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L'Usine Aéro

L’AS2 d’Aerion : "Enfin un avion commercial supersonique à l’horizon !"

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Publié le

Tribune de l'aéro Le projet d'avion AS2 démontre l'intérêt des industriels pour les avions supersoniques. Dédié à une clientèle fortunée, ce type d'appareil pourrait rencontrer le succès. A condition toutefois, selon Philippe Boissat, consultant au sein du cabinet de conseil Deloitte, de se différencier de la concurrence et d'investir dans les infrastructures nécessaires.

 

Impossible d’effacer le Concorde de nos mémoires, fleuron de l’aéronautique franco-britannique des années 60, développé par Sud aviation (ex- Aerospatiale devenu Airbus Group et British Aircraft Corporation, aujourd’hui BAE Systems). Mis en service en 1976, stoppé en 2003, après le crash dramatique et fatal du 25 Juillet 2000. Depuis, aucun avion commercial n’a été certifié pour voler à la vitesse supersonique.

L’espoir revient avec l’AS2 d’Aerion. Ce projet « fou » de concevoir cet avion est porté depuis dix ans par le milliardaire texan Robert Bass, le patron d’Aerion. Au passage, on peut regretter que nos milliardaires ne se passionnent guère pour l’aéronautique, contrairement aux Elon Musk (avec Space X), Robert Bigelow (avec Bigelow Aerospace), Richard Branson (avec Virgin Galactic) et autres Jeff Bezos (avec Amazon et Blue Origin).

L’AS2 a bien un air de famille avec le Concorde avec sa forme fuselée, mais il est loin d’en avoir les performances. Ce n’est pas son successeur : c’est un petit aéronef et non un avion de ligne, capable d’embarquer de huit à douze passagers, mais il va combler le vide laissé par le Concorde.

Une mise en service prévue pour 2023

Les caractéristiques annoncées ? Vitesse Mach 1,5 et Mach 1,2 en vitesse de croisière. Le fournisseur du moteur devrait être annoncé début 2016. Le projet initial comprenait deux réacteurs Pratt & Witney JT8-D, mais ils ont été jugés trop bruyants, avec une consommation excessive.

La motorisation retenue prévoit trois moteurs : chacun devra fournir une poussée de 7,25 tonnes. Le rayon d’action sera de 8 800 km, voire 9 300 km. La cabine pourrait mesurer dix mètres de long avec deux salons distincts.

Le premier vol devrait être effectué en 2019 (ce qui est optimiste) ou 2021 (ce qui semble plus raisonnable). Sa mise en service est prévue pour 2023. Le temps de vol sera réduit : un avion classique effectue un Paris /New York en huit heures quand le AS2 mettra quatre heures et demie.

Le projet, déjà, se concrétise. La production de plus de vingt exemplaires a été signée le 18 novembre 2015 par Flex jet, un spécialiste américain de l’aviation d’affaires. Pour mémoire, le Concorde n’a été vendu qu’à quatorze exemplaires. Cette commande, qui devrait avoisiner les 2,5 milliards de dollars, est importante pour ce projet dont le budget est compris entre 3 et 4 milliards de dollars.

600 appareils pourraient être vendus d'ici 20 ans

Le partenariat avec Airbus Group, sur ce projet depuis un an, renforce la crédibilité de la réalisation de cet avion. Sa division nord-américaine va fournir un appui pour l’ingénierie, la chaine d’approvisionnement, la planification logistique, la gestion du projet et les relations avec les autorités. Sans oublier l’aide d’Airbus Defense & Space Espagne pour l’ingénierie des cellules de l’avion, fort de son expertise dans les commandes de vol électriques, le système de gestion du carburant numérisé, les trains d’atterrissage et sa maitrise des matériaux composites.

Cette coopération, dirigée par Jean Botti, le directeur de l’innovation d’Airbus Group, aidera sans doute le groupe à développer son propre avion supersonique.

Quels sont les points forts du futur appareil ? Sa flexibilité : il pourra passer du subsonique au supersonique et revenir au subsonique sans perte d’efficacité. Un point important, car les réglementations américaines et européennes interdisent les vols commerciaux à plus de Mach 1 au-dessus des terres. Sa conception avec les nouveaux logiciels de CAO et de simulation ont permis d’optimiser tous les aspects écoulement de l’air le long de la voilure.

En outre, certaines études prédisent un boom du segment visé par l’AS2 : les milliardaires et la clientèle des jets privés. Les prévisions de ventes d’Aerion sont de 600 appareils dans les vingt prochaines années, pour un prix unitaire autour proche de 100 millions de dollars.

la concurrence est déjà forte

Bien sûr, la concurrence ne va pas tarder. Plusieurs projets sont à l’étude, à un stade plus ou moins avancé. Parmi eux, on peut citer le Jet N+H2 de Lockeed Martin, le Supersonic Jet et le Zehst d’Airbus, mais aussi ceux de Gulfstream, du consortium chinois OAK, du constructeur aéronautique public russe, de l’américain Hypermach (Sonic Star) ou encore Spike Aerospace (Jet S-512) et le Skreemr.

Pour l’AS2 comme pour les autres projets, les clés du succès résideront dans les infrastructures d’accueil : rien ne sert de gagner du temps en l’air si le temps est ensuite perdu au sol. Il sera donc impératif de mettre en place des terminaux adaptés à ce type d’appareil. Le bruit ensuite : il devra répondre aux normes tout en étant à la hauteur de la performance supersonique, un véritable défi pour les motoristes qui participent à ces projets.

 

 

Philippe Boissat est consultant senior aérospatiale et défense au sein du cabinet de conseil Deloitte.

 

 

 

 

 

 

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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