoxx du transport et des loisirs a gagné 2,53%, celui des hautes technologies 2,35%.

Quatre des grands indices sectoriels européens Stoxx ont inscrit de nouveaux plus hauts historiques: celui de la distribution (+1,14%), celui des biens de consommation non contrainte (+0,85%), celui de la construction (+0,57%) et celui de l'industrie 1,04%.

A l'opposé, le compartiment des banques a souffert de la baisse des rendements: son indice Stoxx a perdu 1,55% et à Paris, Société générale (-2,51%), Crédit agricole (-2,05%) et BNP Paribas (-0,83%) figurent parmi les reculs les plus marqués du CAC 40.

EDF s'est en revanche distingué à la hausse avec un bond de 10,92% après les informations de Reuters, confirmées en cours de séance, concernant les progrès des discussions en cours entre Paris et Bruxelles sur la réforme du nucléaire et la réorganisation du groupe.

CHANGES

Le dollar se dirige vers sa troisième séance consécutive de baisse face aux autres grandes devises, un mouvement que favorisent le reflux des rendements des Treasuries et le regain d'intérêt des cambistes pour les devises plus risquées.

L'indice qui mesure ses fluctuations face à un panier de référence recule de 0,29% et l'euro remonte au-dessus de 1,1970, en hausse de 0,39% sur la journée.

TAUX

Les annonces de la BCE ont logiquement accéléré le recul des rendements des emprunts d'Etat de la zone euro, déjà favorisé auparavant par la détente observée sur le marché obligataire américain.

Celui du Bund allemand à dix ans < DE10YT=RTR> a fini la journée à -0,331%, en baisse de deux points de base, après être tombé à -0,367%, au plus bas depuis trois semaines, juste après la publication du communiqué du Conseil des gouverneurs.

Sur le marché américain, le rendement à dix ans est reparti à la hausse après les chiffres des demandes d'allocations chômage et s'affichait à 1,5335% au moment de la clôture européenne. Il restait néanmoins plus de neuf points en dessous de son pic de vendredi dernier.

Le marché surveillera plus tard dans la journée le déroulement d'une adjudication à 30 ans du Trésor.

PÉTROLE

Le marché pétrolier continue de profiter du repli du dollar dans le sillage des rendements obligataires et de l'amélioration des perspectives économiques, aux Etats-Unis notamment.

Le Brent gagne 2,19% à 69,39 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 1,99% à 65,72 dollars.

L'annonce d'une forte diminution des stocks de produits raffinés aux Etats-Unis, conséquence de la récente vague de froid sur le sud du pays, assure aussi un soutien aux cours, notent des analystes.

(Marc Angrand)

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