L'Usine Aéro

L'Elon Musk de l'aéronautique civile se fait toujours attendre

Olivier James , ,

Publié le

La tonitruante révolution digitale est-elle en train de réveiller le secteur aéronautique ? Pas assez, assure le cabinet Roland Berger. Le risque : que de nouveaux entrants agressifs s’engouffrent dans la brèche.

L'Elon Musk de l'aéronautique civile se fait toujours attendre
Elon Musk

Ils doivent encore s’en mordre les doigts. Dans le courant des années 2000, des dirigeants d’Airbus Group, alors EADS, accueillent une équipe d’américains enthousiastes. Au menu ? Un projet capable de révolutionner le modèle économique de l’industrie spatiale. Mais ils repartent chez eux sans qu’aucune collaboration ne voit jamais le jour. Un ratage historique car parmi eux se trouvait un certain Elon Musk, à l'origine de SpaceX, de Tesla, de Paypal. La suite fait déjà partie de la légende industrielle qui vit en quelques années s’effriter les fondations d’un secteur persuadé de ne pas avoir à redouter les ambitions d’un franc-tireur audacieux.

L’anecdote, rapportée par un ancien ponte du groupe, va-t-elle se répéter dans l’aviation commerciale ? La lecture d’une étude publiée début juin par Roland Berger le laisse présager. Selon le cabinet, 98% des top managers interrogés assurent que le numérique aura un impact important sur le secteur. Mais 51% d’entre eux le situe uniquement dans la production. "Ils attendent de la digitalisation des réductions de coûts, plus qu’un changement de modèle économique ou un nouveau relais de croissance", résume Massi Begous, associé chez Roland Berger.

L'aéro ne turbine pas encore à l'air numérique

Les commentaires assénés dans  cette étude ne laissent pas d’inquiéter : "nous observons un certain manque d’imagination dans une partie de cette industrie", "de nombreux cadres ne vont pas assez loin", "ils se sentent bien protégés par les importants carnets de commandes et les barrières à l'entrée".

La conclusion est aussi concise que menaçante : "nous pensons que le secteur sera challengé par de nouveaux acteurs agressifs". Le nez dans la production, ces industriels pourraient rater la prochaine révolution. Certes le numérique aide à rendre la production plus compétitive. Mais pas seulement : pour accélérer les processus de développement, se rapprocher de ses clients, développer de nouveaux services ou pour innover sur le terrain commercial, le numérique se pose en outil incontournable.

Les motoristes, tels que Safran, Rolls-Royce et General Electric, sont engagés de longue date sur ce chemin via les contrats à l'heure de vol et la maintenance de plus en plus prédictive. Airbus et Boeing commencent à suivre, avec en ligne de mire le développement des services et la volonté de se rapprocher des passagers. Mais est-ce suffisant ? Quid de leur supply chain ? Pour le moment, l’édifice aéronautique semble inébranlable. Nul n’est encore venu remettre en cause l’ordre établi. Pourtant, un trublion a annoncé début 2016 sa volonté de produire un avion à décollage vertical. Son nom? Elon Musk. La menace peut sembler lointaine. Jusqu'au jour où.

Olivier James

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