L’efficacité de la politique BCE, conditionnée à l’appétit d’investissement des entreprises

Les mesures annoncées par la Banque centrale européenne visent à garantir la reprise économique, en s’assurant que l’économie réelle dispose des crédits nécessaires pour investir. Encore faut-il que les entreprises aient suffisamment confiance dans l’avenir pour profiter de ces liquidités.

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L’efficacité de la politique BCE, conditionnée à l’appétit d’investissement des entreprises

L’infléchissement de la stratégie monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) était attendu depuis plusieurs semaines. Mario Draghi avait plusieurs fois signalé qu’il surveillait le faible niveau de l’inflation et, sans le dire, le niveau trop élevé de l’euro. Mais la palette de mesures qu’il a annoncées le 5 juin 2014 a surpris par son ampleur.

Réduction du taux de refinancement à 0,15 %, passage en négatif du taux de dépôt à -0,10 %, jusqu’à 400 milliards d’euros de liquidités à disposition des banques, accélération des travaux préparatoires aux rachats de produits titrisés… Le tout, avec pour ambition affichée de faire repartir la croissance européenne.

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Parmi les mesures annoncées par le président de la BCE, certaines visent directement à favoriser l’investissement des entreprises. Le taux négatif pour les facilités de dépôts des banques européennes doit ainsi inciter les établissements financiers à injecter leurs liquidités dans l’économie réelle, auprès des ménages ou des entreprises, plutôt que de les mettre à l’abri à la banque centrale. A partir du 11 juin 2014, date d’entrée en vigueur des mesures de la BCE, remonter leurs liquidités auprès de la banque centrale leur coûtera de l’argent.

400 milliards d’euros de liquidités supplémentaires

Mais c’est surtout l’injection massive d’argent dans l’économie qui doit permettre de consolider la reprise européenne. Les banques pourront se refinancer à hauteur de 7% de leur encours de crédit aux entreprises et aux particuliers, à l’exclusion des prêts immobiliers, à échéance 2018. Soit un montant potentiel de près de 400 milliards d’euros. Avec, toutefois, une contrepartie : les établissements bancaires devront s’engager à utiliser ces facilités pour financer des prêts aux entreprises.

Enfin, la BCE prévoit de racheter des produits titrisés mis en place par les banques de la zone euro. Il s’agit de véhicules financiers dans lesquels les banques placent des crédits octroyés aux entreprises et qu’elles revendent ensuite à des investisseurs. En se positionnant comme un acquéreur potentiel de ces produits, la BCE permet d’offrir un débouché à ce marché et de rouvrir le marché de la titrisation, en berne depuis la crise des subprimes.

Surtout, en rachetant ces produits titrisés, la BCE prend à son compte le risque inhérent aux crédits aux entreprises. Et libère les banques commerciales d’un fardeau particulièrement lourd du fait des nouvelles normes prudentielles de Bâle III.

L’effet sur l’économie ne sera toutefois pas immédiat. Mario Draghi prévoit qu’il se fera ressentir plutôt en 2015. Cet effet sur la croissance est en réalité conditionné à l’appétit des entreprises pour les projets d’investissement. C’est sans doute ce qui conditionnera l’efficacité des nouvelles mesures de la BCE. Les banques françaises ont multiplié les projets pour inciter les PME à recourir au crédit. Mais, selon les statistiques de la Banque de France, les encours de crédit des PME et ETI ne progressent plus ou très peu depuis 2012. Il faudra donc que les entreprises retrouvent de la confiance dans les perspectives économiques pour que le nouveau plan de Mario Draghi fonctionne.

Arnaud Dumas

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