Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Energie

L'autoconsommation dans la grande distribution, une opportunité pour les entreprises

, ,

Publié le

Infographie Depuis 2017, les installations photovoltaïques se multiplient pour subvenir aux besoins en électricité des magasins, qui font appel à l'expertise d'entreprises spécialisées. Ces projets demandent un investissement sur le long terme.

L'autoconsommation dans la grande distribution, une opportunité pour les entreprises
Le projet Urbasolar sur le parking du Carrefour de Lattes (34), en image de synthèse.
© URA SOLAR

Carrefour accélère sur la transition énergétique. Le distributeur a annoncé un partenariat avec Urba-solar, spécialiste du photovoltaïque, pour installer dans l'année 36 centrales photovoltaïques sur un modèle d'autoconsommation. Toute l'énergie produite servira à alimenter les magasins. « Ce projet entre dans notre plan global de lutte contre les émissions de CO2, qui doivent baisser de 40 % d'ici à 2025, détaille Bertrand Swiderski, directeur du développement durable chez Carrefour. C'est un premier pas concret pour comprendre la mécanique de production d'énergie. Nous avions des installations photovoltaïques auparavant, mais très parcellaires, sur un modèle économique différent. »

Une maturité inégale

Cette technologie intéresse tous les acteurs de l'alimentaire car « même quand le magasin est fermé, il consomme toujours de l'énergie avec les meubles froids, souligne Benoît Hémon, directeur des opérations de Greenflex, spécialiste de la transition énergétique et environnementale. Dans le cadre du plan gouvernemental Place au Soleil, qui veut promouvoir le photovoltaïque, la grande consommation s'est engagée. Cependant, toutes les enseignes n'ont pas le même niveau de maturité. Pour certaines d'entre elles, la notion de boucle énergétique locale est en train d'émerger, offrant un potentiel de commercialisation de l'énergie, avec des impacts carbone et territoriaux évidents ».

Jusqu'ici, les distributeurs privilégiaient le scénario de revente d'électricité produite grâce aux panneaux photo-voltaïques. Le groupe Casino est pionnier sur le sujet avec la création, dès 2007, de Greenyellow, une structure dédiée à la gestion de l'énergie. Elle a équipé 90 hypermarchés et supermarchés pour une surface globale de 1 million de mètres carrés de panneaux. « L'objectif consiste à valoriser des espaces non utilisés, com-mente Jérôme Owczarczak, directeur photovoltaïque de la filiale du groupe Casino. Les installations se font sur la toiture ou en ombrière sur le parking, offrant par là même plus de confort aux clients en protégeant la zone de la pluie ou du soleil. »

Mais depuis environ deux ans, les évolutions réglementaires et les appels d'offres de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) tendent à favoriser l'autoconsommation. Ainsi, pour chaque installation photovoltaïque répondant à une demande en électricité, l'organisme subventionne une partie de l'achat d'électricité fait par le magasin pour subvenir à ses besoins. « Les gains énergétiques peuvent atteindre 10 à 20 % grâce au photovoltaïque, analyse Benoît Hémon. Cependant, l'installation d'une centrale doit aller de pair avec un travail global sur la performance énergétique et environnementale afin de maximiser les résultats. »

Des freins encore nombreux

Si l'autoconsommation représente un scénario intéressant, les distributeurs doivent tout de même débourser entre 500 000 à 1 million d'euros pour une installation photovoltaïque. De plus, la gestion administrative des appels d'offres et des dossiers complexifie la mise en place des centrales. Mais c'est le foncier qui représente un vrai blocage. « La principale difficulté dans la mise en place du partenariat avec Urbasolar a été de choisir les sites éligibles, commente Bertrand Si-biewski. Où l'installation sera le plus rentable et qui est propriétaire du terrain ont été deux critères majeurs. » En effet, les installations photovoltaïques demandent un engagement sur vingt-cinq à trente ans, avec un retour sur investissement, dans le cas de l'autoconsommation, qui peut être atteint entre dix et quinze ans.

Pour Dominique Forgues, directeur technique chez Auchan Retail, l'autoconsommation n'est pas encore à son plein potentiel : « Si c'est idéal d'un point de vue écologique, cela suppose de bien calculer la consommation nécessaire pour alimenter un magasin. Comme il n'y a pas de stockage, le projet doit se positionner sur la fourchette basse de la demande. Pour les plus grosses installations, la revente reste plus intéressante. »

In fine , le distributeur mixe les modèles économiques sur les 10 sites de production actifs gérés par Miroir du Soleil, une coentreprise détenue à 34 % par le distributeur et 66 % par Helexia, une autre filiale du groupe spécialisée dans l'énergie.

Mais le sujet du stockage devrait à terme être résolu avec la batterie lithium-ion. « Nous construisons dans l'océan Indien des installations conséquentes, indique Jérôme Owczarczak. Cela fonctionne mais le prix des batteries reste pour l'heure encore un peu trop élevé pour un usage systématique sur nos magasins. Il va baisser dans les années à venir avec l'industrialisation. » En attendant, le prestataire semble avoir trouvé un nouveau schéma pour s'affranchir des appels d'offres de la CRE avec un prix de l'électricité encore plus avantageux : en misant sur un espace lui aussi « perdu » : les bassins de rétention. Greenyellow exploite depuis un an sur le centre commercial Cap Costières de Nîmes une installation de 950 panneaux photovoltaïques au-dessus d'un bassin de rétention. « Comme il n'y a pas à prendre en compte le passage de public, l'installation est simplifiée, précise Jérôme Owc-zarczak. Nous pouvons proposer un loyer attractif pour le propriétaire avec un tarif d'électricité plus bas qu'avec une prime. Sur ce cas précis, nous fournissons 21 % de la consommation du Géant Casino et 5 tonnes de CO2 par an sont économisées. » Le photovoltaïque a encore bien des atouts à révéler.

Les gains

Le modèle économique devient viable avec un échange portant sur la location d'espace contre un achat d'électricité à des prix inférieurs au marché.

Les gains énergétiques vont de 10 à 20 %, voire plus avec un vrai programme de gestion de l'énergie.

Apport de confort aux clients en protégeant les parkings.

Participe à l'image du distributeur.

 

Les principaux freins

Poids de l'installation.

Gestion administrative fastidieuse des appels d'offres.

Engagement longue durée (sur 25 à 30 ans) entre un propriétaire, un magasin et un fournisseur.

Prix des solutions de stockage de l'énergie encore trop élevé.

 

Plusieurs options

Pour mettre en place un projet photovoltaïque, trois parties prenantes interviennent : le propriétaire des lieux, un prestataire technique et le magasin.

Le prestataire technique paie un loyer en échange de l'espace, tandis qu'il se rémunère sur la revente de l'électricité générée, en prenant une marge mais en restant moins cher que le prix du marché.

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle