Environnement

L’écoconception, source de profitabilité pour les industriels

Olivier Cognasse , , ,

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Document A l’occasion du 3ème colloque Eco-conception qui se tient ce jeudi 17 avril à la cité du Design de Saint-Etienne (Loire), Bruno Lechevin, le président de l’Ademe, revient sur les avancées dans la production de produits plus verts.

L’écoconception, source de profitabilité pour les industriels © D.R.

"Dans une période où l'on parle beaucoup d’écologie punitive, l’écoconception fait la démonstration qu’il n’y a pas d’antagonisme entre écologie et argent. C’est un outil de compétitivité", soutient Bruno Lechevin, le président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). A l’occasion du 3è colloque Eco-conception, l’Ademe publie avec le pôle éco-conception (Saint-Etienne) et l’Institut de développement de produits (Québec) une étude intitulée : "La profitabilité de l’écoconception : une analyse économique".

Les entreprises françaises sont 28 % à penser que l’écoconception augmente les profits de l’entreprise (46 % au Québec). 40 % des entreprises françaises interrogées n’en sont pas à leur première expérience en matière d’écoconception. Pour le président de l’Ademe, "la France est souvent paradoxale. Elle est très active pour sortir des normes. Elle est championne du monde de la théorie, mais elle l’applique un peu moins concrêtement". Une réflexion nourrie par l’expérience. L’Ademe apporte son soutien aux entreprises françaises dans leur démarche d’écoconception. Pourtant, "les entreprises qui ont fait du développement durable avant l’heure avec des produits qui tiennent dans le temps ont généralement perduré".

Fabriquer à partir de ses anciens produits

Eco-concevoir ses produits, c’est réduire les impacts environnementaux. Cela passe par une substitution des produits dangereux, la réduction des matières utilisées pour fabriquer un produit, la recyclabilité en fin de vie, la réduction de la consommation d’énergie par unité produite, … Rendre ces produits plus durables, c’est aussi réfléchir à d’autres modes de commercialisation.

Avec le projet "Eurêkook", SEB propose un service de location d’appareils pour faire émerger un nouveau modèle de consommation. Cet industriel part du principe que ses produits ont une durée de vie très longue et que les consommateurs les renouvellent peu. "Certains produits comme les services à raclette sont très peu utilisés et une fois au fond du placard, on les ressort quasiment plus", indique-t-on à l’Ademe. Des projets de location de pneus pour camions et d’imprimantes aux particuliers devraient arriver prochainement.

Autre concept : Mobil Wood, une entreprise bourguignonne d’ameublement s’intéresse à la mise à disposition d’un aménagement commercial et non plus une vente sur catalogue. Avec le projet Ecoglob, elle reprendra les mobiliers dont le magasin souhaite se séparer, puis elle assurera le recyclage et la réutilisation de nouveaux meubles. Maisons du monde propose un concept voisin pour le particuliers sur certains produits. L’enseigne souhaite le généraliser dans le futur. Pour les hôtels, les couettes Dodo fonctionnent sur un principe très proche. L’entreprise récupère tous les huit mois les couettes chez ses clients et les recyclent pour en produire de nouvelles. Tous ces exemples pourraient se multiplier, notamment avec les nouvelles contraintes législatives.

Relocaliser les productions

La nouvelle législation sur la consommation, dite loi Hamon, va dans le sens de l’écoconception. Elle prolonge la durée des garanties sur les produits manufacturés de 6 mois à 2 ans et oblige le fabricant à indiquer combien de temps les pièces détachées pour la réparation seront disponibles. De véritables mesures contre l’obsolescence programmée.

Avec la loi Hamon, l’augmentation du prix des matières premières, de l’énergie, "les perspectives économiques de l’écoconception n’ont jamais été aussi favorables", se réjouit Bruno Lechevin. La fabrication de produits et le développement de concepts respectueux de l’environnement doivent permettre de "relocaliser des productions et créer des emplois".

Olivier Cognasse

 

Rapport Profitabilit EC 2014 Web by L'Usine Nouvelle

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