Environnement

"L'écologie est la condition de nouvelles conquêtes démocratiques", estime le philosophe Pierre Charbonnier

, ,

Publié le

Pour lire l’intégralité de cet article, testez gratuitement L’Usine Nouvelle - édition Abonné

Entretien " Abondance et liberté ", son dernier ouvrage, déconstruit la modernité libérale. Le philosophe Pierre Charbonnier y défend un socialisme intégrant de nouveaux droits et la sobriété écologique.

L'écologie est la condition de nouvelles conquêtes démocratiques, estime le philosophe Pierre Charbonnier
Le philosophe Pierre Charbonnier répond aux questions de L'Usine Nouvelle.
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

L'Usine Nouvelle. - Au cœur de votre livre "Abondance et liberté", il y a la déconstruction de ce que vous avez appelé le "pacte libéral". Quand apparaît-il et en quoi consiste-t-il ?

Pierre Charbonnier. - Il se noue à deux moments et dans des termes différents. La première fois, au XVIIe siècle. Le philosophe John Locke est un bon exemple : pour lui, l’infrastructure matérielle de la conquête des droits est l’amélioration de la terre. On crée un lien entre droits de l’individu et amélioration technique, dans un contexte où les ressources sont limitées. Ce pacte est relancé au XIXe siècle alors que l’accès aux ressources fossiles et le colonialisme laissent penser que l’abondance et les libertés vont croître éternellement et simultanément. Le débat à l’époque est de savoir si cela se fera sous la tutelle de la classe des propriétaires ou de celle des prolétaires. Ce pacte est quasi fanatisé, au point qu’il n’est pas complètement déconstruit aujourd’hui. Dans une large mesure, nos gouvernements pensent qu’il est indépassable, cherchant la croissance à tout prix.

C’est pour cela que vous écrivez que "la croissance a confisqué la démocratie" ?

Après la Seconde Guerre mondiale et la formation de l’État social de type keynésien, se mettent en place un ensemble d’institutions qui garantissent indissociablement la protection sociale de l’individu et l’accumulation matérielle. Produire plus, c’est assurer davantage de protection. À cet égard, il faut lire les travaux de Jean Fourastié sur les Trente Glorieuses. Il met en évidence l’idée très répandue alors selon laquelle les peuples s’étant durement fait la guerre, il importe d’assurer le confort domestique qui aura pour effet d’absorber les passions politiques. Le résultat de toutes ces approches est qu’elles ont associé dans nos esprits et dans les théories économiques un lien entre nos libertés et les énergies, fossiles ou non.

À aucun moment, on a craint un épuisement des ressources…

Pour lire la totalité de cet article, ABONNEZ-VOUS
Pour un accès immédiat, payez en ligne par carte bleue

En vous abonnant à L’Usine Nouvelle, vous accédez à :

  • Une vision unique de l’industrie en France et dans le monde
  • Une couverture inégalée de l’actualité des usines en région
  • Un décryptage exclusif de la digitalisation de l’industrie et des services
  • La base de référence des 20 000 premières entreprises et sites industriels
En vous abonnant à l'Usine Nouvelle
Déjà abonné?
Connectez-vous
Pas encore abonné?
Abonnez-vous
Mot de passe perdu

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte