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L'Usine Santé

"L’avenir en France, ce n’est pas de se faire racheter par une big pharma", défend le PDG du LFB

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Entretien Le rendez-vous international de la biotech, Bio Spring Europe, ouvre ses portes à Paris ce lundi 9 mars. Christian Béchon, PDG du LFB, l’un des plus gros laboratoires biopharmaceutiques français, s’est confié à L’Usine Nouvelle.

L’avenir en France, ce n’est pas de se faire racheter par une big pharma, défend le PDG du LFB

L'Usine Nouvelle - Le statut du LFB a été vivement débattu dans le cadre du projet de loi Macron. Pourquoi ?

Christian Béchon - Ce projet ne vise qu’à une chose : permettre à Bpifrance de participer au capital du LFB, afin de nous aider à financer notre plan d’investissement. C’est écrit noir sur blanc. Nous avons été le prétexte à un affrontement politique, mais les débats ont montré que le LFB était plutôt bien perçu : tout le monde parlait d’une "pépite". Nous sommes très favorables à cet article de loi : c'est un sujet dont nous discutons depuis des mois avec notre actionnaire car il est important pour l’entreprise. Mais ce n’est pas un texte de privatisation, qui toucherait à la sécurité sanitaire, ou de marchandisation du corps humain ! Les députés semblaient ignorer que le marché des médicaments dérivés du plasma est ouvert en France depuis 1994.

Votre usine de thérapie cellulaire vient d’obtenir une autorisation de production. C’est un grand pas ?

Vous faites référence à l’autorisation de fabriquer des médicaments de thérapie génique, accordée par l’ANSM à CELLforCURE en janvier 2015. La stratégie de CELLforCURE, notre filiale de thérapies innovantes, est de collecter un grand nombre d’autorisations pour ce site, afin de servir toutes les demandes de nos clients : thérapie cellulaire, génique, pour les Etats-Unis… Peu d’unités dans le monde disposent de toutes ces autorisations. L’industrie du futur existe dans la biotech, vous l’avez sous les yeux !

Donc la France a une carte à jouer dans la thérapie cellulaire ?

La bataille technologique entre la biotech Cellectis, notre partenaire français qui s’est allié au géant de la pharmacie Pfizer, et ses compétiteurs américains montre qu’il s’agit d’un marché en pleine émergence. C’est une bonne illustration que nous, Français, savons aussi innover dans l’industrie biotech. Et nous entendons bien le montrer à l’occasion du Bio Spring Europe, le rendez-vous international du secteur qui se tient enfin à Paris ce 9 mars !

Quelle est votre particularité dans le paysage des biotechnologies françaises ?

Notre prisme industriel est une vraie spécificité. Contrairement à la plupart des biotechs, nous cherchons à innover en développant des produits que nous devons être capables de produire au sein de nos cinq usines. Cela limite les champs, mais fait de nous un opérateur plus intégré, plus résistant. Sur cet aspect, nous ressemblons plutôt aux laboratoires pharmaceutiques Sanofi ou Servier.

Deux tiers de nos effectifs sont dédiés à la production. Nous avons investi dans notre outil industriel près de 40 millions d’euros l’an dernier, un montant que nous allons doubler cette année. Nous allons nous renforcer dans le plasma et poser la première pierre d’un nouvel atelier à Alès, dans le Gard, qui nous permettra d’y doubler nos capacités de bioproduction par culture cellulaire.

Le LFB est détenu par l’Etat. Cela a-t-il un impact sur votre positionnement par rapport à vos concurrents internationaux ?

Notre position est d'être un laboratoire comme les autres. Nous sommes sixième dans les médicaments dérivés du plasma. L’avantage est que nous bénéficions d’un actionnariat de long terme et nous disposons d’une protection anti-OPA que nous n’aurions pas si nous étions cotés. Cela peut être un inconvénient si nous prévoyons des opérations capitalistiques. Mais nous n’avons pas eu  d’opportunité de croissance externe l’an dernier.

Envisagez-vous des transactions cette année ?

Oui, on regarde toujours. Une petite opération nous est passée sous le nez il y a quelques jours, mais nous sommes en cours de discussions avec deux start-up : une coréenne et une américaine. Bio Spring Europe nous permettra aussi de rencontrer des start-up, voir ce qu’elles ont en portefeuille et comment s’associer pour alimenter nos ventes dans le futur. Mais il ne s’agit pas de grandes fusions à la Allergan ou Pfizer !

Votre internationalisation a-t-elle progressé, alors que le marché pharmaceutique français est en récession ?

L'an dernier, notre chiffre d'affaires global a progressé avec une part croissante réalisée à l'étranger. Notre activité dans le domaine de la bioproduction par culture cellulaire (LFB Biomanufacturing) s'est développée, notamment avec les Etats-Unis.

Et comment s’annonce le futur ?

Nos essais cliniques progressent bien. Nous espérons boucler l’an prochain deux essais de phase 3 sur les facteurs recombinants. Et nous avons déposé deux dossiers d’autorisation concernant nos médicaments plasmatiques. Tout cela devrait porter ses fruits vers 2017-2018. Nous voulons envoyer le message que l’avenir en France ce n’est pas de se faire racheter par une big pharma : on peut réussir, y compris au plan international. Car nous entendons faire enregistrer deux de ces produits d’abord aux Etats-Unis, et les deux autres d’abord en Europe.

Gaëlle Fleitour

Quand Emmanuel Macron défend une nouvelle usine de plasma pour le LFB

Créé en 1994 et détenu par l’Etat français, le LFB (477 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013) conçoit des médicaments issus du vivant pour des maladies graves (immunologie, hémostase et soins intensifs – périnatalité). Il les produit dans ses cinq sites de bioproduction, dont deux dédiés aux médicaments dérivés du plasma. Une nouvelle usine de plasma devrait voir le jour, a expliqué le ministre de l’Economie Emmanuel Macron en défendant son projet de loi devant les députés. Un investissement de 250 millions d’euros qui justifierait l’entrée de la BPI au capital du LFB.

 

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