Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

L'autorisation de la centrale biomasse Uniper de Gardanne annulée

, , ,

Publié le , mis à jour le 12/06/2017 À 09H09

Alors qu'elle poursuit ses essais, la centrale biomasse sur laquelle Uniper a investi 250 millions d'euros a vu son autorisation d'exploitation annulée le 8 juin par le tribunal administratif de Marseille (Bouches-du-Rhône), au vu des carences relevées dans l'étude d'impact du projet.

L'autorisation de la centrale biomasse Uniper de Gardanne annulée © D.R.

Le 29 novembre 2012, le préfet des Bouches-du-Rhône, Hugues Parant, avait autorisé la société EON, devenue Uniper, à exploiter une centrale biomasse à Gardanne (Bouches-du-Rhône) d'une capacité de 150 MW, suite à la reconversion de la tranche 4 de sa centrale thermique au charbon. Le 8 juin 2017, le tribunal administratif de Marseille a annulé cet arrêté à la demande de plusieurs associations  telles France Nature Environnement, "Ceze et Ganière" ou le Syndicat mixte du parc naturel régional du Luberon.

Les requérants listaient plusieurs insuffisances directes et indirectes dans l'étude d'impact, à commencer par les risques que l'unité ferait peser sur les milieux forestiers régionaux par ses besoins en bois. Ils soulignaient également les conséquences probables sur la préservation de la faune ou encore les nuisances et pollutions causées par l'acheminement des combustibles vers le site par bateau et camion. Ils fustigeaient encore les lacunes de l'étude de danger et évoquaient des irrégularités dans l'enquête publique.
Le tribunal administratif a jugé que leurs griefs étaient justifiés, arguant que "l'insuffisance de l'étude d'impact qui revêt un caractère substantiel, a eu pour effet de nuire à l'information complète de la population à l'occasion de l'enquête publique" et qu'elle a eu aussi "pour effet de nuire à l'analyse par l'administration de l'impact du projet en cause" au vu de l'importance des prélèvements de bois projetés autour du site.

Bataille d'arguments

France Nature Environnement parle d'une "victoire de taille pour la protection des espaces forestiers impactés et pour l'information du public sur les conséquences environnementales réelles de l'exploitation de cette centrale". Elle va jusqu'à considérer le projet comme "inutile à la lumière de l'adoption de l'accord de Paris pour le Climat". Uniper n'a pas officiellement réagi mais l'industriel a toujours tenté de faire valoir, malgré les oppositions manifestées, qu'il veillerait à ce que ses prélèvements sur la ressource forestière du sud de la France s'opèrent au fur et à mesure de la structuration d'une filière confrontée au morcellement des propriétés, aux difficultés d'accès aux espaces et à l'absence d'une culture de la gestion du bois.

La préfecture de région avait elle-même estimé, sur la base de différentes études dont celle de l'Insee qui faisait de Paca "la troisième région de France en superficie forestière", que le territoire ne manquerait pas de bois. Uniper avançait par ailleurs que son investissement de 250 millions d'euros contribuerait à préserver 170 emplois sur le site et quelque 400 emplois à l'horizon 2026 dans la filière forestière locale. Conscient que le besoin de 855 000 tonnes de combustibles biomasse annuels, à 85 % puisés dans un rayon de 250 km, pouvait susciter l'inquiétude, il avait même évoqué sa volonté d'intégrer dans ses contrats d'approvisionnement "une charte de bonnes pratiques" et de payer plus cher le bois de ceux qui s'y conformeraient.

Menaces économiques

Le président du conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, s'est déclaré "effaré par cette décision" et pointe déjà les risques économiques que porterait l'arrêt définitif d'un site bientôt prêt à fonctionner. Selon lui, "65 millions d'euros du plan d'approvisionnement échapperaient à nos entreprises régionales. D'ici à 2025, cette centrale doit nous permettre d'assurer une production équivalente à l'approvisionnement d'un quart des ménages de la région en électricité verte. C'est un élément essentiel de notre stratégie énergétique. Personne ne peut comprendre cette décision de justice qui s'avèrera, si elle était confirmée en appel, être une catastrophe économique et environnementale mais aussi une faute morale impardonnable".

Le plan pluriannuel régional de développement forestier pour 2014-2018 du conseil régional visait une augmentation de 50 % de la récolte, soit plus de 300 000 m3 annuels supplémentaires. En 2012, 720 000 m3 de bois brut avaient été récoltés, soit 2 % de la production nationale alors que la région représente 9 % de la surface forestière française.

Jean-Christophe Barla

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle