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L'Usine Auto

L’échec de Renault, c’est celui de Carlos Ghosn

Pascal Gateaud , ,

Publié le

Au lendemain de l’annonce de la suppression de 14 % des effectifs de Renault en France, l’envie de pousser un coup de gueule. Et l’envie d’appeler un chat un chat.

L’échec de Renault, c’est celui de Carlos Ghosn © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Non la situation difficile du constructeur automobile Renault n’est pas due à une quelconque malédiction française qui voudrait que les constructeurs tricolores aient raté le coche de la mondialisation. Mais plutôt à des erreurs stratégiques.

Il y a deux ans - ce qui nous vaut depuis d’être ostracisé par le Pdg de Renault - l’Usine nouvelle titrait : "Petit à petit, Carlos Ghosn lâche Renault". Nous expliquions que cet "homme de la finance plutôt que de l’automobile" ne considérait plus l’ex Régie "comme la marque leader de l’Alliance mais comme l’un des quatre éléments d’une entité globale et mondiale". Il faut, quelque fois, se relire attentivement.

"Sous l’ère de Louis Schweitzer [le prédécesseur de Carlos Ghosn], la marque au losange a permis de financer l’entrée au capital de Nissan, le rachat du roumain Dacia, du russe Avtoframos et du coréen Samsung, écrivions-nous. Elle a également permis en 2008, à Carlos Ghosn, de prendre le contrôle de 25 % d’Avtovaz, le constructeur des Lada. Ce passé est résolu et le constat amer : Renault est bel et bien le parent pauvre de l’Alliance.", écrivions-nous encore.

Nous mettions en avant quatre raisons principales à ce déclin : un plan produit timoré – il aura fallu attendre le lancement de la Clio IV en 2012 pour enfin retrouver un peu de la légendaire inventivité de la marque au losange - ; un manque de style – la publicité parlait d’un "créateur d’automobiles" mais on se pince pour y croire quand on croise une Modus ou une Twingo quand ce n’est pas une Laguna - ; une R& D appauvrie – la montée en puissance des centres de recherche low cost de Roumanie, du Brésil et d’Inde est allé de pair avec le choix de privilégier les véhicules électriques en France pour les résultats que l’on sait - ; l’oubli chinois – mais il est vrai que la marque française perd du terrain partout dans le monde – et, enfin, des investissements exsangues – le choix de vendre un nombre grandissant de Dacia sous la marque Renault et de confier les haut de gamme à Samsung a peu à peu tiré l’image de la marque vers le bas et déclasser, dans le même temps, les usines françaises.

Deux ans plus tard, qu’ajouter d’autre ? Si ce n’est que le cost killing, pour utile qu’il soit, ne remplace pas une politique de l’offre, avec des produits qui font envie. Vous avez dit "créateur d’automobiles" ?

Pascal Gateaud

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9 commentaires

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28/01/2013 - 19h34 -

D'accord avec les conclusions : - Plan produit nul et design horrible (c.f. Laguna : comment a elle pu passer les revues de design ?!) Par contre, bons points pour Carlos Ghosn : - Très fort accroissement de la qualité produit (voir récents classements) - Internationalisation Ca donne un peu d'espoir !
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22/01/2013 - 16h31 -

welldone "Yyyy" je vois que vous n'avez toujours pas compris. PSA licencie alors que Renault ajuste son outil capacitaire en supprimant des postes (ce qui me semble complètement différend). Aujourd'hui PSA assemble un véhicule en moyenne sous l'équivalent de travail de 45 heures quand Renault le fait en seulement 35 heures (soit 22% de compétitivité en mieux)
Maintenant, je pense que PSA devra licencier en France pas moins de 15800 emplois pendant le quinquennat ce qui laissera de nombreuses familles sur le bord du chemin...donc oui Carlos Goshn a choisi la meilleure solution.
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22/01/2013 - 11h15 -

@Mapaulo Je te cite : Carlos Ghosn "sauvegarde des milliers d'emplois en France à contrario de PSA qui licencie". PSA a annoncé l'année dernière 8 000 suppressions d'emplois Renault 7 500 seulement. Effectivement, Carlos Ghosn fait bien mieux que Philippe Varin !
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19/01/2013 - 23h42 -

Renault Red Bull est la meilleure équipe en F1. Maintenant Renault doit être la première en production' en qualité et en esprit d'équipe dans les usines. Renault design et la programmation avec Magna Steyr dans la production des 4roues motrices sera parmi les premiers.
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17/01/2013 - 11h17 -

