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"L’austérité imposée par l'Allemagne a conduit sept pays en récession" selon Montebourg

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Entretien Dans l’entretien exclusif qu’il a accordé à L’Usine Nouvelle, Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, fustige le dogme de la rigueur qui domine en Europe. Il estime que les dirigeants européens, et notamment Angela Merkel et la droite allemannde, sont frappés d’aveuglement idéologique.

L’austérité imposée par l'Allemagne a conduit sept pays en récession selon Montebourg © Luc Pérénom - L'Usine Nouvelle

Vous vous rendez au chevet des usines qui vont mal. Est-ce que ce sera suffisant pour redresser l'industrie ?
Une entreprise en difficulté, il faudrait l'abandonner ? Excusez-moi, à ce compte-là, il ne resterait plus grand-chose de l'économie française. Ma responsabilité, c'est de faire le tri entre ceux qui définitivement ne peuvent pas être sauvés - le dossier se déplace alors sur un plan social - et les entreprises qui peuvent repartir en se restructurant. Il y a des entreprises qui sont sauvables ! Tout ne peut pas remonter au ministère car il y a trop de difficultés qui commencent à apparaître. Avec le Premier ministre, nous sommes sur le point d'adresser une circulaire aux préfets de région pour qu'ils s'organisent afin de traiter en temps réel les difficultés. Ce que nous voulons, c'est que la méthode de sauvetage en temps réel que nous suivons ici, au ministère, avec le Comité interministériel de restructuration industrielle soit appliquée au niveau local avec les collectivités et les partenaires sociaux.

Quels sont les relais de croissance de l'industrie française ?
Ce ministère doit reconstruire le tissu productif et industriel du pays. Je présenterai dans quelques semaines un plan de reconquête industrielle sur lequel mes équipes sont en train de travailler. Il présentera la feuille de route de ce ministère pour les années à venir et les actions que nous entendons mener avec mes deux ministres déléguées. Les chantiers sont multiples. La banque publique en fait partie, c'est un des grands projets structurants. Nous partons de la réalité entrepreneuriale de la France et nous voulons nous appuyer sur les ressources de la société qui sont bouillonnantes, riches et doivent être soutenues. Notre rôle est de mettre de l'engrais sur les plantes qui poussent plutôt que de bâtir des cathédrales. C'est une stratégie de renaissance par la base.

L'absence de croissance en Europe et la crise de l'euro sont-elles des freins à cette stratégie ?
L'austérité imposée par la politique idéologique de la droite allemande est un énorme problème, puisque c'est cette politique qui a conduit en récession sept pays de la zone euro sur 17. Voilà la performance de l'idéologie conduite à la tête de l'Europe !

Il y a une vraie crise, de vrais endettements, tout de même...
La crise a été aggravée par les politiques prises par les dirigeants européens qui se sont gravement trompés sur les remèdes. Tous les prix Nobel d'économie le disent : la solution ce ne sont pas les plans de coupes budgétaires, c'est d'avoir une BCE qui fasse son travail. Nous voulons une banque centrale normale, comme elles fonctionnent partout ailleurs dans le monde ! Nous voulons une banque centrale qui atténue l'endettement public, qui finance la croissance tout en préservant le pouvoir d'achat. Comme la FED américaine ou la Banque populaire de Chine. Nous avons un euro trop fort, qui grève notre compétitivité parce que la BCE ne gère pas les taux de change.

Les Allemands ne sont pas d'accord...
Notre économie n'est pas l'économie allemande. Que l'Union européenne ait refusé de se débarrasser des dettes publiques en les faisant financer par la taxe sur les transactions financières est une faiblesse dans la compétitivité mondiale. Certains dirigeants européens, Madame Merkel en tête, sont frappés d'aveuglement idéologique. Ce sont les autres pays qui vont créer les produits de demain, construire l'industrie de demain, les technologies de demain, pendant que nous sommes occupés à rembourser des dettes. Si nous ne réagissons pas, nous serons les consommateurs appauvris de la création industrielle des autres.

A LIRE - l'intégrlaité de cette entretien dans le numéro du 14 juin 2012 de L'Usine Nouvelle
"Le redressement productif, c'est un projet pour la France" : Dans une interview accordée à L'Usine Nouvelle, Arnaud Montebourg fait appel au civisme économique des Français. Et détaille les contours de la future Banque pulbique d'investissement. A découvrir dans notre nouvel Espace Abonné.

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