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L'Usine Santé

L'avenir en solo chez GE Healthcare

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Enquête General Electric a décidé de se séparer de sa branche santé. Fleuron de l’entreprise, GE Healthcare devra trouver un nouvel équilibre.

L'avenir en solo chez GE Healthcare
La branche santé produit à Buc (Yvelines) des équipements innovants vendus dans le monde entier.

A l’usine General Electric Healthcare de Buc (Yvelines), tous les produits sont fabriqués à la chaîne. Ils sont pourtant tous différents. L’entreprise de dispositifs médicaux y produit le Discovery IGS 7, un appareil d’angiographie de dernière génération qui permet d’observer les vaisseaux humains aux rayons X. En dix opérations, les différents morceaux de la machine sont assemblés et l’engin sait se repérer dans l’espace grâce à un système de GPS. "Nous avons six lignes de montage qui se ressemblent toutes. Mais nous pouvons nous adapter à la demande du client, avec vingt configurations possibles, en ajustant les logiciels ou les dimensions des capteurs", explique Najim Amekhfi, le responsable de la ligne radiologie interventionnelle. Ces appareils, qui permettent de poser un stent, d’emboliser une tumeur ou de poser une valve cardiaque, peuvent être complétés par de la réalité augmentée.

Chaque année, 200 salariés de l’usine fabriquent 500 appareils d’angiographie dernier cri. Ils sont 1 700 à travailler sur le site de Buc, racheté à Thomson CGR en 1987. Et 2 700 salariés au total chez GE Healthcare France, qui devront bientôt naviguer seuls, sans leur maison mère, General Electric. En mauvaise posture financière, le groupe en restructuration a annoncé en juin vouloir se séparer de sa branche santé. Une opération qui lui permettrait de reverser leur part aux actionnaires et de récupérer 20 % de liquidités. Car l’activité santé de General Electric se porte bien. GE Healthcare affichait l’année passée un chiffre d’affaires de 19 milliards de dollars, avec une croissance de 5 %.

Les mains libres pour innover

En attendant la séparation définitive, qui devrait être effective d’ici à la fin 2019, l’activité continue pour les salariés. "Nous n’avons pas d’indicateur qui nous fasse peur dans l’immédiat. Tout dépend des actionnaires qui entreront au capital de Healthcare. Mais nous avons besoin d’avoir les mains libres pour notre activité. Jusqu’à présent, la direction était un peu muselée. Il était difficile de faire ce que nous voulions, par exemple de racheter des sociétés. À l’avenir, il sera plus facile d’avoir le chéquier entre les mains et de signer des contrats", souligne Philippe Girault, le secrétaire du comité d’entreprise de General Electric Medical System, la société de GE implantée à Buc.

Si la branche santé du groupe n’a aucun problème à innover et ne craint pas de tracer sa route toute seule, certaines questions restent toutefois en suspens. "GE est une société matricielle, avec beaucoup de services partagés, comme les ressources humaines, la paie, le service informatique. Idem pour le grand nombre de brevets et les licences que nous utilisons en commun avec les divisions aviation et énergie. Il va bien falloir les partager. Tout cela ne se voit pas de l’extérieur, mais cela influera sur notre capacité à produire demain", précise Philippe Girault.

Acquérir une identité forte

Certains produits à la pointe de la technologie du groupe GE Healthcare ne sont produits qu’à Buc pour une livraison dans le monde entier, comme le mammographe Pristina, une machine lancée en 2016 qui permet de faire des ­mammographies. Le pari : améliorer l’expérience de la ­patiente pendant cet examen médical, qui provoque souvent du stress, afin d’obtenir des résultats encore plus précis. Des angles arrondis, des poignées plus ergo­nomiques, mais surtout une télécommande qui permet de gérer soi-même le niveau de pression sur le sein. "Il y a un niveau minimal pour assurer une qualité correcte d’image. Ensuite, nous constatons que la patiente va souvent bien plus loin dans le degré de compression, ce qui nous permet d’avoir des images d’une qualité encore meilleure. Et ­surtout ­d’éviter des situations angoissantes pour l’utili­satrice", détaille François Lenfant, le directeur du département Global Design. En France, 80 ­hôpitaux sont déjà équipés de Pristina.

Au-delà de créer des équipements performants et novateurs, le mot d’ordre est de les rendre le moins anxiogènes possible pour les patients. L’équipe du Global Design a mis au point Adventure Series, des appareils d’IRM décorés et ludiques. "Ils permettent de faire baisser le niveau d’anxiété chez l’enfant, ce qui évite de lui administrer plus de sédatifs et de devoir recommencer l’examen", précise François Lenfant. GE Healthcare innove aussi dans le traitement des images médicales, avec plus d’une soixantaine de logiciels dédiés à l’analyse de scanners et d’IRM. Des solutions toujours plus avancées, liées au cloud et à l’intelligence artificielle. L’entreprise veille à unifier toutes ses technologies pour donner de la cohérence à ses plates-formes et à ses gammes de produits. Avec une identité forte, il lui sera plus facile de se démarquer, une fois séparé de sa maison mère.

"Avancer seuls va nous permettre d’aller plus loin"

Christophe Lala, directeur général Europe de l’Ouest de GE Healthcare

Comment abordez-vous la séparation de GE Healthcare de l’entité General Electric ?
Il a été annoncé fin juin que nous prendrions notre autonomie dans les dix-huit mois qui viennent. Cela peut sembler lointain, mais le temps passe vite. Pour nous, c’est une chance. GE Healthcare est l’un des fleurons de General Electric depuis de nombreuses années, avec un grand portefeuille de produits. C’est l’opportunité d’avoir plus d’autonomie et de prendre encore plus de vitesse dans un domaine qui a toujours besoin d’innovation.

Finalement, peut-être aurez-vous les mains plus libres ?
Entre un moteur d’avion et un appareil d’imagerie médicale, il y a tout un monde. Aujourd’hui, avec 19 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 54 000 employés au total, nous sommes la troisième entreprise de technologies de santé dans l’industrie pharmaceutique mondiale. Avancer seuls va nous permettre d’aller plus loin, en nous préoccupant uniquement de l’innovation en santé.

Prévoyez-vous de vous spécialiser dans un domaine en particulier ?
Grâce à notre expertise en intelligence artificielle, nous comptons nous diriger vers toujours plus de médecine de précision. Les données recueillies grâce à l’imagerie médicale, mais aussi les données de notre génome, nous permettent d’aller vers plus de prédiction et de prévention des maladies. Les équipements que nous mettons au point permettront d’accompagner cette tendance de fond de la médecine de demain.

 

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