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L’Ecosse veut profiter de ses réserves pétrolières mais ne pourra le faire sans l’Angleterre

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Un "oui" au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse permettrait au pays de contrôler jusqu’à 90 % de la production d’hydrocarbures du Royaume-Uni. Mais pour en bénéficier, une Ecosse indépendante aura besoin des ressources de l’Angleterre. 

L’Ecosse veut profiter de ses réserves pétrolières mais ne pourra le faire sans l’Angleterre © D.R.

A quelques jours du référendum, qui doit se tenir le 18 septembre prochain, le "oui" à l’indépendance de l’Ecosse est en tête des sondages et cela pour la première fois. Au-delà des considérations politiques, l’enjeu est économique et en particulier au sujet de la répartition de la manne pétrolière. Selon les experts, environ 80% à 90% de la production d’hydrocarbures du Royaume-Uni se situe en en fait dans les eaux territoriales écossaises (97% pour le pétrole et 58% pour le gaz) et le cumul des revenus générés (taxes sur la production pétrolière, impôt sur les sociétés pétrolières et licences accordées pour l’exploration) entre 1980 et 2010 se monte à plus de 146 milliards de livres sterling (données de l’Office for National Statistics), d’où le rôle central qu’occupe la question énergétique lorsqu’on parle d’indépendance.

Les revenus du pétrole et du gaz sont estimés à environ 2% du PIB du Royaume-Uni. Selon les calculs des autorités écossaises, ce chiffre passerait à 12% si le pays devenait indépendant. Les indépendantistes voudraient pouvoir gérer et posséder jusqu'à 90% de « leurs » réserves pétrolières en prenant l'exemple de la Norvège (dont la population est aussi de presque cinq millions d'habitants et qui a économisé l'essentiel de ses revenus pétroliers pour l'investir dans le système de retraite national, aujourd'hui premier fonds souverain européen).

Finance, écologie, infrastructures

D'après le SNP (parti national écossais), si l'on trace une ligne vers l'est à partir de la frontière anglo-écossaise, au nord de Berwick, la répartition des eaux territoriales donnerait à l'Ecosse le contrôle de presque toutes les réserves pétrolières et gazières de la mer du Nord. D'après les calculs indépendantistes, le pétrole de la mer du Nord pourrait générer environ 54 milliards de livres sterling sur les cinq prochaines années (toutes réserves comprises, les revenus potentiels du pétrole de la mer du Nord sont estimés à mille milliards de livres sterling).

Cependant, il convient de rappeler que depuis plusieurs années, le pétrole est de plus en plus difficile à extraire ; sa productivité a fortement baissé depuis 2011.  Dans moins de 50 ans, l’Ecosse devrait avoir épuisé ses réserves. Pour optimiser les résultats d'extraction, l'Écosse aura besoin de l'aide (financière, écologique et infrastructurelle) de l’Angleterre. A cela il faut rajouter qu'il y a des licences d'exploitation britanniques à long terme qu'il sera difficile "d'annuler" du jour au lendemain. Si l’Angleterre n’a pas intérêt à perdre les richesses écossaises, les écossais ne peuvent se reposer à long terme sur la seule ressource pétrolière.

Sandrine Cauvin, gérante chez Turgot AM

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1 commentaire

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11/09/2014 - 16h03 -

Ou alors l'Ecosse créer sa propre banque, les autres pourront partir en Angleterre si elles veulent, elles devront de toute façon se décider le jour ou l'Angleterre décidera de quitter l'UE.
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