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L'Usine Matières premières

L'Egypte fait marche arrière sur les importations de blé sans ergot

Franck Stassi , ,

Publié le , mis à jour le 10/02/2016 À 17H13

Confrontée aux échecs constatés sur ses appels d'offres, l'Egypte accepte de nouveau les livraisons de blé contenant des traces d'ergot, selon les normes fixées par la FAO et jusqu'alors tolérées par le premier importateur mondial.

L’Egypte accepte de nouveau les livraisons de blé contenant de l’ergot. "Nous confirmons que nous ne changeons rien dans les spécifications égyptiennes et que celles-ci sont en ligne avec les normes mondiales", a indiqué lundi 7 février son ministre des Approvisionnements, Khaled Hanafi, lors d’un point presse. Cette décision, annoncée dès la semaine dernière, doit permettre au premier importateur mondial de blé (11,5 millions de tonnes prévues pour la campagne 2015-16, soit 7,1 % du marché) de fluidifier ses achats, après plusieurs semaines de tensions.

Dans son Codex Alimentarius, destiné à élaborer des standards internationaux, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) fixe une limite de 0,05% d’ergot par lot. Le GASC (General authority for supply commodities), l’organisme égyptien en charge des achats de céréales, utilisait jusqu’alors cette référence… jusqu’à ce que la situation change, sans crier gare. En janvier, les inspecteurs sanitaires égyptiens ont empêché le déchargement de trois cargos remplis de blé – deux en provenance de France, un du Canada – au motif que les lots contenaient de l’ergot.

De l'impossibilité du "zéro ergot"

"Pas un seul grain infecté par l'ergot n'est entré ou n'entrera en Egypte. Pourquoi devrions-nous introduire une maladie en Egypte, ce qui endommagerait l'agriculture égyptienne lorsque le vent disperse les grains infectés ?", s’interrogeait, le 2 février dans le Financial Times, le porte-parole du ministère de l’Agriculture, Eid Hawash.  "Si on arrive à ce “zéro ergot”, il y aura un amenuisement des offres faites à l’Égypte, du fait du risque financier de se voir rejeter un bateau", expliquait pour sa part, fin janvier, à L’Usine Nouvelle, Caroline Bitton, consultante chez Agritel. Il est impossible de parvenir à cette absence totale d’ergot, assurent les chercheurs.

Les fournisseurs ne s’y sont pas trompés. L’Egypte a dû annuler, deux fois en une semaine, un appel d’offres sur le blé, faute d’offres satisfaisantes. Compte tenu de l’importance du marché pour ses fournisseurs, dont la France, les prix ont chuté dès lors que les risques liés à ce débouché ont été connus.

Un enjeu politique

Même si Khaled Hanafi assure que l’Egypte détient suffisamment de stocks (4,7 millions de tonnes de blé au 27 janvier) pour tenir jusqu’à la deuxième semaine de mai, le pays ne peut pas se permettre de faire la fine bouche trop longtemps. Le blé y revêt un enjeu politique majeur, le pain figurant parmi les aliments de base de la population. Il est de ce fait subventionné et sa distribution contrôlée. Compte tenu de la surproduction de blé à l’échelle mondiale, l’Egypte bénéficie actuellement de prix bas : le contexte ne se prête guère à un conflit commercial.

Franck Stassi

Bunge assigne le gouvernement égyptien en justice

Le géant de l’agribusiness Bunge a annoncé, mardi 9 février, avoir lancé une action en justice contre le gouvernement égyptien suite au refus du déchargement d’un cargo de blé français, en décembre, au motif que les lots visés contenaient de l’ergot. "Les certificats de qualité - signés par un inspecteur désigné et nommé par le GASC - sont complètement conformes aux modalités d'appel d'offres qui permettent un maximum de 0,05% d'ergot", argumente un porte-parole de l’entreprise américaine dans le Wall Street Journal.

Malgré les déclarations des autorités égyptiennes visant à rassurer les professionnels de la filière, "le marché du blé continue d'évoluer dans la crainte de la fermeture du débouché égyptien, alors que les exports dans les prochains mois seront déterminants", constate le cabinet de conseil français Offre et demande agricole. Ce mercredi 10 février, les cours sont toujours orientés à la baisse.

 

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