L’autopartage BtoB passe à l’électrique

Parallèlement à l’autopartage public incarné par le projet Autolib se développe un système comparable au service des entreprises et collectivités : l’autopartage privé. Sur ce segment, Citroën innove en proposant la première offre BtoB 100% électrique.

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L’autopartage BtoB passe à l’électrique

Citroën Business Connected. C’est sous ce nom de code que le constructeur automobile Citroën a lancé le 18 novembre son offre de services d’autopartage de véhicules électriques, en association avec le leader de l’autopartage BtoB Carbox (un million d’euros de chiffre d’affaires en 2010, 150 véhicules mis en autopartage). Une solution à destination des entreprises privées et des collectivités désireuses d’externaliser la gestion de véhicules loués auprès de spécialistes du secteur. Le tout en restant écolo.

Comment ça marche ?

L’entreprise met à disposition de ses salariés un certain nombre de véhicules gérés par le loueur longue durée. Lorsqu’un employé veut utiliser le véhicule, il le réserve sur le système de communauté et le récupère au jour et à l’heure demandés. Une fois son déplacement terminé, il restitue le véhicule, qui peut être utilisé par un autre employé.

Les principaux loueurs pratiquant l'autopartage : Carbox, Alphabet, ALD, Arval


Si pour l’heure, le groupe ne dévoile pas le nom de ses clients, certains accords étant encore en cours de négociation, il se positionne comme le premier constructeur à communiquer sur une offre d’autopartage 100% électrique. En effet, l’objectif de ce partenariat est « d’apporter une réponse sur mesure et clé en main aux entreprises qui souhaitent réduire les émissions de CO2 de leur parc automobile tout en répondant aux besoins de mobilité de leurs collaborateurs », selon Simon River, responsable marketing de Citroën Business France. C’est avec la C-Zéro que le groupe entend se lancer sur le marché, les premières livraisons étant prévues pour décembre 2010. « Nous n’avons pas d’objectif précis en matière d’autopartage électrique, précise un porte-parole du groupe, mais au total, Citroën entend commercialiser 4 000 C-Zéro en Europe en 2011 ».

Améliorer son image écologique

Pour Carbox, l’autopartage peut être le moyen idéal pour l’utilisation des véhicules électriques, destinés à des trajets courts. « Toutes les entreprises et collectivités locales veulent intégrer ce nouveau type de voitures, mais craignent sa gestion complexe, notamment au niveau des batteries, de l’autonomie, explique Benoît Chatelier. Avec l’autopartage, ces soucis techniques ne sont plus de leur ressort et elles améliorent leur image en matière de développement durable ». Et pour preuve que ce système intéresse les entreprises : selon lui, près de 60% des ventes de véhicules électriques réalisées sur le Mondial de l’automobile ont été faites auprès de grands comptes français, désireux de confier la gestion des véhicules à des loueurs.

Gestion externalisée et réduction des coûts

Plus globalement, l’autopartage est surtout un moyen pour les entreprises de pallier leurs difficultés de gestion de flottes internes et de réduire considérablement les dépenses de taxis fréquemment utilisés par leurs employés. « Avec notre système, les entreprises sont libérées des contraintes de gestion, puisque nous passons deux fois par mois pour l’entretien des véhicules et nous assurons 100% de l’externalisation du service », confie Benoît Chatelier, fondateur de Carbox. Une formule qui paraît pertinente pour les entreprises comptant au minimum 50 salariés et utilisant plusieurs véhicules.

Chez Accenture par exemple, on a fait appel à Alphabet, le loueur longue durée qui appartient au groupe BMW et qui développe depuis six mois un système d’autopartage alphacity. « La formule est très appréciable pour des trajets ponctuels, commente Stéphane Crasnier, chef du département Alphabet. Les entreprises ont tendance à de plus en plus le promouvoir, puisque le loyer étant fixe, plus les véhicules vont être utilisés, moins cela lui coûtera cher ».

Des services spécifiques pour collaborateurs

En dehors de son développement dans le domaine des véhicules électriques, le système de l’autopartage devrait encore évoluer. Déjà certains loueurs longue durée, à l’instar de Carbox, proposent des services spécifiques aux collaborateurs, en mettant à leur disposition les véhicules de service en soirée ou le week end, à des tarifs préférentiels. « Entre 25 à 30% des personnes vivant à Paris ne possède pas de véhicules, explique Philippe Brendel, à la tête de l’observatoire du véhicule d’entreprise (OVE). Ils sont ravis de pouvoir les louer et cela permet d’améliorer le business model de l’entreprise ». Cette dernière utilisation s’est par exemple fortement développée lors de la dernière période de grève et dans la crainte d’une pénurie d’essence.

Une mobilité fluctuante

D’autres opérateurs pourraient se lancer dans ce créneau, selon l’OVE. « La manière de se déplacer est en pleine révolution, tout le monde y réfléchit, les frontières ne sont pas figées, commente son président. Ce ne serait pas surprenant de voir des groupes comme la SNCF ou Véolia se lancer dans l’aventure de l’autopartage privé ». Pour Stéphane Crasnier, il ne fait aucun doute que tous les « constructeurs automobiles y réfléchissent activement, tentant de comprendre ce que sera la mobilité de demain ». Reste qu’il faudra attendre que les mentalités changent pour voir un véritable essor du marché de l’autopartage.


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