L'Usine Aéro

L'armée française opte pour le drone tactique de Safran, au détriment de celui de Thales

, , , ,

Publié le , mis à jour le 22/01/2016 À 07H34

La Direction générale de l'armement (DGA) a choisi le drone tactique Patroller de Sagem (groupe Safran) au détriment du Watchkeeper de Thales pour un montant de quelque 300 millions d'euros, a appris Reuters ce jeudi 21 janvier de sources proches du dossier.


Le drone Patroller de Sagem (groupe Safran)

L'armée de terre française réceptionnera les 14 drones tactiques (deux systèmes de cinq appareils plus quatre pour l'entraînement) à partir de 2018, a-t-on précisé de mêmes sources, confirmant une information du Monde.

Ni la DGA, ni Thales, ni Safran n'ont souhaité faire de commentaire.

Le résultat de l'appel d'offres pour ces drones destinés à accompagner les interventions au sol de l'armée française, en particulier en Afrique où progresse Daech, était attendu pour la fin 2015.

Les drones tactiques, réservés aux interventions au sol, peuvent voler jusqu'à 15 heures d'affilée à 3.000 mètres d'altitude, après avoir décollé de quasiment n'importe où, voire être catapultés, et ne nécessitent que deux heures pour être activés.

"Le drone Patroller a gagné le contrat parce que ces performances étaient meilleures", a précisé une source proche du dossier, citant notamment la qualité de sa boule optronique.

Cet équipement de détection sophistiqué qui permet de distinguer à plusieurs kilomètres si un individu porte une kalachnikov ou un simple panier à provisions est crucial dans la traque de combattants de Daech qui tendent à se mêler à la population.

Le Livre blanc de la défense prévoyant les besoins de l'armée pour 2014-2019 tablait, lui, sur une trentaine drones tactiques.

Ce contrat assure la survie du programme des drones Patroller de Sagem, qui remplaceront les Sperwer du même groupe.

Confrontée à l'urgence opérationnelle, la France aurait bien voulu a priori se baser sur le traité franco-britannique de Lancaster House, signé il y a tout juste cinq ans et choisir sans plus attendre le drone Watchkeeper développé par Thales dans les deux pays.

Mais la législation européenne sur les marchés publics de défense européenne a obligé Paris à organiser un appel d'offres, qui a duré 18 mois. Airbus Group, également sur les rangs, n'avait finalement pas déposé de dossier dans les temps pour la phase finale.

Les drones tactiques complètent les drones de surveillance MALE (Moyenne altitude longue endurance) qui peuvent rester en l'air entre 24h et 48h à 10.000 mètres. Ces drones sont de véritables petits avions, pesant jusqu'à 1,5 tonne, soit trois fois plus qu'un drone tactique, et nécessitant une piste préparée.

 

(Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)

Réagir à cet article

2 commentaires

Nom profil

23/01/2016 - 00h37 -

Hum presque, la boule optronique a été conçu par OPTROLEAD, qui est une JV entre Sagem ET Thales!! Un peu de lecture : http://optronique.net/defense/acteur/optrolead-coentreprise-jv-optronique-sagem-thales http://www.safran-group.com/fr/media/20120723_sagem-et-thales-creent-la-societe-commune-optrolead La boule optronique se nomme Euroflir (6e paragraphe) : http://www.sagem.com/fr/media/20141024_sagem-euronaval-2014-la-performance-et-linnovation-pour-repondre-aux-besoins-des-forces-navales-et-de-la-securite-maritime
Répondre au commentaire
Nom profil

22/01/2016 - 10h26 -

Sauf que la boule optronique c'est thales qui la développe! Donc l'argument cité dans l'article ne tient pas.La différence c'est que 80% du drone concurrent est fabriqué en angleterre tandis qu'avec le patroller c'est 80% en France.
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte