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L'Usine Auto

L’empire Volkswagen survole le "dieselgate"

Julie Thoin-Bousquié , , , ,

Publié le

Deux ans après le début du scandale des moteurs diesel truqués, le groupe Volkswagen affiche d'excellents résultats. De quoi permettre à l’entreprise d’accélérer sur l’électrification de ses gammes.

L’empire Volkswagen survole le dieselgate
Le groupe Volkswagen poursuit son offensive dans l'électrique.
© Volkswagen

C’est tout le paradoxe de cette affaire. Deux ans après le début du "dieselgate", le fameux scandale des moteurs diesel truqués, le groupe Volkswagen affiche une santé éclatante. A l’annonce des résultats financiers mardi 13 mars, le directeur général a confirmé que cette crise avait surtout eu la vertu de pousser l’entreprise aux treize marques à effectuer les virages nécessaires... pour assurer sa prospérité. "Nous avons probablement connu [en 2015, ndlr] le plus sérieux revers jamais vécu par l’entreprise jusqu’alors", a reconnu Matthias Müller devant un parterre de journalistes et analystes réunis à Berlin (Allemagne). "Mais cette crise a également eu un effet de catalyse, en rendant des changements impensables, ou du moins impossibles à implémenter autrefois, désormais possibles", a-t-il ajouté, dans un discours se voulant plein d’humilité.

Les résultats 2017 témoignent de la capacité du groupe allemand à absorber le choc. Malgré les 25 milliards de dollars (autour de 20,3 milliards d’euros) déjà consacrés à éponger le "dieselgate" aux Etats-Unis, l’entreprise a enregistré l’an passé un chiffre d’affaires global en hausse de 6,2%, à 230,7 milliards d’euros. Les effets du scandale (qui représentent l’essentiel des "éléments exceptionnels" enregistrés en 2017) ont pesé à hauteur de 3,2 milliards au cours de l’année écoulée. Pour autant, le groupe Volkswagen affiche un résultat opérationnel "jamais atteint", relève son directeur financier, Frank Witter. Le chiffre atteint 13,8 milliards d’euros, presque le double de celui enregistré en 2016. Au total, la marge opérationnelle des treize marques atteint 6% du chiffre d’affaires total, contre 3,3% l’année précédente. A titre de comparaison, Renault ou PSA affichent respectivement une marge de 6,6% du chiffre d’affaires pour le premier en 2017 et 7,3% pour le second, hors Opel et Vauxhall.

Progression en Amérique du Nord

L’année dernière, 10,742 millions (+4,3% par rapport à 2016) de Volkswagen, Audi ou Porsche ont été écoulés à travers le monde, faisant du groupe le premier vendeur d’automobiles de la planète. Et ce, en coiffant d’une courte tête l’Alliance Renault-Nissan, et ses 10,6 millions d’unités vendues l’an passé. A moins que cela ne soit l’inverse… Quoi qu’il en soit, l’entreprise a enregistré des progressions sur ses régions stratégiques. En Europe, les ventes ont cru de 3,3% en 2017, tandis qu’elles grimpaient de 5,1% en Asie.

Mais surtout, le groupe Volkswagen a connu une progression de 4% en Amérique du Nord. La région de départ du "dieselgate" a absorbé un peu plus de 976 000 unités produites par le fabricant allemand. Volkswagen a manifestement réussi à reconstruire la confiance auprès de ses clients américains, un temps déçus. "Nous connaissons une tendance à la hausse claire en Amérique du Nord. Le groupe a surperformé le marché dans la région", s’est d’ailleurs félicité Matthias Müller.

Travail sur l'efficience

La hausse des ventes par marque et par région n’explique toutefois pas tout. Dans le sillage du "dieselgate", le groupe Volkswagen s’est attaqué à un certain nombre de chantiers. Le groupe travaille notamment sur l’amélioration de son efficience globale. Cela passe par exemple par l’amélioration des synergies entre les marques. "La collaboration entre Audi et Porsche sur la mise en place de la plateforme destinée aux véhicules électriques premium est un exemple", a relevé Matthias Müller le 13 mars. Grâce à cette mise en commun, le constructeur attend un gain d’efficience autour de 30%.

Il s’agit également de réduire les coûts pour le groupe, en particulier au sein de sa marque éponyme, qui assure un tiers des ventes à l’échelle du groupe. Depuis novembre 2016, un "pacte d’avenir" a été lancé visant à réaliser 3,7 milliards d’euros d’économies à horizon 2020. A l'occasion de la présentation des résultats de la marque mercredi 14 mars, le patron de Volkswagen, Herbert Diess, a annoncé avoir déjà obtenu "2 milliards d'euros de gains". Le plan comprend également la disparition de 30 000 emplois dédiés à la marque Volkswagen, en grande majorité en Allemagne (23 000 postes concernés), mais également en Amérique du Nord et au Brésil. Pour y parvenir, la marque privilégie les départs volontaires et la réduction des postes à temps partiel.

Des marges en hausse

De quoi permettre de relever la marge opérationnelle de la marque à 4% à horizon 2020, tel que prévu dans le "pacte d'avenir". Dans le cadre du plan "Transform 2025", la marque veut atteindre une marge de 6% à échéance 2025. De fait, la marque a déjà largement progressé, puisque la marge opérationnelle en 2017 a représenté 4,1% du chiffre d’affaires, alors qu’il plafonnait encore à 1,8% en 2016. Elle reste toutefois encore loin de ses autres marques du groupe. Audi affiche ainsi une marge de 8,4%, Skoda 9,7% (+1 point par rapport à 2016) et Porsche peut se targuer d’un résultat opérationnel lunaire de 18,5% du chiffre d’affaires, en progression de 0,5 point par rapport à l’année précédente. Mais le mouvement semble enclenché au sein de la marque Volkswagen.

Electrification massive

Autant de bonnes performances qui permettent au groupe de poursuivre sa démarche d’électrification massive des gammes. D’ici 2030, Volkswagen veut proposer une déclinaison électrifiée de chacun de ses 300 modèles dans l’ensemble de ses marques, en vertu des objectifs fixés dans sa feuille de route "Roadmap E". Pour ce faire, l’entreprise a l’intention de convertir seize usines à l’électrique à horizon 2022. L’Allemagne se trouvera au centre du dispositif, avec six sites capables de produire des véhicules électrifiés à l’échéance fixée. L’usine de Chattanooga (Tennessee) aux Etats-Unis devrait également se mettre à la production d’électrique, tandis que pas moins de cinq manufactures devraient permettre d’absorber la demande bondissante en Chine.  

Cette année, neuf nouveaux modèles, dont trois 100% électriques, devraient faire leur apparition sur le marché. Parmi eux, le premier véhicule électrique d’Audi, baptisé e-tron et doté d’une autonomie annoncée de 500 kilomètres. La Porsche Mission-e et le premier véhicule issu de la gamme Volkswagen I.D. suivront en 2019. "Nous voulons fournir la plus large flotte de véhicules électriques au monde", a martelé Matthias Müller. Le groupe a en outre conclu des partenariats avec des fournisseurs de batteries en Europe et en Chine afin d’assurer ses besoins, pour une enveloppe totale équivalente à 20 milliards d’euros.

En parallèle, Volkswagen consacrera en 2018 la même somme à l’amélioration des solutions conventionnelles. "Je reste convaincu que le diesel connaîtra une renaissance", a insisté le directeur général du groupe Volkswagen. Le sort de cette motorisation reste pourtant incertain, au regard de la chute vertigineuse de la demande en Europe. En France, la part des voitures neuves particulières roulant au diesel n’a totalisé que 47% des ventes en 2017.

 

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