L’armée de l’air enquête après le survol de neuf centrales nucléaires par des drones

[Actualisé] EDF a porté plainte après avoir révélé que des drones avaient survolé sept centrales nucléaires françaises au cours du mois d’octobre. L’armée de l’air, en charge de la protection aérienne des 19 centrales françaises, mène l’enquête.

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L’armée de l’air enquête après le survol de neuf centrales nucléaires par des drones

Jeudi 30 octobre vers 21 heures, deux nouvelles centrales ont été survolées par des drones, à Penly (Seine-Maritime) et Golfech (Tarn-et-Garonne). "Le survol de nuit de deux centrales par des engins de type drone a été détecté par les gendarmes chargés de la protection des centrales et par des employés (...) Ces engins n'ont pas été neutralisés car ils ne représentaient pas de menace directe" pour la sécurité des installations", a déclaré un porte-parole de la gendarmerie.

Ce mercredi 29 octobre, EDF a révélé avoir porté plainte après le survol par des drones de plusieurs de ses centrales nucléaires. Depuis le 5 octobre, sept sites ont connu de telles intrusions : la centrale Superphénix en déconstruction à Creys-Malville (Isère), Gravelines (Nord), Cattenom (Moselle), le Blayais (Gironde), le Bugey (Ain), Chooz (Ardennes) et Nogent-sur-Seine (Aube). Selon les témoignages, les engins employés étaient des mini drones, des modèles que l’on trouve dans le commerce.

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Ce survol des centrales nucléaires n’est pas une première. En 2012, Greenpeace, connu pour avoir à de nombreuses reprises passé les clôtures de centrales nucléaires, avait survolé l’installation de la Hague avec un drone. Cette fois, l’organisation écologiste nie être à l’origine de l’opération et s’inquiète de son ampleur. "Les survols incriminés ont eu lieu parfois le même jour sur quatre sites éloignés, Bugey, Gravelines, Chooz, Nogent-sur-Seine le 19 octobre par exemple, ce qui témoigne d’une opération de grande envergure. Nous sommes très inquiets de la survenue et de la répétition de ces survols suspects sans qu’aucune réponse sur leur origine ne soit fournie ni par EDF ni par les forces de l’ordre", explique l’ONG dans un communiqué.

EDF se contente de confirmer sa plainte mais ne donne pas plus d’éléments supplémentaires rappelant que la sécurité des centrales est du ressort de l’armée française. 760 militaires du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG) assurent la sécurité des sites, tandis que l’armée de l’air doit faire respecter une interdiction de survol dans un périmètre de cinq kilomètres et jusqu’à mille mètres d’altitude. Pour cela, des avions et des batteries lance-missiles surveillent le ciel. "Nous sommes dans une phase d'investigation", a indiqué le colonel Jean-Pascal Breton, porte-parole de l'armée de l'air. "Nous estimons que la menace n'a pas augmenté de façon significative", assure-t-il.

Renforcement en cours de la sécurité

Interrogé ce matin sur France Info, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve assure que des dispositions existent pour neutraliser ces drones mais se refuse à entrer dans les détails de ce fonctionnement. A l’occasion de la dernière intrusion de Greenpeace en mars dernier, le gouvernement s’était emparé du sujet. "Le gouvernement travaille au renforcement de la protection des sites. Il a été habilité dans le cadre de la loi de Programmation militaire à étudier le renforcement de l’arsenal juridique. Ainsi, les installations nucléaires seront désormais considérées comme 'zones nucléaires à accès réglementé'. Ceci permet d'adapter les dispositions pour la protection en profondeur et les capacités de surveillance (renseignement amont, dispositions autour du site). Il va demander aux opérateurs de renforcer la protection physique des zones les plus sensibles au sein de leurs installations nucléaires, par exemple, en rendant obligatoire l'installation de dispositifs de protection dangereux (barrières à haut voltage)", expliquait alors le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

EDF assure que ces survols n’ont pas présenté de "conséquences sur la sûreté ni sur le fonctionnement des installations". De fait, un drone seul ne peut pas menacer une installation nucléaire. Ni son crash sur l’installation, ni une petite charge explosive qu’il transporterait ne doivent pouvoir endommager les dômes de béton prévus pour encaisser le crash d’un avion de chasse. En revanche, le drone peut recueillir de précieux enseignements sur les dispositifs de sécurité mis en œuvre sur le site afin d’envisager une intrusion ultérieure plus importante.

Ludovic Dupin

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