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L’avenir de l’Europe passe par les États-Unis

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En accordant 100 milliards d’euros de ligne de crédit à ce pays pour recapitaliser ses banques, ses partenaires européens ont de fait accepté de prendre à leur compte une partie de la dette de ce pays.

L’avenir de l’Europe passe par les États-Unis © B.Levy

Qu’on le veuille ou non, la seule issue possible de la crise que traverse la zone euro passe par plus d’union. Certains pays ne veulent pas encore en entendre parler formellement mais, au coup par coup, face à l’urgence, ils se rangent à cette idée, mieux ils la mettent en place. Ce fut le cas avec les plans de secours mis en place pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Ce le sera également avec celui mis au point pour l’Espagne. En accordant 100 milliards d’euros de ligne de crédit à ce pays pour recapitaliser ses banques, ses partenaires européens ont de fait accepté de prendre à leur compte une partie de la dette de ce pays. Rien que pour la France, si l’Espagne fait appel au fonds européen de stabilité financière, les 100 milliards alourdiraient la dette française de 20 milliards d’euros par le mécanisme des garanties, ce qui équivaut à 1 point de PIB.

On le voit bien pour éviter une déflagration de la zone euro, ses membres sont prêts à abandonner un peu de leur souveraineté et de leur richesse. Le problème, c’est que ces concessions, ces mutualisations se mettent en place dans l’urgence, au coup par coup, sans penser au long terme, sans imaginer quel destin commun l’Europe veut et peut s’inventer. Ses membres semblent en avoir pris conscience : à Bruxelles, des discussions sont en cours pour mettre en place une union bancaire européenne, sous l’impulsion de Michel Barnier, le commissaire européen au marché intérieur. L’idée (mutualiser les outils de contrôle et de soutien aux banques) est intéressante mais elle ne saurait être suffisante. Elle ne pourra en tout cas relancer seule l’envie d’Europe.

Pour avancer, le continent ne pourra pas se contenter de projets techniques, froids, loin du quotidien des Européens. Elle a le devoir de leur proposer un avenir meilleur, de leur promettre du progrès comme on l’aurait dit au début du XXe siècle, et surtout de répondre à leur première préoccupation : l’emploi. Les "Project Bonds", que pousse François Hollande, pourraient jouer ce rôle. Ce Grand Emprunt constituerait le relais de croissance dont l’Europe a besoin. À la manière du New Deal de Roosevelt, ces obligations de projet pourraient servir à lancer une série de grands chantiers à l’échelle du continent. Les États-Unis d’Europe lanceraient ensemble des travaux d’infrastructures (des réseaux plutôt que des routes), des grands projets industriels (notamment dans les greentech) et des programmes de recherche (pour prendre date avec l’avenir). Dans leur sillage, ces grands projets produiront des jobs, de l’activité et surtout de la confiance en l’avenir. Ce dernier bien étant sans doute ce qui manque le plus aujourd’hui en Europe.

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2 commentaires

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11/06/2012 - 16h57 -

Pourquoi devrions nous forcément aller vers plus d'Europe ? Cela fait des décennies que l'on nous prétend que la construction européenne est quelque chose de formidable, mais quels sont les résultats concrets ? Est-ce que cela se passait si mal quand la France était la seule à décider de sa politique (années 50, 60, 70, 80) ? Est-ce que c'est tellement mieux depuis ? On nous avait prétendu au début des années 2000 qu'avec l'euro, nous allions être des champions économiques, que nous aurions plus de pouvoir d'achat, le plein emploi, plus de croissance... Résultat des courses : notre pouvoir d'achat s'est effondré, le taux de chômage a explosé, la zone euro est la zone dont la croissance est la plus faible au monde depuis 10 ans Il semble que l'Union Européenne fonctionne sur le même principe que l'Union Soviétique : Les dirigeants soviétiques avaient conclu que si le communisme ne fonctionnait pas, c'est parce qu'il n'y avait pas assez de communisme. Il semble que les dirigeants européens soient animés par la même logique. Mais force est de constater que cette fuite en avant nous mène vers le chaos et il est grand temps d'arrêter des frais et d'arrêter de faire confiance à des gens qui nous ont menés dans le mur.
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11/06/2012 - 16h15 -

Philippe de Fontaine-Vive, vice-président français de la banque européenne d'investissement, confirme lui-même la thèse de François Asselineau : http://www.youtube.com/watch?v=9nDZzDxxqXs
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