D'accord avec votre analyse, sauf sur les voitures de luxe: aucun constructeur au monde n'a produit l'effort nécessaire pour battre une concurrence allemande qui a mis tout le paquet sur le suréquipement, la sursécurité, la surqualité (apparente, visible) et l'effet de la marque allemande. Renault n'avait que le "sur-design" à opposer, et dans ce domaine aussi, il ne fait pas avoir raison trot tôt... Chez Renault (ou PSA), les mêmes équipes (excellentes, je ne dis pas) conçoivent, par exemple, la Twingo et la Velsatis, par souci de souplesse et d'économie de moyens. Sommes-nous économes ou sur-radins?
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16/01/2013 - 22h28 -

La messe est dite. Homme de la finance ...plutôt que de la science, la technologie, l'innovation, l'humain. CG n'a rien à envier à Samuel B. qui aurait pu écrire "pourquoi tu travailles ? pour fabriquer des voitures. Pourquoi tu fabriques des voitures ? Pour aller travailler". Malheureusement, nous avons encouragés (quelle rémunération pour licencier 14% des effectifs?) des CG dans tous les organes de décision. Puisque c'est encore la période des vœux souhaitons aux salariés de Renault qu'ils puissent dirent en 2013 "Carlos is GONE".
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16/01/2013 - 21h13 -

Il y a quelques années, on a considéré que l’avenir était dans la création de valeurs sur les services et plus-values générés par les flux d’argent de toute activité commerciale ou industrielle, la grande distribution s’est ainsi développée sur la gestion des flux d’argent, pas sur le métier même. L’industrie automobile a pensé la même chose, on se moquait alors des pauvres allemands qui continuaient de faire de l’industrie avec des docteurs ingénieurs à la tête des entreprises…. Les années ont passées, on voit le résultat, la gestion financière est une gestion de l’instant et du court terme sans aucune vision à long terme en minimisant au maximum les investissements moyen long terme, développer des Logan et les industrialiser au Maroc, cela coûte moins en investissement qu’une Audi !!!.et vendre des Logan avec des financements juteux, payer les fournisseurs le plus tard possible, voilà le cœur du métier, c’est évident à la lecture des bilans, des comptes d’exploitation industrielle déficitaires depuis des années, l’équilibre par les résultats financiers, ce n’est pas particulier à Renault, c’est vrai pour nombre de groupes industriels français, Peugeot, Airbus ….
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16/01/2013 - 20h47 -

Merci de ce petit éclairage sur un homme présenté en grande pompe comme un des meilleurs managers issu de nos écoles Françaises il y a quelques années...
Pour moi c’est la caricature d’une période où les grands groupe ont mis des coupeurs de coûts à la tête des entreprises et ça n’a jamais été des entrepreneurs ni des visionnaires, tout juste des gestionnaires rationnels…
MR Ghosn n’aime pas la « bagnole », tout le monde dans la profession le sait, il aurait pu faire carrière dans les spaghetti, ça n’aurai pas changé sa stratégie…
La nomenclatura Française a portée aux nues les hommes de la pure gestion et tué l’esprit d’innovation et d’entreprendre des ingénieurs/commerciaux... Voilà le résultat.
Ca fait 20 ans que le design Renault est fade et sans saveur, grâce à la catastrophe « Le Quément », le retard est immense…La qualité a toujours été en retrait de la concurrence…LE reste est au niveau mais ça ne se "voit pas"...
Combien de jeune de 20 ans autour de vous rêve de rouler en Renault ? Personnellement, je n’en connais pas.
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16/01/2013 - 20h25 -

Je titrerais plutôt : "La Force de Renault c'est celle de son Président" qui sait conserver une marge opérationnelle substantielle avec sa gamme low-cost et permet ainsi la sauvegarde de milliers d'emplois en France à contrario de PSA qui licencie. La force de Renault c'est aussi le pouvoir d'anticiper de son Président sur le traitement des surcapacités Européennes mais pas seulement car il place son outil industriel au niveau du meilleur benchmark de la compétitivité. Celle de PSA a été " la politique de l'autruche" en 2011. La force de Renault c'est d'avoir anticipé sur l'Alliance Russe avec un marché qui va continuer de progresser.
Alors oui 2 ans plus tard on pourra toujours le remercier...
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