L'économie américaine a ralenti plus que prévu au 2e trimestre

par Lucia Mutikani

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WASHINGTON (Reuters) - La croissance économique américaine a ralenti au deuxième trimestre, plus fortement que prévu, en raison d'un ralentissement de la consommation et la forte hausse des investissements des entreprises qui a entraîné un bond des produits importés.

Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis, qui mesure la production totale des biens et services à l'intérieur des frontières américaines, a progressé de 2,4% en taux annualisé, selon la première estimation publiée vendredi par le département du Commerce, après être ressorti en hausse de 3,7% de janvier à mars. La précédente estimation donnait une croissance 2,7% pour le premier trimestre.

La croissance préliminaire annoncée pour avril-juin est plus faible que ce qu'anticipaient les analystes interrogés par Reuters. Ils tablaient en moyenne sur une hausse de 2,5% du PIB.

Les dépenses des ménages, traditionnel moteur de la croissance américaine, n'ont augmenté que de 1,6% au cours du deuxième trimestre après une hausse de 1,9% lors des trois premiers mois de l'année au lieu d'un taux de 3% d'abord annoncé. Or, la consommation représente traditionnellement 70% de l'économie américaine.

Malgré ce ralentissement, l'économie américaine affiche un quatrième trimestre consécutif de croissance après avoir traversé la récession la plus sévère de son histoire depuis la Grande dépression.

"C'est ce que nous attendions", a réagi Alan Lancz président d'Alan Lancz & Associates. "Les marchés sont un peu déçus mais dans l'ensemble, ce n'est pas aussi mauvais que ce qu'indiquait la réaction initiale des marchés."

"Il nous reste à savoir s'il s'agit là d'une tendance au ralentissement de la croissance ou d'une poursuite de la dégradation de la confiance", a-t-il poursuivi.

BOND DE L'INVESTISSEMENT DES ENTREPRISES

Reste que le rythme imprimé par la croissance est insuffisant pour peser sensiblement sur un taux de chômage de 9,5% qui continue de peser sur la popularité du président américain Barack Obama et réduit les chances du Parti démocrate de l'emporter aux élections de mi-mandat prévues à l'automne.

Selon un sondage Reuters Ipsos publié cette semaine, seuls 34% des Américains approuvent la politique menée par Barack Obama contre 46% qui la contestent.

Début 2009, ils étaient plus de la moitié à saluer ses efforts pour sortir le pays de la crise.

La conseillère économique à la Maison blanche Christina Romer a reconnu qu'une croissance plus forte était nécessaire pour permettre une véritable amélioration sur le front de l'emploi et qu'il y avait encore "beaucoup de travail" à faire avant que l'économie américaine ne soit complètement redressée.

Le ralentissement de la croissance au deuxième trimestre est imputable en partie à la hausse de 28,8% des importations qui a occulté l'augmentation de 10,3% des exportations.

Si l'on excepte ce creusement du déficit commercial qui a tout de même coûté 2,78 points de pourcentage à la croissance américaine, certains éléments du rapport livré par le département du Commerce sont en mesure de rassurer le président américain.

L'investissement des entreprises a augmenté de 17%, un rythme sans précédent depuis les trois premiers mois de 2006 après n'avoir progressé que de 7,8% lors de janvier à mars 2010.

Quant à la hausse des dépenses en équipements et en logiciels, elle revient à un niveau inédit depuis le troisième trimestre de 1997.

La croissance du PIB a également été portée par un bond de 27,9% des constructions de logements neufs alors que cette composante avait pesé sur les chiffres du premier trimestre.

L'augmentation enregistrée d'avril à juin est la plus forte depuis 1983. L'investissement résidentiel s'était contracté de 12,3% au premier trimestre.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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