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L'Asie tire la consommation mondiale de bière

Franck Stassi , , , ,

Publié le

Infographie Ces dernières années, la croissance démographique en Asie a tiré la consommation locale de bière. La demande a également fortement progressé en Amérique latine et en Afrique, où la production céréalière suit davantage le mouvement.

L'Asie tire la consommation mondiale de bière © Flickr/cc Crystal Luxmore

Entre 2008 et 2013, la consommation mondiale de bière s’est accrue de 10%, à 198 milliards de litres, concomitamment favorisée par une augmentation du nombre de buveurs et une hausse de la consommation par personne, indique Rabobank. La nouvelle édition de la carte mondiale de la bière éditée par la banque néerlandaise met en exergue une forte croissance de la consommation en Asie, en Amérique latine et en Afrique, parallèlement à une chute de celle-ci en Europe de l’Est, en Europe centrale ainsi qu’en Amérique du Nord.

"La croissance des volumes a été très inégalement répartie entre les continents et les pays", précise Rabobank. Sur cette période, la consommation asiatique de bière s’est accrue de 160,2 millions d’hectolitres parallèlement à une croissance de la population de 187,2 millions de personnes. Entre 2009 et 2014, boostée par la hausse de sa population, la consommation chinoise de bière s’est appréciée de plus de 120 millions d’hectolitres (voir graphique ci-dessous). De 2008 à 2013, en Amérique latine, la consommation a progressé de 41,2 millions d’hectolitres pendant que la population gagnait 30,8 millions de personnes. En Afrique, la consommation a pour sa part augmenté de 34,3 millions d’hectolitres et la population de 100,3 millions de personnes.

Priorité est donnée par les acteurs de la filière à la bière brassée sur place. "L’exportation de la bière est chère, car elle implique le transport de grandes quantités d'eau. Les marchés émergents auront intérêt à développer des capacités de brassage supplémentaire pour maintenir abordables les prix de la bière ordinaire", complète la banque néerlandaise. La bière importée se caractérise par une dimension davantage haut-de-gamme que celle brassée sur les lieux de consommation.

Tensions sur l'orge

Les flux céréaliers reflètent les contraintes éprouvées dans ces différentes zones géographiques pour produire et/ou s’approvisionner en orge (matérialisée en mauve sur la carte ci-dessous) et en malt (matérialisé en orange sur la carte ci-dessous). "Dans les prochaines années, des améliorations devront être apportées dans la production de l'orge de brasserie et de malt en Asie et en Amérique latine", explique l’analyste boissons de Rabobank, François Sonneville.


Consultez la carte en grand format

L’orge illustre ces tensions. Selon le ministère américain de l’Agriculture et le Conseil international des céréales, la production mondiale d’orge serait équivalente à la consommation lors de la campagne 2015-2016, à l’instar de la campagne 2014-2015, après trois années marquées par un déficit (de 2010-2011 à 2012-2013) et une campagne excédentaire (2013-2014). Ce resserrement entre l’offre et la demande expose ce marché à une volatilité des prix accrue en cas de difficultés d’approvisionnement.

La production devrait notamment reculer en Russie et en Ukraine en raison d’une baisse des emblavures et d’une baisse attendue des rendements. Par ailleurs, en Amérique du Nord, l’orge brassicole est aux prises, en termes de surfaces, avec d’autres cultures plus rentables, tandis qu’elle s’est développée en Amérique du Sud, qui s’est hissée comme la partie du globe la plus auto-suffisante.

La demande continue d'être tirée par l'Asie, où la demande pour l'orge brassicole est notamment marquée par une montée en gamme du marché. Ces dernières années, la Chine a accru ses approvisionnements auprès de l’Australie pour assouvir la demande sur son marché, mais également pour fabriquer du malt destiné à être revendu dans le sud-est du continent. Les importations ont également progressé aux Etats-Unis sous l’effet de la poussée du marché de la bière artisanale (craft beer), qui oblige notamment les malteurs à faire évoluer leurs habitudes de travail pour s’adapter à de nouveaux entrants à la taille restreinte.

Moins de malt dans la bière

"Il y a encore d’importants flux de malt en direction des marchés émergents, mais cela est en train de changer", complète Rabobank. Les volumes de malt, issu de l'orge, sont restés stables ces dernières années, conséquence d’une baisse de la teneur dans la bière qui a annulé l’effet de la hausse de la production de cette boisson. La majorité des unités de transformation reste située en Europe et en Amérique du Nord. L’Amérique latine et l’Asie développent leur propre tissu industriel.

En Afrique, si les flux de malt augmentent, ils demeurent néanmoins devancés par l’utilisation de céréales alternatives telles que le sorgho ou le manioc. Selon la banque néerlandaise, le développement des exportations de malt vers le continent ne sera réellement visible sur sa carte que lors d’une prochaine édition. "Nous nous attendons à ce que l’Afrique enregistre la plus forte hausse de sa population en âge de boire entre 2013 et 2018", estimait, en mars 2014, François Sonneville dans un précédent rapport.

Franck Stassi

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