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L’Atmea d’Areva sera-t-il plus fort que son EPR ?

Astrid Gouzik , , ,

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Le réacteur de moyenne puissance développé conjointement par Areva et MHI (Mitsubishi Heavy Industries) aurait les faveurs du gouvernement turc. Atmea I est également en bonne position dans l’appel d’offres jordanien. Aidera-t-il à redorer le blason d’Areva à l’international après les différents revers essuyés par son EPR ?

L’Atmea d’Areva sera-t-il plus fort que son EPR ? © DR

Selon le quotidien Nikkei, citant des sources turques et japonaises, la Turquie aurait informé le gouvernement japonais et les dirigeants des d'Areva et MHI de sa décision de leur accorder le contrat de construction de quatre réacteurs d'une capacité totale de 4,5 gigawatts (GW) sur le site de Sinop, sur les côtes de la mer Noire. Rumeur pour le moment… Si "le bout du tunnel est encore loin", comme l’a précisé un porte-parole d’Areva joint par L’Usine Nouvelle, toujours est-il que le réacteur Atmea I semble bien placé dans cette course turque.

En Jordanie aussi, l’Atmea I a séduit. En effet le Royaume a sélectionné Areva et son partenaire japonais pour le round final de l’appel d’offres. Sur le ring avec le duo franco-japonais, le russe Atomstroyexport.

Et d’autres pays lorgnent sur le petit réacteur de 1100 MW : l’Argentine et le Vietnam. Areva et MHI ont également proposé l’Atmea I au gouvernement canadien qui projette de construire une nouvelle centrale. Des opportunités essentielles pour l’image d’Areva à l’international, après les diverses débâcles rencontrées par son EPR (en Finlande et en France, à Flamanville, notamment).

"Pour les opérateurs, l’Atmea offre le même niveau de sûreté, de performance et d’efficacité que l’EPR", assure Stefan vom Scheidt, le PDG d’Atmea, dans une vidéo diffusée sur le site du nucléariste. Et pour Areva, il s’agit avant tout de se positionner sur des marchés qui ne seraient pas accessibles pour des réacteurs de forte puissance comme l’EPR. "Nous proposons l’Atmea I aux pays dont le programme nucléaire est moins évolué", explique le porte-parole d’Areva.

Quatre EPR sont actuellement en construction. Deux en Chine, un en Finlande, et un en France. A Taishan, les travaux avancent sans encombre pour les EPR chinois… En France et en Finlande, il ne se joue pas exactement la même musique. A Olkiluoto comme à Flamanville, les retards s’accumulent et la facture s’alourdit. Quant à l’objectif, claironné par Luc Oursel, de vendre 10 exemplaires du réacteur d’ici à 2016, il semble hors d’atteinte.

Dans ce cas, pourquoi le spécialiste de l’atome français met-il tant l’EPR sur le devant de la scène, reléguant l’Atmea I au rôle de figurant ? "C’est surtout parce que des EPR sont déjà en construction, ce n'est pas le cas pour l'Atmea I. Mais dès qu’il sera entré dans cette phase-là, nous en parlerons tout autant", assure-t-on chez Areva. A condition qu’il ne se fasse pas voler la vedette par un éventuel réacteur concurrent développé par la Chine sur le modèle de l'Atmea I.

Astrid Gouzik

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