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"L'Arlésienne" du pont de Barcarin ressort de l'ombre

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Depuis 1933, le bac de Barcarin, dans les Bouches-du-Rhône, permet de franchir le Rhône sur 450 mètres entre Port-Saint-Louis-du-Rhône et Salin-de-Giraud. Le Conseil départemental relance les études pour l'aménagement d'un pont afin de remplacer une infrastructure jugée trop coûteuse. La polémique renaît...

L'Arlésienne du pont de Barcarin ressort de l'ombre
Le débat sur l'aménagement d'un pont pour traverser le Bac de Barcarin renaît dans les Bouches-du-Rhône.
© SMTDR

Faut-il remplacer le Bac de Barcarin, dans les Bouches-du-Rhône, par la construction d'un pont sur le Grand Rhône entre Port-Saint-Louis-du-Rhône et Salin-de-Giraud ? Maintes fois émise depuis des décennies, soutenue en son temps par les industriels Solvay (Imerys depuis 2015) et Compagnie des Salins du Midi, présents à Salin-de-Giraud, l'idée n'a jamais vu le jour alors qu'une délibération du Conseil général des Bouches-du-Rhône, adoptée à l'unanimité, en validait déjà le principe le 25 juin 2004 ! Mais Martine Vassal, aujourd'hui présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, vient de ressortir le dossier des tiroirs dans lesquels son prédécesseur, Jean-Noël Guérini, l'avait laissé.

La commission permanente de l'institution a décidé de "lancer une concertation publique pour la liaison routière entre Arles et Salin-de-Giraud qui permettrait de se substituer à l'actuel bac de Barcarin". Michèle Rivasi, député européenne EELV du grand sud-est, a réagi immédiatement. "Ce projet nous apparaît écologiquement aberrant. Le coût estimé est de 40 millions d'euros. Ce projet en ouvrant une brèche pour la traversée de la Camargue pour les poids lourds et les voitures est scandaleux." Elle explique les conséquences à attendre à ses yeux : "Nous sommes au cœur d'un site classé réserve de biosphère et parc naturel régional. Les automobilistes et les poids lourds venant des sites industriels de Fos-sur-Mer ou de Port-Saint-Louis-du-Rhône pourraient ainsi traverser la Camargue d'Est en Ouest en évitant de remonter sur Arles et Nîmes et pourraient tracer plus droit sur Montpellier via Aigues-Mortes. Et pareil dans l'autre sens."

Le bac est exploité par le Syndicat mixte des traversées du delta du Rhône, financé par le Conseil départemental, la Région et la ville d'Arles. La traversée coûte de 3 euros pour une moto à 10 euros pour un poids lourd, un bus ou un camping-car, mais est gratuite pour les habitants. Un tiers de sa fréquentation, estimée à 500 000 véhicules annuels, est assurée en été.

Détour pesant

La crainte de l'élue n'est pas partagée par tous les habitants de Salin-de-Giraud, lassés de leur dépendance à un mode de transport qui ne convient plus à leurs besoins de mobilité et des batailles entre, d'un côté, le Conseil départemental, déterminé à réorganiser le service pour réduire son coût (plus de 5 millions d'euros par an), et les marins du bac qui souhaitent préserver les fréquences, horaires et acquis sur leurs conditions de travail. Quand le bac cesse ses traversées, la route est longue pour rallier la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer : il faut remonter 40 kilomètres vers le nord jusqu'à Arles et rouler encore près de 50 kilomètres supplémentaires vers le sud. Soit entre 1 heure et 1 heure 30 de trajet.

Entre Salin et Port-Saint-Louis, quand le bac fonctionne, sans le temps d'attente pour y accéder, 10 à 20 minutes de trajet suffisent. Pour le Conseil départemental, la solution d'un pont pour remplacer ce bac mis en place en 1933 "est la seule qui permette de façon durable de répondre au besoin légitime de continuité territoriale, y compris en cas de crues, sans provoquer d'effets induits dommageables pour l'environnement et de réduire les effets d'isolement de la population et des industriels de Salin-de-Giraud créés par le grand Rhône". Il envisage la désignation d'un maître d'œuvre pour les études. La concertation associera habitants, associations locales, institutions publiques...

Restrictions à établir

Une pétition circule depuis 2015 en faveur du pont. Elle évoque son intérêt écologique en pointant les émanations de CO2 et particules fines du bac. Les signataires critiquent les dysfonctionnements du service (grèves, révisions des engins, horaires non respectés...) et suggèrent de préserver la gratuité du pont pour les abonnés et de faire payer les autres usagers. Jusqu'à l'an dernier, nombre d'associations environnementales redoutaient, si un pont voyait le jour, une invasion décuplée de la plage de Piémanson à Salin-de-Giraud où 10 000 à 15 000 estivants séjournaient chaque été en camping sauvage. Mais l'Etat a interdit cette occupation illégale et repris la main sur son domaine public.

L'économie de Salin-de-Giraud en souffre. La perspective d'un pont pourrait relancer son attractivité. Pour l'association "Le pont de basse Camargue", favorable à l'ouvrage, la réalisation de ce neuvième pont pour traverser le Rhône en Camargue ne viendrait pas altérer l'environnement du parc régional puisqu'il ne serait qu'un accès supplémentaire. Cependant, la vigilance des pouvoirs publics s'imposera vis-à-vis des poids lourds qui pourraient l'emprunter comme raccourci depuis la zone industrielle de Fos-sur-Mer.

Jean-Christophe Barla

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