L'Usine Auto

L’avenir de l’Alliance Renault-Nissan, c'est Renault !

Pauline Ducamp ,

Publié le

Nissan est en 2015 deux fois plus gros que Renault en volumes comme en chiffre d’affaires. Mais le dynamisme au sein de l’alliance semble avoir changé de camp. La croissance et les projets porteurs sont plutôt chez Renault dans les cinq ans qui viennent.


Concept-Car Renault Le Corbusier

Renault a mangé son pain noir dans l’alliance avec Nissan. Nous l’avions écrit en 2010, les choix stratégiques ont pendant plusieurs années été en faveur de Nissan et plutôt au détriment de Renault. La Chine, la marque premium Infiniti, les moteurs essence ou l’hybride rechargeable étaient tombés dans l’escarcelle du Japonais, tandis que Renault rétrécissait comme peau de chagrin, en usines comme en nombre de salariés, enfermé de surcroît dans un design hasardeux. La CFDT s’était alarmé publiquement de ce traitement dans un livre paru en 2012, Renault en danger. Au détour des tensions avec Nissan qui polluent l’alliance depuis avril et la montée de l’Etat à 20% du capital de Renault, on se rend compte que la donne entre les deux partenaires est en train de changer. "Le Renault de 2015 n’a rien à voir avec celui de 2012 ni avec celui de 2020", souffle-t-on en interne.

Un beau plan produit

Le plan produit incarne ce renouveau. Laurens van den Acker a réinventé l’identité Renault. Depuis 2012, la marque au losange renouvelle ses best-sellers (Clio, nouvelle Mégane cette année, nouveau Scénic en 2016), tout en investissant les nouveaux segments porteurs (les petits SUV avec Captur, la nouvelle gamme SUV après le Duster, modèle le plus vendu du groupe Renault depuis trois ans). "Nous allons lancer 30 produits dans les cinq ans, cela fait cinq à six nouvelles silhouettes par an", prédit une source en interne.

Chine, Iran

Ce dynamisme produits arrive alors que le marché européen repart et que Renault s’ouvrent de nouvelles opportunités géographiques. En Chine tout d’abord. Le Français vise une première tranche de 150 000 véhicules par an d’ici 2017, qui pourrait être doublé à 300 000 dans les cinq ans. Carlos Ghosn vise à terme une production d’un million de voitures Renault par an en Chine.

L’Iran est la seconde priorité. Tout y est prêt, Renault doit lancer rapidement la fabrication de la première génération de Sandero, soit un nouveau produit pour le marché, mais aux coûts de fabrication plus qu’éprouvés. Comme le marché iranien demande aussi du haut de gamme, Renault a devant lui de belles opportunités. Le groupe aura le leadership sur la zone au sein de l’Alliance et vise 400 000 véhicules vendus par an à l’horizon 2020. L’arrivée du pick-up une tonne sur base Nissan devrait aussi soutenir les marchés plus difficiles en Russie et Amérique Latine.

Innover, et non gérer

De nombreux projets innovants comme la Kwid et la nouvelle plate-forme low-cost sont pilotés par Renault. La montée en puissance de l’électrification des véhicules ou les travaux comme le véhicule 2l/100 km Eolab montrent un certain leadership en termes d’innovation. "Nissan gère ses acquis quand Renault sait innover et travaille sur des projets d’avenir, note un connaisseur du secteur. Renault mise sur les innovations pour le plus  grand nombre, comme la connectivité, est ouvert aux nouvelles technologies. L’architecture électronique de la berline Infiniti Q50 a a contrario vingt ans de retard !"

Ce dynamisme global aurait pour conséquence dans les années à venir une augmentation des capacités de production, notamment en France, suivant l’exemple de l’arrivée en 2016 de la Nissan Micra sur les lignes de Flins (Yvelines).

De la croissance

Quand Renault consolidera les résultats d’Avtovaz, après un redémarrage du marché russe, le groupe français pourrait bien rattraper Nissan, en volumes, mais aussi en marge. Carlos Ghosn a fixé à Renault un objectif de 50 milliards de chiffre d’affaires en 2017 et une marge opérationnelle de 5% (le groupe serait autour de 4% actuellement). De quoi aborder sereinement une convergence encore plus approfondie avec Nissan. "Si on regarde la pente de croissance à cinq ans, Renault est en meilleure forme que Nissan", résume une source bien informée.

Pauline Ducamp

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