L'Usine Energie

L’ASN autorise le redémarrage de 7 des 12 réacteurs nucléaires arrêtés pour anomalie

Ludovic Dupin ,

Publié le

Selon l’Autorité de Sûreté Nucléaire, les anomalies découvertes sur douze réacteurs du parc nucléaire français ne remettent pas en cause leur sûreté. Ainsi, sept réacteurs mis à l’arrêt vont pouvoir redémarrer d’ici la fin de l’année.

L’ASN autorise le redémarrage de 7 des 12 réacteurs nucléaires arrêtés pour anomalie
Frank Chevet, ASN
© LUC PERENOM ©PERENOM

Très bonne nouvelle pour EDF. Le lundi 5 décembre, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), sur avis technique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), a autorisé le redémarrage de sept des douze réacteurs nucléaires à l’arrêt. La découverte de taux anormaux de carbone dans l’acier de certains générateurs de vapeur avait conduit l’ASN à exiger d’EDF leur mise à l’arrêt.

Au total, des anomalies ont été identifiées sur 18 générateurs de vapeur. Six avaient été construits par l’usine Areva du Creusot (Saône-et-Loire) et présentaient des taux de carbone de 0,30% contre 0,22% prévu dans la réglementation. Ces réacteurs ont déjà redémarré. En revanche, 12 générateurs de vapeur ont été fournis par le Japonais JCFC et présentent des taux proches de 0,4%. Suite à la remise d’un dossier générique d’EDF le 15 novembre, l’ASN conclut que ces anomalies ne remettent pas en cause les propriétés mécaniques de ces pièces, en particulier leur résistance en cas de choc thermique.

Quatre réacteurs encore à arrêter

Ainsi, sept réacteurs sont autorisés à redémarrer sous réserve d’une ultime vérification, à savoir qu’ils ne diffèrent pas du dossier générique d’EDF. Il s'agit de Tricastin 4, Bugey 4, Tricastin 1, Tricastin 3, Gravelines 2, Dampierre 3, Civaux 2. Ces vérifications peuvent être faites sous 15 jours et permettre un redémarrage effectif avant la fin de l’année. "Nous n’attendons pas de mauvaises surprises car le parc est très standardisé", assure Pierre-Franck Chevet, le président de l’ASN.

Reste cinq réacteurs. Le réacteur Saint-Laurent B1 qui est toujours en fonctionnement est d’ores et déjà validé par l’ASN. Enfin, les quatre réacteurs Fessenheim 1, Tricastin 2, Gravelines 4 et Civaux 1  doivent être mis à l’arrêt dans les semaines à venir pour subir leurs examens. EDF a demandé un étalement de ces contrôles mais l’ASN n’a pas encore donné d’avis sur ce sujet.

Un indice pour la cuve de l’EPR

C’est une bonne nouvelle pour EDF qui va pouvoir bénéficier de quasiment l’ensemble de son parc pour l’hiver. C’est aussi une décision qui va plutôt dans le bon sens pour l’EPR en construction à Flamanville (Manche). Ces anomalies de carbone ont été initialement découvertes sur la cuve de ce réacteur. Les taux de carbone y sont plutôt inférieurs à ceux découverts sur les générateurs de vapeur du parc . Ainsi, EDF se dit très confiant dans ses études remises à l’ASN.

Pierre-Franck Chevet se montre toutefois prudent. "La cuve est une pièce plus sensible et c’est un équipement neuf. Il doit donc fonctionner plus longtemps, au moins 60 ans. Il nous faut donc des convictions encore plus fortes (pour valider la qualité de cet équipement)", assure le gendarme du nucléaire. L’autorité doit rendre son avis sur la cuve de l’EPR d’ici la fin du premier semestre 2017.

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