L’avenir de Grandéco se joue à Bercy et au tribunal de commerce

Mis en faillite fin janvier en Belgique, le fabricant de papiers peints de Châlons-en-Champagne (Marne) compte sur la procédure française et sur un rendez-vous mercredi 6 février à Bercy pour stopper la fermeture de l’entreprise employant 162 salariés.

 

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L’avenir de Grandéco se joue à Bercy et au tribunal de commerce

Le tribunal de commerce de Châlons-en-Champagne (Marne) doit se prononcer jeudi 7 février en fin d’après-midi sur le sort de Grandéco et de ses 162 salariés : soit la liquidation de l’entreprise, soit une nouvelle période de continuation d’activité. Le fabricant de papier peint (ex-Grantil), fondé en 1875 et figurant parmi les entreprises historiques de la capitale administrative de la Marne, a été mis à l’arrêt forcé le 25 janvier au moment de la mise en faillite de l’établissement châlonnais par les dirigeants de la holding Grandéco wallfashion Group, dont le siège social est situé à Tielt, en Belgique.

Passé le moment de surprise provoqué par cette procédure belge, une procédure secondaire visant à mettre en œuvre le droit français a été enclenchée au tribunal de commerce de Châlons-en-Champagne. Très vite, ce dernier a décidé la continuation de l’activité sur la période courant du 29 janvier au 7 février et a nommé un administrateur judiciaire.

Va-t-il prolonger cette période le temps d’envisager toutes les solutions possibles dans ce dossier ? Déplorant la "brutalité de la décision prise en Belgique", les syndicats de l’entreprise, la direction du site, les élus locaux et régionaux concernés et la CCI espèrent obtenir un délai supplémentaire et un déblocage de la situation. Ensemble, ils ont obtenu la tenue d’une table ronde mercredi 6 février dans l'après-midi à Bercy afin d’exposer devant les collaborateurs du ministre du Redressement productif, la situation de l’entreprise.

"Nous allons rappeler le savoir-faire ancien et reconnu de Grandéco autant que ses capacités d’innovation, dire la qualité de nos productions et de nos services et, surtout, la bonne charge actuelle de nos carnets de commandes puisque, cela représente 450 000 euros de travail à réaliser, avec des clients qui attendent les rouleaux en nous affirmant leur soutien", argumente Franck Leclère, délégué syndical CGT de Grandéco. Il se dit "plutôt confiant" avant l’audience du tribunal de commerce jeudi 7 février dans la mesure où "l’activité de Grandéco (28 millions d'euros de chiffre d’affaires, réalisé à 57 % en France et 43 % à l’export) a progressé de 2 % en 2012, alors que le marché national était globalement en régression de 5 %. Ce qui veut dire que nous avons gagné des parts de marché grâce à notre créativité."

Selon le représentant syndical, le nœud du problème viendrait du fait qu’en 2007 lorsque le fond d’investissement privé GIMV, coté à la bourse de Bruxelles, est devenu le principal actionnaire de Grandéco wallfashion Group (fusion du belge Idéco et du français Grantil), un gage sur les stocks et un nantissement de la banque Befius (ex-Dexia) a été mis en place. "Nous sommes pris dans cet étau financier et il faut en sortir", conclut Franck Leclère.

Philippe Schilde

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