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L'Usine Santé

"L’automédication permettrait de préserver la production et l’emploi en France", selon le président d’Ipsen et du G5 Santé

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Entretien Marc de Garidel, président d’Ipsen et président du G5 Santé, réagit au sondage commandé par le think tank sur "La perception du médicament et des enjeux de santé".

L’automédication permettrait de préserver la production et l’emploi en France, selon le président d’Ipsen et du G5 Santé

L’Usine Nouvelle - Pourquoi avoir commandé ce sondage ?

Le G5 a fait faire ce sondage pour évaluer l’intérêt de l’opinion publique pour les mesures décidées dans le cadre du contrat de filière santé. Globalement, les axes de travail que nous avions retenus [importance du lieu de fabrication, accès aux innovations, et encouragement de l’automédication, ndlr] sont plébiscités par les Français.

Quels enseignements en tirez-vous ?

Le taux de sans opinion est très faible, ce qui laisse penser que les participants ont un intérêt manifeste pour les produits de santé, et une image très positive en sort. La vague en faveur du Made in France touche très profondément les produits de santé, le lieu de fabrication étant perçu comme un critère très important pour la confiance dans le produit pour près de 80 % des personnes interrogées, juste derrière l’avis des professionnels de santé.

Les sondés prônent la relocalisation de la production lorsqu’on leur précise au préalable que certains principes actifs sont fabriqués dans les pays émergents. En étaient-ils conscients ?

Je pense que la moyenne française n’était pas forcément au courant. Les Français souhaitent à près de 90 % que la relocalisation soit encouragée, quitte à payer plus cher : c’est un message très clair vers l’assurance maladie en particulier.

La mesure du contrat de filière prévoyant l’indication sur l’emballage du lieu de production sera-t-elle obligatoire ?

Pour l’instant ce sera sur la base du volontariat. Mais peut-être ce sondage pourra-t-il influencer certains fabricants qui pouvaient être réticents, et les encourager à signaler la provenance au moins sur leur site internet.

Depuis les récents scandales sanitaires, l’image des entreprises de santé semble s’être redressée…

L’image qui nous est globalement renvoyée est très positive. Le Premier ministre a eu raison de nous dire que la page du Médiator était tournée. Une fois l’emballement médiatique terminé, près de 80 % des Français pensent que nos entreprises sont à la pointe de la recherche et attentives à la sécurité des produits qu’elles fabriquent. Et pour 95 % des Français, les entreprises de santé sont stratégiques pour leur capacité d’innovations et à 92 % pour le maintien de l’emploi et l’indépendance sanitaire.

Mais seulement une courte majorité des sondés (entre 64 et 67 %) estime que cette industrie est focalisée sur les besoins de la population, l’environnement ou l’emploi… Cela vous inquiète ?

C’est tout de même une majorité très nette ! Il faut néanmoins prendre note des points d’amélioration. L’intérêt de ce sondage est bien de montrer nos forces, nos faiblesses : c’est un peu comme un juge de paix !

On sent une difficulté des sondés à se positionner sur la question de l’accès à l’innovation en France.

Même si un tiers ne sait pas, seuls 31 % des Français pensent qu’on a accès aux innovations médicales en France aussi bien qu’ailleurs. Ce résultat est clairement une remise en question de l’assertion souvent répétée que la France serait à la pointe de l’accès aux innovations. Nos entreprises connaissent des difficultés concrètes, des barrières administratives et financières pour accéder au marché, qui auraient été impensables il y a quelques années. Nous nous réjouissons d’autant plus que ce thème soit sur la table du CSF [Comité stratégique de filière, ndlr], avec un engagement de la Ministre de la Santé d’améliorer la situation.

Comment faire pour que ce ne soit pas source de nouvelles dépenses ?

Beaucoup d’innovations sont des facteurs d’économies. Par exemple en facilitant la chirurgie ambulatoire, domaine où le retard considérable de la France coûte, selon la Cour des comptes, 5 milliards d’euros. En évitant des prescriptions grâce à des tests diagnostiques, ou encore en diminuant les hospitalisations grâce à la télésurveillance.

Ce sondage peut-il influer sur le nouveau budget de la Sécurité Sociale (PLFSS), qui met énormément à contribution la pharmacie ?

Nous demandons très solennellement au Gouvernement de tenir compte de pistes d’économies plus intelligentes que les baisses de prix arbitraires, en misant sur le développement de l’automédication pour préserver la production et l’emploi en France. C’est très clairement ce que souhaitent les Français.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

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