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L'Usine Energie

"L’éclipse va affecter l’équivalent de 10 % de la consommation électrique européenne", affirme Jean-Paul Roubin (RTE)

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Entretien Vendredi 20 mars sera un jour particulier pour Jean-Paul Roubin, le directeur du centre national d’exploitation du système électrique de RTE, le gestionnaire du réseau haute-tension français. Il devra s’assurer que le passage de l’éclipse au-dessus du Vieux Continent ne perturbera pas l’approvisionnement électrique des citoyens européens .

L’éclipse va affecter l’équivalent de 10 % de la consommation électrique européenne, affirme Jean-Paul Roubin (RTE) © Jean-Baptiste Quentin

L'Usine Nouvelle - Comment va se passer la matinée de vendredi matin lors de l’éclipse ?

Jean-Paul Roubin - A partir de 8h30-9h00, nous allons assister à l’équivalent d’un coucher de soleil accéléré qui diminuera la production photovoltaïque. Dans le scénario extrême, on estime que la baisse maximale de puissance solaire en France sera de 2 000 MW et de 34 000 MW en Europe. C'est l’équivalent de 10 % de la consommation en Europe à ce moment-là. Il faudra compenser ! Ensuite, le soleil va réapparaître très rapidement et la production va reprendre à pleine puissance. La question n'est pas de savoir si nous pourrons compenser les 34 000 MW manquants. C’est de savoir si nous saurons gérer la dynamique de variation qui sera quatre à six fois plus rapide que le lever et le coucher du soleil en temps normal.

Ce n’est pas la première fois que l’Europe connaît une éclipse…

Non. Mais c’est la première fois qu’une éclipse soumet le système électrique européen à une telle variation. Lors de la dernière éclipse de soleil en août 1999, la puissance photovoltaïque installée était 100 fois moins importante qu’aujourd’hui. A cette date, l’effet de l’éclipse sur l’énergie solaire était passé inaperçu. Cette fois-ci, nous avons dû, avec les autres gestionnaires de réseaux européens, travailler en amont pour quantifier les différents scénarii et développer un modèle de simulation de l’occultation du soleil. A partir de là, nous avons développé un plan d'action pour maintenir l'équilibre offre-demande en s’assurant de la disponibilité de ressources électriques rapidement mobilisables.

N’aurait-il pas été plus simple de mettre à l’arrêt tous les panneaux photovoltaïques avant l’éclipse ?

Nous y avons pensé, mais c'est compliqué. Au moins 50 % du parc qui sera affecté par l’éclipse est diffus. C’est-à-dire placé sur les toits des habitations, des entreprises ou des centres commerciaux. Ce ne sont pas des grandes fermes au sol. Nous aurions pu mettre à l’arrêt ces dernières mais nous n’aurions pas été sûrs de l’état, connecté ou déconnecté, des panneaux restants. Aussi, par sécurité, nous avons choisi de privilégier la précision de notre modèle et de mettre en place des leviers pour compenser les variations attendues de production.  

Du fait de la baisse de luminosité, n’y aura-t-il pas un effet aussi en matière de consommation électrique ?

C'est un peu l'inconnue. La seule référence est l’éclipse de 1999. A cette date, la consommation française a baissé de 1500 à 2000 MW. Enormément de consommateurs avaient choisi d'interrompre leurs activités pour aller observer le phénomène. Ils étaient aidés par deux facteurs : nous étions en plein mois d’août et l’éclipse se déroulait à midi. Qu'en sera-t-il vendredi matin alors que l’éclipse se déroule à une date et un horaire moins favorables à la suspension des activités ? Ceci dit, la variation de consommation ne jouera pas autant que celle de la production.

Y a-t-il d’autres phénomènes naturels que vous suivez de près ?

Sur la plaque européenne, les éclipses sont le principal phénomène à surveiller. Mais ailleurs, d’autres éléments sont à prendre en compte. Sur la plaque nord-américaine, les gestionnaires de réseaux s’intéressent aux épisodes de tempêtes solaires et de modifications du champ magnétique qui peuvent avoir un effet sur les réseaux électriques et de communication.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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