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L'Usine Agro

L'Egypte tergiverse encore sur la qualité du blé importé

Franck Stassi , , ,

Publié le , mis à jour le 24/06/2016 À 14H30

Après six mois d’atermoiements sur l’autorisation, ou non, de la présence de traces d’ergot dans les lots de blé qu’elle importe, l’Egypte a décidé de se rallier à la norme en vigueur dans le secteur. Elle se heurtait à de nombreuses difficultés d’approvisionnement. Mais le décret prévu pour revenir à la norme internationale est suspendu par une décision judiciaire en cours.

L'Egypte tergiverse encore sur la qualité du blé importé © D.R.

L’Egypte devrait finalement se rallier à la norme qui tolère 0,05% d’ergot par lot pour ses livraisons de blé, affirme Bloomberg. Ce seuil, recommandé par  l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), était utilisé jusqu’en janvier dernier par le GASC (General authority for supply commodities), l’organisme égyptien en charge des achats de céréales, avant que celui-ci ne décide de faire barrage à tout lot infecté. Les autorités égyptiennes travailleront avec la FAO sur les enjeux de la présence d’ergot dans les lots.

Mais le décret imposant le retour à la norme internationale, attendu le 22 juin, est finalement suspendu à la levée d'une décision du procureur-général interdiant l'entrée de lots infectés dans le pays.

Ces derniers mois, le premier importateur mondial de blé a multiplié les allers-retours sur la qualité sanitaire de ses approvisionnements, autorisant, ou non, par périodes, la présence d’ergot dans les lots, et se heurtant à des difficultés avec les industriels, aussi bien dans ses appels d’offres que de manière contractuelle. Le géant de l'agribusiness Bunge avait ainsi fait part, en février dernier, de sa volonté d’assigner le gouvernement égyptien en justice après le refus du déchargement d’un cargo de blé français en décembre 2015, date du début de l’affaire.

De nombreux coûts supplémentaires

D’après le département américain de l’Agriculture, l’Egypte aurait dû dépenser jusqu'à 100 millions de dollars pour financer ses inspections et échantillonnages inhabituels pour des importations de blé, couplés à des exigences "onéreuses" dans ses appels d’offres. Au total, la politique agricole "peu orthodoxe" de l’Egypte aurait pu lui coûter jusqu’à 860 millions de dollars.

Le durcissement des contraintes liées aux ravageurs et aux mauvaises herbes dans ses appels d’offres ainsi que de nombreux coûts "inutiles" renchérissent la facture des importations. D’autres céréales et oléagineux, tel le soja, sont également concernés.

En mars 2016, le directeur du bureau de la quarantaine au ministère égyptien de l’Agriculture a été brusquement débarqué, remplacé par le porte-parole du ministre. Cette fois-ci, le premier ministre Chérif Ismaïl est intervenu en personne pour siffler la fin de la partie.

Les récentes difficultés climatiques rencontrées dans certains pays exportateurs – dont la France – favorisent par ailleurs le développement de maladies, ce qui rendait la position du GASC intenable. L’enjeu est de taille : le pain constitue l’aliment de base des égyptiens. Il fait l’objet d’une politique de subventionnement et de distribution contrôlée.

Franck Stassi

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