L’ASN met en garde contre l'arrêt simultané de réacteurs nucléaires

L’ASN se dit prêt à arrêter plusieurs réacteurs français si une erreur générique faisait jour. L’Etat doit avoir les moyens de pallier un tel manque de production.

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L’ASN met en garde contre l'arrêt simultané de réacteurs nucléaires

A l’occasion de ses vœux à la presse, le tout nouveau patron de l’autorité de sûreté nucléaire Pierre-Franck Chevet, successeur de l’illustre André-Claude Lacoste, s’est inscrit dans un message de continuité : transparence, prise en compte des facteurs sociaux (départs massifs à la retraite), gestion post-accidentelle, radioprotection… Mais plus original, le gendarme du nucléaire français donne l’alerte sur un sujet nouveau : le besoin de marges industrielles. C'est à dire sur une réserve de capacité de production d'électricité afin de pallier à un manque.

Marquant son indépendance et son autorité, Pierre-Franck Chevet a affirmé que l’ASN n’hésiterait pas à mettre à l’arrêt plusieurs réacteurs en cas de problème. Une simultanéité d’arrêts est d’autant plus envisageable que le parc de 58 réacteurs en France est très unifié : "La standardisation peut-être un avantage en terme de sûreté. Mais elle peut être un inconvénient si on découvre tardivement des anomalies. Ce sont alors plusieurs réacteurs qui doivent être arrêtés simultanément", explique-t-il. L’homme, qui était déjà présent à l’ASN au début des années 90, se souvient qu’une anomalie découverte sur des couvercles de cuve faillit conduire à des mises à l’arrêt multiples.

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A cet égard, le patron de l’ASN juge que la France a besoin des marges industrielles en matière de production d’électricité. Cette exigence est d’autant plus vraie que le parc vieillissant va être de plus en plus surveillé. "Les réacteurs et les installations du cycle ne deviennent pas inacceptables du jour au lendemain", rassure Pierre-Franck Chevet, mais "il y a un besoin d’anticipation".

Il existe un bon exemple tout proche de nous. C’est le cas de la Belgique. Depuis l’été 2012, les deux réacteurs, Doel 3 et Tihange 2, opérés par la filiale belge de GDF Suez sont arrêtés suite à la découverte de microfissures sur les cuves. Ainsi, 2000 MW ont disparu du réseau. Or ce mardi 15 janvier, l’autorité de sureté belge vient de prolonger la mise à l’arrêt et demande des informations complémentaires.

Ludovic Dupin

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