"L’écologie industrielle est à une période charnière en France"

Le 17 et 18 octobre se tiennent à Troyes, dans l’Aube, les premières rencontres francophones de l’écologie industrielle et territoriale. A cette occasion, une association baptisée EIchange visant à fédérer les acteurs à l’échelle nationale, va voir le jour. Pour Gregory Lannou, le coordinateur du Club d'Ecologie Industrielle de l'Aube, la France se trouve en effet à un tournant sur le sujet.

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L'Usine Nouvelle - Quel est le l’objectif de la nouvelle association EIchange ?
Gregory Lannou - Il s’agit de fédérer à l’échelle nationale les acteurs de l’écologie industrielle - industriels, associations, bureaux d’études et acteurs publics- pour la promouvoir. Elle rassemble aujourd’hui un petit nombre d’acteurs et nous voulons ouvrir nos horizons. Il s’agit aussi de créer un interlocuteur privilégié.

Qu’entend-on par écologie industrielle ?
L’écologie industrielle, c’est essayer de trouver le moyen à l’échelle d’un territoire ou d’une zone industrielle d’établir une coopération se retrouvant physiquement dans les échanges de flux de déchets, d’énergie … de sorte que les déchets des uns deviennent la matière première des autres. Cela peut aussi être la mutualisation d’une utilité voire d’un service.

L’écologie industrielle ne se limite cependant pas aux flux, c’est avant tout un système de collaboration. Les nombreux acteurs présents - industriels mais aussi publics- doivent coordonner leurs stratégies. Pour cette raison, les projets sont souvent longs car ils impliquent un dialogue important.

Où en est-la France ?
La France est à une période charnière. Une multitude de démarches et de projets ont vu le jour. Ils sont censés permettre de valider l’intégration de l’écologie industrielle dans les projets d’agenda 21 (plans d’actions des collectivités territoriales en matière de développement durable, ndlr) ou dans ceux de pôles d’éco-activités qui aident les entreprises à faire le diagnostic de leurs flux par exemple. D’ici deux ou trois ans, nous allons voir si ces projets vont aboutir ou s’essouffler.

Existe-t-il des réalisations concrètes ?
Le cas le plus connu est celui du pôle agro-industriel de Pomacle-Bazancourt près de Reims dans la Marne (la sucrerie coopérative Cristal Union de Bazancourt, l’amidonnier Chamtor et le producteur d’éthanol Cristanol échangent entre eux résidus de production, se dépannent en cas de besoin de vapeur et investissent ensemble, ndlr). C’est l’image même de la symbiose. Le fait que les acteurs de ce site ont des actionnaires communs facilite en effet les prises de décision.

Cependant, peu d’éco-parcs sortent de terre et les expériences d’écologie industrielle en France restent plus morcelées et moins intégrées. Les synergies sont plus ponctuelles. Par exemple, à Dunkerque la centrale électrique de GDF Suez fonctionne au gaz naturel mais aussi avec les gaz issus de l’activité des hauts-fourneaux d’ArcelorMittal. Il faut en effet conduire un premier travail d’optimisation des outils industriels en interne, puis à l’échelle de deux ou trois acteurs avant d’arriver à organiser l’implantation d’activités intéressantes sur un territoires en fonction des flux qu’elles peuvent apporter. On est encore bien loin de ce cas de figure.

La situation est-elle la même chez nos voisins européens ?
Il y a beaucoup d’initiatives à travers le monde mais les modes de gouvernance sont souvent très différentes. En France, les acteurs se fédèrent plutôt au niveau territorial tandis qu’en Grande-Bretagne, l’Etat a initié un programme d’écologie industrielle avec des subventions européennes. Par ailleurs la démarche est volontaire en France tandis que le principe d’économie circulaire est inscrit dans la loi en Chine. Les approches sont donc très diverses.

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