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L'Usine Energie

L’avenir du nucléaire français passe par la réussite de la filière à l’international

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Alors que le premier Bourget du Nucléaire, le World Nuclear Exhibition (WNE) s’est conclu sur un succès de fréquentation, Franck Ladegaillerie, Directeur Marketing et Ventes du pôle Energy & Infrastructure d’Assystem, juge que la filière française doit se positionner et s’afficher plus clairement si elle veut réussir son développement à l’international.

L’avenir du nucléaire français passe par la réussite de la filière à l’international © D.R.

Disons-le clairement : en dépit d’un dysfonctionnement à l’export (mis en lumière par la perte d’un marché de quatre centrales aux Emirats Arabes Unis face à la Corée), la filière du nucléaire française n’en est pas moins un incontestable succès. Les pouvoirs publics sont parvenus à forger un modèle intégré performant (du cycle amont au recyclage des combustibles usagés jusqu’au traitement des déchets et démantèlement des installations), pensé pour être autosuffisant, qui a fait sa force et qui reste à ce jour unique.

La capacité de la France à avoir su exporter ce modèle, comme l’illustrent aujourd’hui les partenariats construits avec la Chine ou l’Afrique du Sud, est le signe de cette réussite. La filière française est reconnue pour son très haut niveau d’expertise et ses acteurs, EDF, Areva en tête, et dans une moindre mesure Assystem sur le métier de l’ingénierie, occupent des positions de leadership mondial. Ces positions clés, la filière les doit précisément à la force de son modèle intégré et au fait qu’elle ait su l’exporter. Les programmes développés hors de ses frontières lui ont permis, malgré une longue période sans projets en France, de maintenir un certain nombre de compétences clés au sein de sa filière - et mieux encore, de les enrichir. La filière a su tirer parti des expériences menées à l’étranger pour s’améliorer sur son propre territoire. Et son modèle, ouvert par nature à d’autres acteurs, à l’instar des électriciens chinois ou sud-africains, tous venus se former "à l’école EDF", s’en est trouvé renforcé.

La vitalité des filières en local, clé de leur compétitivité

Mais, si le développement international profite aux filières en leur permettant d’entretenir et de conforter leur expertise, c’est bien a contrario leur vitalité sur leur propre marché qui fait aujourd’hui leur attractivité au plan mondial. L’arrivée sur le marché d’acteurs comme la Corée et de la Russie, qui ont à leur actif un parc plus jeune et des développements en cours, illustre bien cette nouvelle donne. Avec ces pays, les pays acheteurs sont assurés de bénéficier de retours d’expérience mais aussi de technologies, logistique, compétences, formations parfaitement à jour... C’est cet "effet de flotte" qui a entre autres permis à la Corée de remporter le marché aux Emirats Arabes Unis. C’est aussi cet effet de flotte qui devrait profiter à la filière française avec l’EPR, qui après Flamanville en France et Olkiluoto en Finlande, poursuit son déploiement en Chine, à Taishan, et bientôt au Royaume-Uni.

Outre le dynamisme sur les marchés locaux, l’autre point crucial reste le financement qui est, compte tenu de l’ampleur des investissements et la durée des programmes, un sujet clé sur l’industrie nucléaire. La Russie, la Corée, proposent des financements plus attractifs et moins contraignants que les nôtres, ce qui leur donne en conséquence un avantage compétitif majeur.

Une filière qui se structure et s’affiche

Disposer d’une filière active constitue donc un atout concurrentiel décisif car rassurant pour les acheteurs. Ainsi, en France, le débat sur la fermeture de la centrale de Fessenheim a pu instaurer un doute dans  l’esprit des pouvoirs publics de pays primo-accédant sur la pérennité de cette énergie dans notre mix énergétique.
Mais le dynamisme ne suffit pas, il faut aussi savoir valoriser la filière et rendre plus lisible sa stratégie. C’est à cet effet que s’est créée l’Association des Industriels Exportateurs du Nucléaire (AIFEN), est à l’initiative du premier salon dédié au nucléaire, la World Nuclear Exhibition (WNE), qui s’est déroulé du 14 au 16 octobre 2014.

Aujourd’hui, en dépit des évolutions du marché, la filière française continue à conserver son attractivité et à se poser en référence dans le monde. Pour le rester, elle va devoir progresser sur deux points essentiels : l’écoute de ses clients et la capacité à impulser une dynamique collective. La réorganisation de la filière, avec notamment pour effet la fédération de tous ses acteurs, va très certainement y contribuer.

Franck Ladegaillerie,Directeur Marketing et Ventes, particulièrement en charge du développement international des activités d'ingénierie et de services à la production du groupe Assystem au sein du pôle Energy & Infrastructure. Depuis 2013, Franck Ladegaillerie est également Secrétaire Général de l’AIFEN (Association des Industriels Français Exportateurs du Nucléaire).

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